« Octobre Rose » : mois de mobilisation contre les cancers du sein
01 octobre 2024 Dernière mise à jour : 18-11-2025
Octobre Rose est le mois de sensibilisation dédié à la lutte contre les cancers du sein. Chaque année en France, des milliers de femmes sont touchées par ces maladies, qui demeurent un enjeu majeur de santé publique. 61 214 nouveaux cancers du sein ont été diagnostiqués en 2023. La même année, si l’on excepte les cancers du sein qui sont parfois considérés comme tels, ce sont plus de 15 000 nouveaux cas de cancers gynécologiques qui ont été diagnostiqués par ailleurs, soulignant l’importance d’agir pour une meilleure prévention. La Fondation ARC se mobilise et soutient des projets de recherches contre ces maladies.
Qu’est-ce que les cancers du sein ?
Les seins sont des organes de nature glandulaire dont la fonction est de produire du lait. Ils se situent en avant des muscles pectoraux qui les soutiennent.
Chaque sein se divise en 15 à 20 secteurs appelés lobes. Chacun de ces lobes se divise en nombreux lobules, plus petits, qui s’achèvent en douzaines de minuscules bulbes sécrétant le lait. Les lobes et lobules sont reliés entre eux par les canaux galactophores qui collectent le lait. Ceux-ci aboutissent au mamelon, situé au centre d’une zone pigmentée, l’aréole. La plus grande partie du sein est constituée de tissu graisseux qui comble l’espace situé entre les différentes structures du sein.
La plupart des cancers du sein se développent à partir des cellules des canaux galactophores, d’autres à partir de cellules des lobules : on parle respectivement de cancers canalaires et de cancers lobulaires.
Cancer du sein : s'informer pour se protéger
Les symptômes des cancers du sein
Bien qu’il soit le plus fréquent chez la femme, le cancer du sein est dit “de bon pronostic”. Cela s’explique notamment par les dispositifs de dépistage qui permettent un diagnostic précoce de la maladie, souvent bien avant l’apparition des premiers symptômes, et majorent ainsi l’efficacité des traitements, et l’espérance de vie des patientes.
Les cancers du sein entraînent peu de symptômes et signes cliniques durant les premiers stades de leur développement. Lorsqu’ils sont plus avancés, ils peuvent être responsables :
- de grosseur, de masse, de boule ou d’induration (durcissement anormal) au niveau du sein ou de l’aisselle (ganglions axillaires gonflés et durs) ;
- de zone de déformation, d’ulcération, de rougeur ou de rétractation de la peau au niveau du sein ;
- d’écoulement anormal au niveau du mamelon ;
- plus rarement, de douleurs.
Grâce au dépistage organisé et au suivi gynécologique, le diagnostic est bien souvent posé avant l’apparition de ces signes cliniques chez la patiente. Quoi qu’il en soit, en cas de doute, il faut consulter son médecin traitant ou un gynécologue dans les meilleurs délais qui examinera l’anomalie et, si nécessaire, prescrira des examens médicaux complémentaires. En effet, ces différents signes ne sont pas spécifiques au cancer du sein et peuvent être liés à de nombreuses autres pathologies mammaires.
Le dépistage des cancers du sein
Octobre Rose est également l’occasion de rappeler les modalités de dépistage du cancer du sein en France. Dès 50 ans, le dépistage individuel laisse la place au dépistage organisé : tous les deux ans, toutes les femmes de 50 à 74 ans dont le risque de développer un cancer ou tumeur du sein n’est pas significativement élevé (antécédents familiaux ou personnels…) sont invitées à pratiquer une mammographie dans le centre de radiologie agréé de leur choix. Cet examen est gratuit, sans avance de frais. Ce dispositif permet de dépister plus tôt les cancers du sein et d’augmenter les chances de guérison.
Comment se déroule le dépistage du cancer du sein ?
La mammographie est pratiquée après un examen clinique (palpation) et analysée par deux radiologues différents afin de favoriser le repérage d’anomalies précoces de très petites tailles. Elle est complétée, si le radiologue le juge nécessaire, par une échographie. L’ensemble est pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, sans avance de frais. Si une anomalie est repérée, des examens complémentaires et notamment une biopsie seront prescrits pour préciser la nature de la lésion.
Un suivi gynécologique régulier, assuré par le médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme, est essentiel pour préserver la santé des femmes. Cette consultation permet, en effet, de surveiller de façon individuelle le risque de maladies bénignes ou malignes des seins et de l’appareil gynécologique. Dans ce cadre, à partir de 40 ans, on propose parfois aux femmes, en fonction des facteurs de risque, de bénéficier d’un dépistage individuel du cancer du sein.
Ce dépistage passe par la réalisation d’une radiographie des seins : la mammographie ou la tomosynthèse (technique de mammographie plus sensible). Pour les femmes dont une parente (mère, sœur, tante) a développé un cancer du sein avant 50 ans, et d’autant plus lorsqu’une mutation génétique associée a été identifiée, un suivi régulier est particulièrement important. Un examen clinique doit être pratiqué tous les six mois. Ce suivi repose, en outre, non seulement sur la réalisation de mammographies, mais aussi sur celle d’échographies et d’IRM mammaires.
Ce dernier examen doit être pratiqué tous les ans dès l’âge de 30 ans, ou cinq ans avant l’âge auquel est intervenu le cancer du sein le plus précoce de la famille.
Octobre Rose : la mobilisation contre le cancer du sein
La campagne de sensibilisation Octobre Rose, symbolisée par le désormais célèbre ruban rose, est l’occasion de se mobiliser pour soutenir la recherche dédiée à la lutte contre les cancers du sein et améliorer la prise en charge des patients. Octobre Rose rappelle aussi le droit de chaque femme à l’information et à la prévention.
Le traitement des cancers du sein est en constante évolution grâce aux progrès de la recherche et grâce à l’innovation.
A l’occasion d’Octobre rose, nous faisons avancer la recherche sur les cancers du sein à travers un événement sportif et solidaire : le Triathlon des Roses Connecté. Où que vous soyez en France, durant tout le mois d’octobre, faites un don pour accéder au challenge et inscrivez vos distances parcourues dans la/les discipline(s) de votre choix : natation, cyclisme, course à pied.
Un objectif : 4 semaines pour dépasser 88 kilomètres ! Pourquoi ce chiffre ? Car 88 % représente le pourcentage de femmes qui guérissent de leur cancer du sein aujourd’hui. Ce chiffre doit augmenter ! Alors dépassez les 88 kilomètres cumulés à la nage, en vélo ou à pieds.
Rendez-vous en octobre 2026 pour une nouvelle édition ! Pour être informé(e) de l’ouverture des inscriptions de l’ensemble des triathlons, www.triathlondesroses.fr
La Fondation ARC et la recherche sur les cancers du sein
- Les cancers du sein triple-négatifs sont les plus difficiles à traiter aujourd’hui et représentent environ 15% des nouveaux cas de cancer du sein chaque année. La formation de métastases, stade critique de ces cancers agressifs, est déclenchée par une machinerie complexe activée au sein des cellules cancéreuses. Le projet porté par Alexis Gautreau, directeur de recherche CNRS, Ecole Polytechnique à Palaiseau, vise à en comprendre finement les rouages pour parvenir à l’interrompre.
- La cible d’une thérapie efficace contre d’autres cancers du sein est active dans les cellules des cancers du sein triple négatif. Cependant utiliser cette thérapie sur les cellules des cancers du sein triple-négatifs pourrait renforcer leur capacité à créer des métastases. L’objectif du projet de Philippe Chavrier, directeur de recherche Inserm, Institut Curie à Paris, est de contrer cet effet délétère, tout en gardant l’effet antitumoral bénéfique de cette approche.
- Au stade métastatique, les cancers du sein HER2+ peuvent être traités par un médicament qui délivre la chimiothérapie spécifiquement dans les cellules cancéreuses HER2+. Certains de ces cancers toutefois, ne répondent pas à ce traitement. Le projet mené par Elisabetta Marangoni, ingénieure de recherche à l’Institut Curie à Paris, vise à identifier des biomarqueurs prédictifs de réponse et à mieux comprendre quels sont les mécanismes de résistances pour pouvoir, à terme, les déjouer.