Cancer du pancréas : immersion au cœur de la recherche à l’Institut Mondor
01 avril 2026 Dernière mise à jour : 12-06-2026
Comment avance la recherche sur le cancer du pancréas ? Pour en avoir un aperçu, des donateurs de la Fondation ARC ont été invités, mardi 31 mars 2026, à rencontrer celles et ceux qui sont à la manœuvre à l’Institut Mondor de Recherche Biomédicale (IMRB), situé à Créteil (94).
Accueillis au sein du nouveau Bâtiment de Recherche Biomédicale inauguré en juin dernier, ils ont pu découvrir de l’intérieur un écosystème d’excellence, guidés par les Prs Pierre Wolkenstein et José Cohen.
Une rencontre rare, qui met en lumière un maillon essentiel de la recherche : le lien entre citoyens engagés et chercheurs.
L’IMRB, acteur de la recherche translationnelle en cancérologie
L’Institut Mondor de Recherche Biomédicale déploie une approche intégrée alliant recherche fondamentale, innovation clinique et formation. Une organisation qui favorise ce que l’on appelle la recherche translationnelle : un va et vient permanent entre la recherche – parfois fondamentale – et la pratique clinique. Une approche puissante pour améliorer les traitements et la prise en charge des patients.
Structuré autour de trois grands axes — environnement et santé, vulnérabilité et santé mentale, biothérapies et prévention — l’IMRB mobilise 17 équipes, dont une grande partie est engagée dans la lutte contre le cancer.
Mieux comprendre la résistance des cancers du pancréas
Au cœur de cette visite, l’objectif était de faire découvrir un projet en particulier : « Régulations immunitaires et Biothérapie », porté par le Pr José Cohen et la chercheuse Ilaria Cascone.
Soutenu par la Fondation ARC dans le cadre de son appel à projets PANCRÉAS, ces travaux s’attaquent à un défi majeur : comprendre pourquoi certains cancers du pancréas résistent à l’immunothérapie et mettre au point une solution pour dépasser cette résistance.
Le cancer du pancréas, particulièrement difficile à traiter
- environ 16 000 nouveaux cas chaque année en France,
- une incidence en constante augmentation,
- un taux de survie à 5 ans encore bien trop faible (environ 11%).
Pourquoi ces cancers du pancréas sont-ils si compliqués à traiter? En cause notamment : le microenvironnement tumoral, une structure dense et complexe qui agit comme une barrière. Elle empêche à la fois les traitements d’agir efficacement et le système immunitaire de reconnaître et détruire les cellules cancéreuses.
Le rôle clé du gène CDKN2A
Les chercheurs s’intéressent à un facteur déterminant : l’altération du gène CDKN2A, présente dans près d’un cas sur deux.
Cette anomalie pourrait permettre aux cellules tumorales d’échapper aux défenses immunitaires, expliquant en partie la résistance aux traitements actuels.
Trois pistes pour de nouveaux traitements
Pour répondre à ces enjeux, le projet s’organise autour de trois axes :
- analyser le microenvironnement tumoral à partir de données de patients
- décrypter les mécanismes de résistance en laboratoire
- tester de nouvelles combinaisons thérapeutiques, associant immunothérapie et thérapies ciblées
L’objectif : mieux orienter les patients grâce à des biomarqueurs et développer des traitements plus efficaces et personnalisés.
Quand la recherche devient concrète pour les donateurs
Au-delà des présentations scientifiques, la visite des laboratoires de l’IMRB a marqué un temps fort en montrant concrètement aux donateurs l’impact de leur soutien.
Dans ces espaces habituellement fermés au public, les échanges entre chercheurs et donateurs ont permis de rendre la recherche plus tangible, plus accessible. Derrière chaque protocole, chaque expérience, ce sont des femmes et des hommes engagés qui œuvrent au quotidien pour faire reculer le cancer et qui se sont réjouis de pouvoir présenter leurs travaux et partager leurs espoirs.
Un engagement collectif indispensable pour faire avancer la recherche
La journée a également été l’occasion de rappeler le rôle essentiel de la mobilisation collective, à travers l’intervention de François Dupré, Directeur général de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.
Certains engagements prennent une dimension particulière, comme celui des parents de Bertrand Kamal, dont le fonds dédié permet de soutenir depuis 2020 des projets de recherche ambitieux sur le cancer du pancréas.