Vivre avec et après un cancer du rein

L’annonce d’un cancer est un choc et la prise en charge pèse le plus souvent lourdement sur la santé psychique et la qualité de vie. Le patient peut être accompagné par l’équipe soignante pour affronter différentes problématiques, y compris après la guérison.

01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 30-03-2026

L’annonce de la maladie

Après le diagnostic d’un cancer, les patients peuvent ressentir différentes émotions, parfois contradictoires. Ils peuvent éprouver des sentiments allant de l’optimisme au désespoir, du courage à l’anxiété selon les moments. Les proches, eux aussi, peuvent être très affectés.

En général, les patients réagissent mieux face au choc émotionnel s’ils peuvent en parler ouvertement avec leur famille ou des amis. Le soutien des proches, l’écoute et l’empathie du personnel soignant facilitent l’acceptation de la maladie et, à terme, l’efficacité des traitements.

Par ailleurs, le patient peut recourir à une aide psychologique : au sein des services médicaux, un spécialiste, psychologue ou psycho-oncologue, est généralement disponible pour écouter et échanger. Dans le cas contraire, il ne faut pas hésiter à demander une telle orientation à son médecin.

Enfin, les associations de patients sont très actives dans ce domaine. Elles proposent des informations sur la maladie, les traitements, les droits des patients. Elles organisent aussi des permanences téléphoniques et des groupes de parole permettant aux patients ou aux proches de dialoguer avec des personnes touchées directement ou indirectement par le cancer.

Petit à petit, le patient peut réussir à s’investir dans sa prise en charge en posant des questions sur sa maladie et son traitement. Il peut être utile de consigner par écrit les questions à poser au médecin au moment où elles viennent à l’esprit. Aussi, la prise de notes lors de la visite médicale peut aider à se remémorer un sujet particulier de la discussion.

Les patients peuvent avoir beaucoup de questions médicales importantes à poser. Outre les interrogations concernant les examens, le traitement, le séjour à l’hôpital, les frais médicaux, des questions sur l’avenir se posent souvent. Les membres de l’équipe soignante peuvent apporter des renseignements précieux.

Les soins de support

La prise en charge est globale et ne se limite pas aux traitements anticancéreux. Des soins de support peuvent être mis en place pour faire face aux conséquences de la maladie et des traitements (fatigue, anxiété, douleur, troubles alimentaires, problèmes sociaux et professionnels…).

Ils incluent la prise en charge des effets secondaires des traitements, l’évaluation et le traitement de la douleur dûe au cancer ou aux traitements (consécutive à une chirurgie par exemple), la possibilité de consulter un psychologue, d’être aidé par un assistant social pour les démarches administratives, de rencontrer un nutritionniste en cas de difficultés
d’alimentation, de perte ou de prise de poids…

La pratique d’une activité physique adaptée contribue à améliorer la qualité de vie tout au long du parcours de soins ainsi que la réponse aux traitements. De même, l’arrêt du tabac est toujours bénéfique. Il favorise la réponse aux traitements et le pronostic de la maladie.

Les soins de support peuvent faire appel à différentes spécialités en fonction des besoins : psychologue, spécialiste de la douleur, assistant social, diététicien, kinésithérapeute, socio-esthéticienne, coach en activité sportive adaptée… Ces soins sont assurés par l’équipe du centre de prise en charge, éventuellement en coordination avec des professionnels libéraux.

Certaines thérapies complémentaires sont parfois proposées par des centres de soins telles que l’hypnose, l’ostéopathie, la sophrologie. Elles peuvent améliorer le confort des patients (fatigue, anxiété…) mais leur effet n’est pas prouvé.

Brochure : Les soins de support en cancérologie
Brochure
Comprendre et agir
Les Soins De Support En Cancerologie
Télécharger Brochure : Les soins de support en cancérologie (pdf - 1.5 Mo)
Attention aux « médecines douces » !

Attention aux « médecines douces », notamment à l’utilisation de produits à base de plantes ou d’huiles essentielles, qui peuvent avoir des effets secondaires ou interagir avec les traitements prescrits. En cas d’utilisation, il est très important d’en discuter avec l’équipe médicale, qui n’y verra pas forcément de contre-indications aux traitements prescrits. En revanche, ces médecines douces ne peuvent en aucun cas remplacer les traitements recommandés du cancer.

En cas d'altération de la fonction rénale

Chez certains patients, la fonction rénale résiduelle n’est pas suffisante, c’est-à-dire que le rein resté en place n’arrive pas à assurer totalement son rôle d’épuration du sang. On parle d’insuffisance rénale : cette altération n’est pas réversible et doit être prise en charge par un traitement à vie.

En cas d’insuffisance rénale légère ou modérée, un traitement médicamenteux spécifique peut améliorer la fonction rénale du patient. En revanche, l’insuffisance rénale sévère nécessite que les patients soient traités par dialyse, une technique de filtration du sang par voie externe pouvant être réalisée en centre spécialisé ou au domicile selon les techniques et l’autonomie du patient. Il s’agit d’un traitement très contraignant de plusieurs heures par séance à raison de plusieurs séances par semaine.

Le suivi après le traitement

L’ablation d’une partie ou de la totalité d’un rein ne perturbe généralement pas la vie quotidienne du patient car l’autre rein peut assurer ses fonctions habituelles. Il doit cependant suivre un calendrier précis de surveillance en réalisant des examens à intervalles réguliers durant plusieurs années. Le rythme auquel il doit suivre ces examens varie selon le stade auquel le cancer rénal a été diagnostiqué. Il est :

  • annuel pour un cancer localisé ;
  • semestriel pour les cancers localement avancés ;
  • trimestriel pour les stades métastatiques.

En l’absence de récidives, ce rythme est espacé après plusieurs années. Ce suivi comporte un examen clinique et biologique ainsi qu’un scanner de la région abdominale et thoracique.

Lorsque des signes cliniques évoquent de possibles complications, il est recommandé de consulter son médecin pour réaliser les examens nécessaires. En cas de récidive avérée, un traitement adapté chirurgical et/ou médical est proposé.

Contacts utiles

L’Association pour la recherche sur les tumeurs du rein

(A.R.Tu.R.) a été créée en 2005 pour soutenir et développer la recherche sur les tumeurs du rein et leur prise en charge clinique, mais aussi pour améliorer l’information des patients et de leur famille.

Tél. : 01 83 81 80 82

www.artur-rein.org

 

L’Association française d’urologie (AFU)

L’AFU est une société savante dont les actions s’articulent autour de trois axes : l’enseignement, la recherche et l’amélioration de la pratique professionnelle.

Tél. : 01 45 48 06 09

www.urofrance.org

 

L’INCa fournit des informations sur la prise en charge des cancers du rein.

 

Arcagy propose un dossier d’information sur les cancers du rein.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Bernard Escudier, membre du Département d’oncologie médicale du comité de cancérologie génito-urinaire de Gustave Roussy.