Quels sont les symptômes d’un cancer du foie ?

À moins que le patient fasse l’objet d’un suivi médical régulier lié à des facteurs de risque, le cancer du foie est généralement détecté tardivement. En effet, il n’entraîne aucun ou peu de symptômes jusqu’aux stades avancés de la maladie.

01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 02-04-2026

Les principaux symptômes du cancer du foie

Au stade précoce, le cancer du foie provoque peu ou pas de symptômes. Mais au fur et à mesure que la tumeur se développe, les personnes atteintes commencent par se sentir fatiguées et à avoir moins d’appétit.

Elles peuvent maigrir, souffrir de nausées ou de vomissements, ressentir des douleurs diffuses dans la région du foie, avoir de la fièvre. Elles peuvent également présenter un ictère (aussi appelé jaunisse, qui se manifeste par une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux) ou une ascite (abdomen gonflé par la présence de liquide).

Dans certains cas, ce cancer peut se manifester par une hémorragie digestive.

En présence de ces symptômes, le patient est généralement amené à consulter son médecin traitant. Une série d’examens est alors réalisée pour écarter ou poser le diagnostic de cancer du foie.

À savoir

Un cancer du foie peut être suspecté au cours d’une surveillance liée à une cirrhose ou une hépatite virale chronique, mais aussi à l’occasion d’un autre bilan médical, par des résultats anormaux d’analyse de sang ou d’imagerie abdominale. Le médecin peut alors recommander de nouveaux examens.

Le diagnostic

Le bilan diagnostique

L’interrogatoire et l’examen clinique

Au cours d’une première consultation, le médecin interroge le patient sur ses symptômes, ses antécédents personnels s’ils ne sont pas déjà connus (infection par le VHC, cirrhose…) et son mode de vie, en particulier sa consommation d’alcool, afin de préciser son risque individuel de cancer du foie.

À l’examen clinique, il peut parfois repérer une augmentation de volume du foie (hépatomégalie) en palpant l’abdomen du patient. Il est attentif aux signes de douleurs locales, d’ictère ou d’ascite.

L’imagerie

L’échographie est le premier examen d’imagerie réalisé en cas de suspicion de tumeur hépatique. Cet examen indolore, qui utilise les ultrasons, permet d’évaluer la structure du foie et de rechercher une ou plusieurs petites masses (nodules) potentiellement cancéreuses. Si le patient a déjà une cirrhose, le foie est déjà abîmé : les lésions ne se voient pas toujours bien à l’échographie, mais on peut détecter des problèmes au niveau de l’irrigation sanguine du foie évocateurs de cancer.

Si une anomalie est identifiée, un scanner (ou tomodensitométrie) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM), dans les cas où le scanner n’est pas concluant, est nécessaire. Les images obtenues permettent au médecin d’observer avec une plus grande précision les anomalies repérées à l’échographie. Le plus souvent, le scanner permet de différencier un cancer du foie de métastases d’un autre cancer ou de nodules bénins. Il peut aussi montrer si le cancer s’est étendu du foie vers les ganglions lymphatiques et d’autres organes de l’abdomen.

Plus sensible, l’IRM est privilégiée lorsque les nodules sont de très petite taille et qu’il est difficile de déterminer leur nature bénigne ou maligne. Si elle révèle la présence de nodules peu inquiétants, un examen par échographie sera reproduit trois ou quatre mois plus tard pour surveiller leur évolution.

Le scanner et l’IRM sont habituellement réalisés après injection d’un produit de contraste qui permet de mieux visualiser la ou les lésions.

Le bilan biologique

Pour compléter les informations fournies par l’imagerie, il est nécessaire de réaliser un bilan sanguin, qui permettra de doser :

  • la quantité des différents composés produits par le foie (transaminases, bilirubine, gamma-GT, taux de prothrombine) et d’évaluer ainsi l’état et le fonctionnement de l’organe ;
  • l’alphafœtoprotéine (AFP), une protéine produite par le foie pouvant indiquer la présence d’un hépatocarcinome. Si l’imagerie révèle une masse sur un foie fragilisé, une élévation du taux d’AFP peut renforcer le diagnostic. Cependant, tous les cancers du foie ne provoquent pas d’augmentation du taux d’AFP et d’autres maladies du foie (comme une hépatite aigüe) ou d’autres cancers (du testicule par exemple) peuvent l’augmenter. Le dosage de l’AFP ne peut donc à lui seul diagnostiquer un cancer du foie : d’autres examens sont indispensables.

Par ailleurs, une recherche d’infection par le VHC ou VHB est réalisée si le statut sérologique n’est pas déjà connu. D’autres analyses peuvent être effectuées afin de détecter une hépatite, un alcoolisme, une hémochromatose, etc.

La biopsie

Dans de nombreux types de cancer, la biopsie est l’examen de référence pour confirmer le diagnostic : elle consiste à prélever un échantillon du tissu suspect pour être analysé par microscopie. Dans le cas du cancer du foie, la biopsie n’est pas réalisée systématiquement en première intention. En effet, les examens d’imagerie, complétés par le dosage de l’AFP, permettent souvent de poser le diagnostic sans biopsie.

Cependant, cet examen reste nécessaire chez les patients présentant une anomalie qui n’a pas pu être suffisamment caractérisée par l’imagerie (notamment si le cancer est diffus dans le foie) et par le bilan sanguin, en particulier lorsqu’il n’y a ni cirrhose, ni infection par le VHB, ni antécédent de cancer du foie. L’analyse de l’échantillon biopsié permet également de déterminer si un nodule est précancéreux, risquant d’évoluer vers un cancer et devant être surveillé. Enfin, en cas de cancer du foie confirmé, elle peut aider le médecin à définir les traitements les plus appropriés.

En pratique, la biopsie hépatique est réalisée sous anesthésie locale en milieu hospitalier. Après une incision cutanée minime, le prélèvement est effectué grâce à une aiguille fine (guidée par échographie) introduite jusqu’au foie. L’échantillon prélevé est ensuite analysé par un anatomopathologiste, médecin spécialisé dans l’examen au microscope des tissus.

À l’issue de l’examen, plusieurs heures de surveillance sont planifiées pour soulager une éventuelle douleur et surveiller le risque hémorragique. La surveillance se déroule sur la journée : en l’absence de complication, le patient peut sortir 6 heures après l’examen, mais il est parfois préférable de rester en observation jusqu’à 24 heures.

Le bilan d’extension

Si un diagnostic de cancer du foie est posé, des examens complémentaires sont nécessaires pour évaluer l’avancée de la maladie et son éventuelle extension à d’autres organes. Ces informations permettent de déterminer le stade d’évolution de la tumeur (voir l’encadré ci-dessous) et sont utiles au choix de la meilleure stratégie thérapeutique.

Une IRM du foie associée à un scanner du thorax et de l’abdomen permet de localiser précisément la ou les tumeurs, de mesurer leur taille, de vérifier leur aspect et d’étudier leur environnement (voies biliaires, vaisseaux sanguins…). Ces examens permettent également de voir si le cancer du foie s’est étendu aux ganglions lymphatiques, veines et organes voisins et de rechercher d’éventuelles métastases au niveau des poumons, des os ou des glandes surrénales. Un scanner cérébral ou une scintigraphie osseuse sont parfois réalisés lorsque la présence de métastases est suspectée.

Les stades de la maladie

À l’issue des différents examens de diagnostic et en vue de choisir l’option thérapeutique la plus adaptée au type de cancer et à l’état du patient, plusieurs informations sont prises en compte par l’équipe médicale : l’extension tumorale (taille et nombre de tumeurs, envahissement local et à distance…), mais aussi l’état du foie et l’état général du patient.

L’extension du cancer

  • le stade A (précoce) correspond à une seule tumeur relativement petite ou à trois petites tumeurs maximum localisées dans le foie ;
  • le stade B (intermédiaire) correspond à la présence de plusieurs tumeurs plus importantes ;
  • le stade C (avancé) correspond à plusieurs tumeurs qui ont atteint les vaisseaux sanguins locaux ou un autre organe. L’état du patient est altéré. Habituellement, des symptômes apparaissent à partir de ce stade ;
  • le stade D (terminal) correspond à des tumeurs volumineuses qui ont atteint les vaisseaux sanguins locaux ou voisins et/ou produit des métastases sur d’autres organes. L’état du patient est très altéré.

L’état et le fonctionnement du foie

L’état et le fonctionnement du foie atteint d’un cancer sont également importants pour l’évaluation du stade de la maladie et la décision du traitement. La stadification prend notamment en compte la présence et la gravité d’une cirrhose mesurée par le score Child-Pugh. Des examens sanguins, par exemple le dosage de la bilirubine et de l’albumine, permettront d’évaluer si le foie assure encore ses fonctions habituelles.

De même, la stadification prend en compte la présence ou non d’une hypertension portale, c’est-à-dire d’une pression sanguine anormalement élevée dans la veine porte. Pour cela, une imagerie de la veine ou une fibroscopie digestive haute est pratiquée afin de voir s’il existe de varices au niveau de l’œsophage, qui sont des complications de l’hypertension portale.

Questions fréquentes

Le cancer du foie provoque-t-il toujours des symptômes ?

Le cancer du foie évolue souvent silencieusement pendant longtemps et peut ne provoquer aucun symptôme spécifique aux premiers stades. C’est parfois un examen sanguin ou une imagerie de contrôle qui met en évidence une anomalie hépatique, avant même l’apparition de signes cliniques. Lorsque la tumeur progresse, des symptômes plus nets peuvent toutefois apparaître et amener à consulter.

Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ?

Les premiers symptômes sont le plus souvent discrets et non spécifiques. Les personnes touchées décrivent fréquemment : 

  • une fatigue inhabituelle
  • une baisse de l’appétit
  • un amaigrissement involontaire
  • des nausées, parfois accompagnées d’un sentiment de malaise général. 

Une gêne ou une douleur sourde dans la région du foie, située dans la partie droite de l’abdomen, peut également être ressentie.

Quels symptômes digestifs peuvent être liés à un cancer du foie ?

À mesure que la maladie progresse, différents troubles digestifs peuvent apparaître. Certaines personnes se plaignent de nausées ou de vomissements répétés, d’une sensation de pesanteur après les repas ou d’un inconfort abdominal persistant. 

Un abdomen qui semble gonflé, du fait d’une accumulation de liquide (ascite), fait aussi partie des signes possibles qui nécessite une évaluation médicale.

Qu’est-ce que l’ictère (jaunisse) et pourquoi peut-il apparaître ?

L’ictère correspond à une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux, liée à l’accumulation de bilirubine dans le sang lorsque le foie ou les voies biliaires ne remplissent plus correctement leur rôle. Dans le cadre d’un cancer du foie, il peut traduire une atteinte des cellules hépatiques ou une obstruction des voies biliaires. L’ictère peut s’accompagner de démangeaisons, d’urines foncées et de selles décolorées.

La douleur est-elle un symptôme fréquent ?

La douleur n’est pas systématique, surtout au début de la maladie. Lorsqu’elle est présente, elle se localise le plus souvent dans la partie supérieure droite de l’abdomen, parfois avec une sensation de gêne ou de masse sous les côtes. Elle peut être continue ou intermittente, et s’intensifier avec l’évolution de la tumeur ou en cas d’augmentation du volume du foie.

Peut-on observer d’autres manifestations générales du cancer du foie ?

En plus de la fatigue et de la perte de poids, certaines personnes présentent de la fièvre, une impression de faiblesse importante ou une diminution de leurs capacités physiques au quotidien. 

Dans les formes plus avancées, des signes d’insuffisance hépatique peuvent apparaître : troubles de la coagulation responsables de saignements plus faciles, confusion, somnolence ou modifications du comportement, en lien avec l’accumulation de toxines dans l’organisme.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Il est recommandé de consulter en cas de fatigue prolongée sans cause évidente, de perte d’appétit ou de poids inexpliquée, de douleurs ou de gêne persistante dans la région du foie, d’un abdomen qui gonfle, ou de jaunisse. Ces symptômes ne signifient pas toujours qu’il s’agit d’un cancer du foie, mais justifient un avis médical et, si besoin, la réalisation d’examens complémentaires. 

Chez les personnes déjà suivies pour une maladie chronique du foie, tout symptôme nouveau ou qui s’aggrave doit être signalé rapidement au médecin.

 

Ce dossier (sauf FAQ) a été réalisé avec le concours du Pr Julien Calderaro, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier au sein du Département de Pathologie de l’hôpital Henri Mondor (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).