Quels sont les symptômes d’un cancer du rein ?

Le cancer du rein ne provoque pas de symptômes aux premiers stades de développement. Il est souvent découvert de façon fortuite à l’occasion d’une échographie médicale pour un autre motif. Les premiers signes apparaissent au stade avancé du cancer.

01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 03-04-2026

Les principaux symptômes du cancer du rein

Le cancer du rein est une maladie qui reste longtemps silencieuse. Le plus souvent, il est diagnostiqué à l’occasion d’un examen d’imagerie médicale réalisé pour d’autres motifs.

Lorsque le cancer progresse, il peut toutefois entraîner plusieurs symptômes. Les signes les plus classiques sont :

  • la présence de sang visible dans les urines (hématurie) ;
  • une douleur au niveau des flancs ;
  • la présence d’une masse lombaire palpable en bas du dos.

Ces symptômes ne sont pas tous nécessairement présents et s’accompagnent parfois de signes moins spécifiques comme un amaigrissement, de la fatigue ou encore de la fièvre. L’apparition d’un ou de plusieurs de ces symptômes ne signifie pas que l’on est nécessairement atteint d’un cancer. Des examens doivent être réalisés pour confirmer ou infirmer ce diagnostic. Une consultation est donc indispensable.

Comment diagnostique-t-on un cancer du rein ?

Deux types d’examens sont nécessaires pour établir précisément un diagnostic de cancer du rein : des examens d’imagerie et un examen anatomopathologique de tout ou partie de la tumeur.

Les examens d’imagerie

Le diagnostic et la caractérisation des masses rénales reposent sur trois techniques d’imagerie complémentaires – échographie Doppler, tomodensitométrie et IRM – qui peuvent être réalisées sans ou avec injection de produit de contraste.

L’échographie Doppler

C’est souvent l’examen qui détecte de façon fortuite une masse rénale. Il consiste à balayer l’abdomen avec une sonde appelée échographe fonctionnant avec des ultrasons dont le trajet à travers le corps renseigne sur la nature des tissus. Il apporte des éléments de caractérisation essentiels :  masse kystique (liquide) ou solide, typique ou atypique… Le Doppler permet d’évaluer la vascularisation de la masse. Il facilite la surveillance active en permettant de mesurer la taille de la tumeur. Enfin, il permet de guider une éventuelle biopsie grâce à la visualisation du trajet de l’aiguille en temps réel.

L’injection intraveineuse d’un produit de contraste améliore la caractérisation des masses solides faiblement vascularisées ou encore le guidage de la biopsie. La tolérance à cet agent de contraste est très bonne, sans contre-indication liée à la fonction rénale.

Le scanner ou tomodensitométrie (TDM)

C’est l’examen le plus précis pour orienter le diagnostic et effectuer un bilan préopératoire. Il confirme la présence d’une tumeur et permet d’évaluer précisément sa taille et sa localisation. Il participe aussi au bilan d’extension locorégionale (veines, ganglions, glandes surrénales) et à distance (poumon, foie, pancréas).

Cet examen repose sur l’utilisation de rayons X. Il nécessite l’injection intraveineuse d’un produit de contraste iodé pour faciliter la visualisation des reins lors de l’examen. La fonction rénale est préalablement testée (dosage de créatinine) car une insuffisance rénale contre-indique l’utilisation de ce produit de contraste. Par ailleurs, des réactions d’hypersensibilité à ce produit sont observées dans environ 3 % des cas et l’examen peut également être contre-indiqué chez des sujets ayant un antécédent de réaction anaphylactique à l’injection d’un produit de contraste. Dans cette situation ou en cas d’insuffisance rénale, une IRM sera privilégiée (voir ci-dessous).

L’examen dure quelques minutes. Le patient est installé sur une table d’examen placée au centre d’un grand anneau contenant la source de rayons X. Il doit rester immobile pendant que l’anneau projetant les rayons X circule le long de la table pour balayer la région à étudier. Les images sont collectées par un ordinateur, puis traitées et analysées par les professionnels en charge de l’examen.

L’imagerie par résonance magnétique (IRM)

L’IRM est généralement utilisée en alternative à la tomodensitométrie, si cet examen ne peut être réalisé ou en cas de contre-indication à l’injection d’un produit de contraste iodé. Elle peut également être indiquée en cas de tumeurs atypiques demeurées indéterminées au scanner afin d’apporter des informations complémentaires et d’aider à la caractérisation du type de tumeur.

L’appareillage d’IRM ressemble à celui mis en œuvre pour un scanner. Cependant, l’IRM ne fait pas intervenir des rayons X, mais un champ électromagnétique. L’IRM nécessite l’injection d’un produit de contraste à base de gadolinium, très bien toléré.

L’exérèse de la tumeur ou biopsie

Lorsque les images du scanner ou de l’IRM ont mis en évidence une lésion localisée et de petite taille (≤ 4 cm), celle-ci peut être retirée directement par opération chirurgicale sous anesthésie générale, et sera analysée dans la foulée avec toutefois un risque d’exérèse de tumeur bénigne.

En cas de doute sur le caractère malin de la tumeur, de masse volumineuse ou encore de fragilité du patient contre-indiquant une opération chirurgicale d’emblée, une biopsie est proposée. Elle consiste à prélever un échantillon tumoral pour une analyse anatomopathologique. Elle peut être faite sous anesthésie locale et en ambulatoire. Elle est pratiquée à l’aide d’une aiguille très fine introduite au niveau du rein et jusque dans la lésion, sous guidage échographique ou scanographique. Le tissu prélevé est ensuite analysé. Ce prélèvement est effectué uniquement si le résultat de ce prélèvement est susceptible de modifier la prise en charge thérapeutique.

L’examen anatomopathologique

L’analyse anatomopathologique est un examen visuel conduit par microscopie sur la tumeur préalablement retirée ou la biopsie.

L’ensemble des examens réalisés lors du diagnostic et du bilan diagnostique permettent d’établir le stade du cancer et de proposer la meilleure prise en charge, adaptée au profil du patient. Il est indispensable pour confirmer le caractère malin de la tumeur, la caractériser (carcinome à cellules claires ou non, sous-type de carcinome à cellules non claires) et évaluer son risque évolutif.

Le bilan biologique

L’objectif du bilan biologique, effectué par prélèvement sanguin, est de contribuer à déterminer le pronostic en cas de cancer métastatique, de dépister une anomalie pouvant accompagner le cancer appelée syndrome paranéoplasique (anémie, polyglobulie, hypercalcémie, cholestase), ou encore de dépister des contre-indications à l’immunothérapie en cas de dysfonction immunitaire.

Le bilan d'extension

Lorsque le diagnostic est confirmé, les médecins prescrivent des examens complémentaires pour connaître le degré précis d’évolution du cancer, rechercher d’éventuelles métastases et établir un bilan clinique complet du patient.

Généralement, un scanner, avec ou sans injection de produit de contraste, permet de rechercher la présence de métastases au sein du thorax, de l’abdomen et de la région pelvienne. En cas de contre-indication absolue à l’injection d’un produit de contraste iodé utilisé pour le scanner, il est possible de combiner un scanner thoraco-abdominal sans produit de contraste à une IRM abdominale.

En cas de métastases, une imagerie cérébrale (IRM ou TDM) peut être effectuée pour rechercher des métastases dans le cerveau. Pour ce qui est des métastases osseuses, la scintigraphie osseuse est recommandée pour ce dépistage dans un certain nombre de cancers, mais elle est peu utile dans les cancers du rein car les métastases osseuses dans ce cancer sont peu sensibles à l’examen. Des radiographies, un scanner ou une IRM peuvent être envisagés au cas par cas.

L’ensemble des examens réalisés lors du diagnostic et du bilan diagnostique permettent d’établir le stade du cancer et de proposer la meilleure prise en charge, adaptée au profil du patient.

Les différents stades du cancer rénal

Les cancers du rein, comme les autres maladies tumorales, sont classés selon leur nature et leur stade d’évolution avec pour objectif d’aider le clinicien à préparer l’opération et orienter le traitement.

La classification utilise le système TNM 2017 qui décrit l’évolution locale de la tumeur (T), son extension aux ganglions lymphatiques voisins (N, ganglion se disant node en anglais) et son éventuelle dissémination sous forme de métastases (M).

T détermine la taille et l’envahissement du rein :

  • T1a indique une tumeur localisée dans le rein de moins de 4 cm ;
  • T1b indique une tumeur localisée dans le rein mesurant 4 à 7 cm ;
  • T2 indique une tumeur localisée de plus de 7 cm ;
  • T3 indique un cancer localement avancé : la tumeur s’est propagée au tissu adipeux périrénal et/ou dans la veine rénale et on parle alors de thrombose (T3a), ou dans la veine cave (T3b ou T3c selon la hauteur de la thrombose dans cette veine).
  • T4 indique que la tumeur s’est propagée aux organes voisins.

N renseigne sur l’envahissement ganglionnaire :

  • N0 indique qu’aucun ganglion n’est touché ;
  • N1 indique qu’un ganglion est envahi ;
  • N2 indique que plusieurs ganglions sont envahis.

L’envahissement ganglionnaire peut ne pas avoir été évalué, on mentionnera alors « NX ».

M indique le statut métastatique :

  • M0 indique l’absence de métastase ;
  • M1 signe la présence de métastases.

La présence de métastases peut ne pas être connue, on mentionnera alors « MX ».

Parallèlement, le grade ISUP est utilisé pour évaluer l’agressivité du cancer. Il est utilisé uniquement pour les carcinomes à cellules claires et les carcinomes papillaires. Ce système classe les tumeurs en quatre grades (ISUP 1 à 4) en fonction de la morphologie des noyaux des cellules tumorales :

  • ISUP 1 et 2 (bas grade) : ces grades indiquent des tumeurs moins agressives avec des cellules qui ressemblent plus aux cellules normales ;
  • ISUP 3 et 4 (haut grade) : ces grades indiquent des tumeurs plus agressives avec des cellules très différentes des cellules normales, présentant des anomalies importantes et une division cellulaire rapide.

Le pronostic du cancer repose sur plusieurs facteurs, dont principalement :

  • le stade TNM ;
  • le grade ISUP pour les carcinomes à cellules claires et carcinomes papillaires.

Questions fréquentes

Quels sont les symptômes principaux du cancer du rein ?

Au début de la maladie, le cancer du rein est souvent asymptomatique. Les manifestations cliniques apparaissent généralement lorsque la tumeur atteint une taille déjà significative ou lorsqu’elle affecte les structures voisines. Les principaux symptômes à surveiller sont les suivants :

  • Hématurie (présence de sang dans les urines) : le signe le plus courant, souvent indolore et intermittente.
  • Douleur lombaire : sensation de gêne ou de douleur sourde, localisée dans le bas du dos ou sur le flanc, sans lien avec une blessure.
  • Masse abdominale palpable : dans de rares cas, on peut sentir une masse au niveau de l’abdomen ou du flanc.
  • Fatigue inhabituelle et perte d’appétit : résultent de la progression de la maladie ou de la réaction inflammatoire de l’organisme.
  • Fièvre inexpliquée : parfois persistante, non liée à une infection apparente.

Ces symptômes doivent vous pousser à consulter rapidement un professionnel de santé.

Le cancer du rein provoque-t-il d’autres signes ou symptômes généraux ?

Le cancer du rein peut également entraîner des manifestations moins spécifiques, qui justifient d’autant plus une consultation médicale si elles persistent ou s’associent à d’autres symptômes :

  • Amaigrissement inexpliqué : une perte de poids involontaire de plusieurs kilos en quelques semaines ou mois.
  • Anémie : pâleur, essoufflement, fatigue rapide, liés à une baisse du taux d’hémoglobine.
  • Hypertension artérielle : le rein jouant un rôle dans la régulation de la tension, une tumeur peut entraîner des variations anormales.
  • Œdèmes (gonflement des jambes ou des chevilles).

Dans certains cas, des symptômes plus atypiques sont possibles (troubles de la vision, douleurs osseuses en cas de métastases). Si vous présentez un de ces symptômes de manière habituelle, nous vous conseillons de consulter un professionnel de santé.

Où peut-on ressentir la douleur lors d’un cancer du rein ?

La douleur causée par le cancer du rein se situe généralement au niveau lombaire, avec une sensation de tiraillement, de gêne ou de douleur persistante du côté du rein atteint. Elle peut parfois irradier vers l’abdomen ou le flanc.

Selon la progression, elle peut devenir plus intense ou chronique, mais reste longtemps discrète.

Le cancer du rein peut-il rester silencieux ?

Oui, le cancer du rein peut évoluer sans aucun symptôme, surtout à un stade précoce. Un diagnostic est alors parfois posé lors d’un examen d’imagerie réalisé pour une autre raison (scanner, échographie).

Quand consulter un médecin ?

En cas de symptômes persistants, atypiques, ou si vous avez des antécédents familiaux de cancer du rein, prenez rendez-vous avec votre médecin. Celui-ci saura juger de la nécessité de réaliser des examens complémentaires pour orienter plus finement le diagnostic.

 

Ce dossier (à l’exception de la FAQ) a été réalisé avec le concours du Dr Bernard Escudier, membre du Département d’oncologie médicale du comité de cancérologie génito-urinaire de Gustave Roussy.