Quels sont les symptômes d’un cancer du pancréas ?

En règle générale, le cancer du pancréas se développe sans entraîner de symptômes dans les premiers temps. Aussi, le cancer est souvent déjà avancé lorsque les premières manifestations surviennent.

01 janvier 2025 Dernière mise à jour : 16-04-2026

Les principaux symptômes du cancer du pancréas

Les symptômes du cancer pancréatique peuvent inclure :

  • un amaigrissement, qui peut être progressif ou rapide et important,
  • une fatigue inexpliquée et une sensation de faiblesse générale,
  • une perte d’appétit,
  • des douleurs abdominales, principalement au niveau de l’estomac.

La tumeur peut ainsi provoquer des douleurs épigastriques (c’est-à-dire situées au creux de l’estomac) intenses et lancinantes qui peuvent se propager sous les côtes ou vers le dos. Chez certaines personnes atteintes de cancer du pancréas, ces douleurs sont parfois d’abord prises pour des lombalgies (douleur au niveau des vertèbres lombaires) ou des rhumatismes.

Un ou plusieurs de ces quatre symptômes seraient présents dans environ 80 % des cas de cancer du pancréas. Parmi les symptômes possibles, on compte aussi :

  • une jaunisse (ou ictère) due à la compression du cholédoque par une tumeur située au niveau de la tête du pancréas. La bile reflue alors dans la circulation sanguine, ce qui entraîne un jaunissement des yeux et de la peau, des urines foncées, des selles décolorées, avec parfois des démangeaisons de la peau (prurit) ;
  • des troubles digestifs : nausées, vomissements après les repas, selles grasses (stéatorrhée), diarrhée chronique.

Parmi d’autres signes et symptômes plus rarement observés figurent l’apparition d’un diabète ou l’aggravation d’un diabète existant, une phlébite (inflammation d’une veine provoquée par la formation d’un caillot sanguin) inexpliquée ou une pancréatite aigüe (inflammation soudaine du pancréas).

Des symptômes variables selon la localisation du cancer

Les symptômes du cancer du pancréas peuvent varier en fonction de la localisation exacte de la tumeur. Par exemple, une tumeur de la tête du pancréas donne davantage de symptômes digestifs, tels que des vomissements (par compression exercée sur le duodénum), ou d’ictères (par compression du cholédoque).

Une tumeur située dans le corps ou la queue du pancréas, loin du cholédoque, n’entraîne pas d’ictère ni de démangeaisons. Elle est souvent diagnostiquée plus tardivement qu’une tumeur de la tête du pancréas, alors qu’elle a déjà atteint des organes à proximité (rate, côlon…) ou formé des tumeurs secondaires à distance (des métastases).

Le diagnostic

L’examen clinique

Le médecin interroge son patient sur ses symptômes, son état de santé général, ses antécédents familiaux et personnels, puis l’examine. Il peut suspecter un cancer du pancréas chez un patient, surtout de plus de 50 ans, qui présente une altération de son état général avec de la fatigue, un amaigrissement, une perte d’appétit ou un ictère. Le médecin peut aussi s’inquiéter de l’apparition récente d’un diabète alors qu’il n’y a ni antécédent familial de diabète ni surpoids.

Dans certains cas de tumeur du pancréas avancée, le médecin peut constater à la palpation une augmentation de la taille du foie ou des ganglions lymphatiques en lien avec des métastases ou la présence de liquide dans l’abdomen (ascite). Exceptionnellement, une tumeur du pancréas volumineuse peut être palpée chez des patients très maigres. Pour établir un diagnostic de cancer du pancréas, le médecin devra prescrire un examen d’imagerie, en premier lieu un scanner.

Le bilan initial

Le bilan initial est la première et principale étape du diagnostic en cas de suspicion de cancer du pancréas. Il a pour but de confirmer ou d’infirmer la présence du cancer et, le cas échéant, de le localiser et le caractériser : taille, aspect, aperçu de l’extension…

Le scanner (ou tomodensitométrie) de l’abdomen et du thorax

C’est l’examen d’imagerie clé du diagnostic du cancer du pancréas. Il permet de visualiser de façon précise le pancréas, mais aussi les organes qui l’entourent. Les clichés obtenus permettent de confirmer ou non la présence d’une tumeur et, le cas échéant, de préciser sa localisation, sa taille et son extension aux ganglions à proximité. Il peut également détecter des métastases au niveau du foie, du péritoine ou des poumons.

Le scanner permet généralement de savoir s’il est possible de réséquer (enlever par chirurgie) ou non la tumeur. Pour cela, le médecin observe non seulement la tumeur, mais aussi ses contours ainsi que l’état (envahissement) des vaisseaux sanguins qui l’irriguent.
En pratique, le scanner dure une vingtaine de minutes. Le patient est allongé sur une table qui se déplace au milieu d’un grand anneau émettant des rayons X. Un produit de contraste iodé est injecté dans une veine du patient pendant l’examen. De nombreuses images, en coupes fines, des organes de l’abdomen et du thorax sont capturées puis reconstituées sur ordinateur.

L’échographie abdominale

C’est un examen indolore et simple à réaliser. L’échographie ne permet pas de visualiser le pancréas de façon précise dans une large majorité de cas. Elle peut donc rarement détecter directement une tumeur du pancréas, mais elle peut permettre de repérer des signes indirects de cancer, comme une dilatation des voies biliaires ou du cholédoque, la présence de ganglions, une atteinte du foie (métastases)… Une échographie apparemment normale n’écarte pas la présence d’une tumeur, c’est pourquoi l’examen de référence reste le scanner.

L’imagerie par résonance magnétique (IRM)

L’IRM est une imagerie utilisant les champs magnétiques d’un gros aimant pour visualiser les organes. L’IRM du pancréas est une bonne méthode pour le diagnostic des tumeurs pancréatiques. Elle peut apporter des informations précieuses, notamment en détectant des tumeurs petites (moins de deux centimètres), de caractéristiques mal déterminées ou difficiles à différencier du tissu sain par le scanner. L’IRM est appropriée quand le patient présente une contre-indication au scanner avec injection (une allergie à l’iode par exemple).

Cependant, l’IRM est moins utilisée que le scanner car elle n’est souvent pas accessible aussi rapidement et ne permet pas de caractériser la tumeur par rapport aux vaisseaux adjacents de façon aussi précise que le scanner.

L’écho-endoscopie

Cet examen, qui combine l’échographie et l’endoscopie, peut être indiqué en cas de doute sur la lésion vue sur le scanner et l’IRM. Elle est réalisée sous anesthésie
générale à l’aide d’un endoscope (fibre optique souple) et d’une sonde d’échographie, introduits par la bouche jusque dans le duodénum. Une fois l’endoscope en place à proximité du pancréas, l’examen échographique permet d’examiner le pancréas, de visualiser les anomalies présentes au niveau de l’organe et de réaliser dans le même temps une biopsie. L’examen dure au minimum 20 minutes.

Une analyse biologique complète les examens d’imagerie afin de mieux évaluer l’état général du patient, en particulier son état nutritionnel. Le dosage d’un marqueur tumoral dans le sang, le CA 19-9, est pratiqué dans des cas particuliers. Il peut donner des informations complémentaires sur une masse pancréatique suspecte pour aider le médecin dans la décision de traitement. Cependant, ce dosage pouvant donner des faux positifs et des faux négatifs du fait d’autres problèmes de santé, il ne peut donc à lui seul orienter le diagnostic : l’imagerie reste indispensable.

Le bilan d’extension

Après le bilan initial, le bilan d’extension sert à mieux évaluer l’étendue du cancer et la présence ou non de métastases au niveau des ganglions ou d’autres organes. Il comporte différents examens pratiqués en fonction des résultats du bilan initial et prépare la stratégie thérapeutique.

Par exemple, des métastases dans le foie pourront être recherchées par IRM, notamment en vue d’une chirurgie. Le cas échéant, s’il existe un doute sur la nature des métastases, celles-ci pourront être analysées avant une éventuelle chirurgie par biopsie (voir encadré) afin de s’assurer qu’il s’agit bien de métastases (et non d’abcès par exemple).

De même, si le scanner fait suspecter une extension du cancer aux ganglions à proximité, ceux-ci pourront être biopsiés si une chirurgie est envisagée. D’éventuelles métastases, pulmonaires ou osseuses, seront également recherchées : même si un scanner a déjà été réalisé pour le diagnostic, il doit être le plus récent possible car le cancer peut évoluer rapidement.

Un PET-scan peut parfois être utile pour détecter la présence de cellules cancéreuses dans le corps du patient quand le scanner et l’IRM ne fournissent pas une certitude suffisante sur l’extension du cancer.

La biopsie

Une biopsie est le prélèvement, par une fine aiguille, d’un petit échantillon de tumeur qui sera soumis à une analyse microscopique. Cette analyse permettra de confirmer le diagnostic, mais aussi d’établir le profil moléculaire de la tumeur et ainsi de définir le traitement le plus adapté. Dans le cancer du pancréas, la biopsie est toujours pratiquée, sauf dans les rares cas de petites tumeurs résécables d’emblée.

Le médecin peut réaliser :

  • une biopsie directe d’une des métastases, notamment au niveau du foie, en cas de cancer métastasique. C’est un geste simple, réalisé avec une aiguille insérée à travers la peau et sous anesthésie locale, qui ne dure que quelques minutes ;
  • une biopsie sous écho-endoscopie (appareil couplant une sonde endoscopique avec une échographie), en cas de tumeur localisée au pancréas.

Les stades de la maladie

La classification TNM (T pour taille de la tumeur, N pour ganglions – node en anglais – et M pour métastase) permet de qualifier l’extension de la tumeur.

Le stade de la maladie est ainsi déterminé selon la taille de la tumeur, sa propagation aux ganglions voisins et sa dissémination aux organes à distance.

En pratique, les médecins classent un cancer du pancréas en quatre grandes catégories selon la possibilité de traitement chirurgical :

  1. Tumeur résécable d’emblée : elle ne touche pas les vaisseaux à proximité ;
  2. Tumeur borderline (à la limite de la résécabilité) : tumeur localisée en contact avec certaines veines ou artères importantes mais permettant, selon les cas, une chirurgie ;
  3. Tumeur localement avancée : tumeur localisée mais en contact plus grand avec des vaisseaux importants ou lésés, rendant la chirurgie impossible ;
  4. Tumeur métastatique : tumeur avec des métastases à distance du pancréas (foie, péritoine, poumons…), pour laquelle la chirurgie sera résolument contre-indiquée.

Stade TNM Explication
Stade IA T1 N0 M0 La tumeur se trouve seulement dans le pancréas et mesure 2 cm ou moins.
Stade IB T2 N0 M0 La tumeur se trouve seulement dans le pancréas et mesure entre 2 et 4 cm.
Stade IIA T3 N0 M0 La tumeur a une taille de plus de 4 cm.
Stade IIB T1 à T3 N1 M0 La tumeur mesure jusqu’à 4 cm.
Elle s’est propagée à 1 à 3 ganglions lymphatiques régionaux, mais il n’y a pas de métastases.
Stade III T1 à T3 N2 M0 La tumeur s’est propagée au-delà du pancréas jusqu’aux gros vaisseaux sanguins à proximité et/ou à 1 à plus de 4 ganglions lymphatiques régionaux. Il n’y a pas de métastases.
T4 Tout N
Stade IV Tout T Tout N M1 Le cancer s’est propagé vers des zones éloignées du pancréas et a formé des métastases au niveau du foie, du poumon ou de la cavité abdominale (péritonéale).

Questions fréquentes

Quels sont les symptômes d’un cancer du pancréas ?

Le cancer du pancréas est souvent silencieux au début, ses signes apparaissent tardivement. Les symptômes principaux à surveiller sont :

  • Douleurs abdominales ou dorsales, souvent persistantes et pouvant s’aggraver après les repas
  • Perte de poids rapide et amaigrissement
  • Jaunisse (coloration jaune de la peau et des yeux) accompagnée parfois de démangeaisons
  • Troubles digestifs comme nausées, vomissements, perte d’appétit, troubles du transit intestinal
  • Fatigue importante
  • Selles pâles et urinaires foncées en lien avec une obstruction biliaire possible
  • Ballonnements, sensation de satiété rapide
  • Parfois, apparition d’un diabète récent ou aggravation d’un diabète existant sans cause apparente

Ces symptômes sont très peu voire pas spécifiques, ce qui complique souvent un diagnostic précoce. Tous justifient une consultation de son médecin traitant.

Quelles sont les complications possibles du cancer du pancréas ?

Le cancer du pancréas est une maladie agressive qui peut engendrer plusieurs complications. La tumeur peut envahir ou comprimer les structures adjacentes, provoquant notamment une jaunisse due à la compression des voies biliaires, des douleurs dorsales liées à l’atteinte des plexus nerveux, et des troubles digestifs comme des vomissements ou une difficulté à vider l’estomac. 

Par ailleurs, la propagation aux ganglions lymphatiques ou à distance (métastases) peut affecter le foie, les poumons, les os ou le cerveau.  

Les patients peuvent également souffrir de dénutrition, de fatigue intense, d’un gonflement abdominal causé par une ascite (liquide dans la cavité abdominale), et de troubles psychologiques tels que l’anxiété ou la dépression.

Quelles sont les complications possibles du cancer du pancréas ?

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer un cancer du pancréas. Les antécédents familiaux de cancers, en particulier dans les syndromes héréditaires comme : 

  • Le syndrome de Li-Fraumeni
  • Le syndrome de Lynch
  • Le syndrome de Peutz-Jeghers

L’exposition à certains facteurs environnementaux comme le tabac, l’obésité, le diabète, la pancréatite chronique, et certaines expositions professionnelles sont également reconnus. Ces facteurs ne garantissent pas le développement de la maladie, mais augmentent la vigilance et peuvent justifier un suivi médical approprié.

Peut-on prévenir le cancer du pancréas ?

Il n’existe pas de moyen de prévention en tant que tel, mais des mesures sont recommandées notamment : 

  • arrêter de fumer 
  • maintenir un poids corporel sain
  • contrôler les maladies métaboliques comme le diabète, et limiter l’exposition à certains agents toxiques. 

Pour les personnes ayant des antécédents familiaux à risque, un suivi spécialisé est recommandé pour une détection précoce. La recherche continue pour mieux comprendre les causes et mettre au point des stratégies efficaces de dépistage et prévention.

Quels sont les principaux traitements du cancer du pancréas ?

La seule option potentiellement curative est la chirurgie, particulièrement la duodénopancréatectomie céphalique (DPC) lorsque la tumeur est résécable. Cette intervention consiste à retirer la tête du pancréas et une partie du duodénum. Cependant, cette chirurgie majeure comporte des risques de complications postopératoires (saignements, infections, fistule pancréatique) qui peuvent retarder ou compliquer la suite du traitement, notamment la chimiothérapie adjuvante. 

Lorsque la tumeur n’est pas opérable, les traitements associent chimiothérapie et radiothérapie pour contrôler la maladie et soulager les symptômes.

De nouvelles approches thérapeutiques sont à l’étude, notamment des immunothérapies ciblant certains mécanismes de la tumeur, mais le cancer du pancréas reste très résistant aux traitements traditionnels.

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Ce dossier (à l’exception de la FAQ) a bénéficié du concours du Pr Vinciane Rebours, cheffe du service de pancréatologie et oncologie digestive, hôpital Beaujon, AP-HP, université Paris-Cité – INSERM UMR1149.