Back to top
Intro donation

Contribuer

à la recherche sur le cancer

Contribuer à la recherche sur le cancer :
Don ponctuel
Don mensuel
Punctual donation buttons
Regular donation buttons

Les cancers du sein

Cancers du sein: le diagnostic

Examen clinique

Lorsqu’il s’agit de diagnostiquer un cancer du sein, le médecin gynécologue (mais aussi parfois généraliste ou encore sage-femme) va en premier lieu réaliser un examen clinique de sa patiente. Une palpation attentive du sein peut, en effet, être très instructive. Elle permet d’évaluer la taille, la consistance, la mobilité d’une anomalie…

Le médecin observe également si la peau recouvrant le sein se modifie à certains endroits, en demandant à la patiente de mettre ses bras dans différentes positions. S’il détecte une lésion à la palpation, il faut en vérifier la nature car d’autres pathologies du sein peuvent se traduire par une « boule » au toucher (kystes, mastose…). D’autres examens sont alors nécessaires.


Mammographie

Lorsqu’une anomalie est détectée à la palpation, la mammographie est systématiquement prescrite. Dans certains cas, selon le niveau d’équipement du centre d’imagerie, la mammographie peut être une tomosynthèse. Au lieu de prendre un cliché en deux dimensions (mammographie classique), la tomosynthèse permet de reconstituer une image du sein en prenant des clichés en trois dimensions sous différents angles, limitant ainsi les effets de superposition des structures mammaires. L’image plus claire rend l’examen plus sensible.

Pour réaliser cet examen, la patiente est installée debout, torse nu, dans la cabine de radiologie. Des clichés radiographiques sont réalisés pour chaque sein. Pour cela, le sein est comprimé entre deux plaques. Pour chaque sein, deux clichés sont pris : l’un de face, l’autre de profil. Au total, l’examen dure entre 5 à 10 minutes. Par la suite, chaque cliché est étudié par le radiologue. Si une anomalie est repérée, d’autres examens sont prescrits.


Échographie

L’échographie est une méthode qui utilise des ondes sonores de haute fréquence inoffensives (ultrasons) pour générer des images relativement précises de nos organes. Dans le cadre d’un diagnostic de cancer du sein, elle permet de caractériser plus précisément la nature d’une lésion repérée par mammographie. Elle est utilisée pour faciliter l’interprétation de clichés de mammographie compliqués ou douteux. Elle est aussi directement employée chez les femmes qui ont des seins très denses qui ne peuvent être observés par radiographie.

L’examen est totalement indolore et dure moins de 30 minutes. La patiente est allongée et un gel est appliqué sur le sein à observer. La sonde est alors appliquée fermement contre le sein et orientée dans toutes les directions pour observer la totalité du tissu mammaire. Le médecin s’intéresse plus précisément aux anomalies qu’il peut repérer grâce aux différences de contraste existant entre celles-ci et le reste du sein.

En évaluant précisément leur profil, il peut orienter son diagnostic vers une anomalie bénigne (par exemple un kyste) ou vers une tumeur maligne. En cas de suspicion de cancer, d’autres examens sont nécessaires.


Prélèvements

Un diagnostic de cancer ne peut être porté qu’après avoir étudié au niveau microscopique la nature des cellules composant la lésion repérée grâce aux techniques d’imagerie.

  • L’aspiration ou ponction cytologique est effectuée en cas de lésion repérée à l’imagerie et pouvant être bénigne ou maligne : une fine aiguille est introduite dans le sein sous contrôle échographique. Elle permet d’aspirer du liquide ou des cellules, dont l’analyse microscopique apportera des premiers éléments relatifs à la nature de la tumeur. Cet examen permet par exemple de différencier un kyste d’une masse solide (qui peut être cancéreuse ou non).
  • La microbiopsie (que l’on appelle couramment « biopsie ») est effectuée en cas de masse observée à l’imagerie et peut être consécutive à une ponction cytologique. C’est le seul examen qui permet de confirmer un diagnostic de cancer. Elle est réalisée sous anesthésie locale. Lors de l’examen, le médecin utilise une aiguille fine avec laquelle il pique la peau au niveau du sein atteint. En se guidant grâce à une sonde d’échographie ou sous scanner, il prélève un échantillon du tissu anormal. Cet échantillon est ensuite analysé par microscopie afin que soient confirmés ou non la nature cancéreuse de la lésion et son degré d’extension locale (in situ ou infiltrant).
  • La macrobiopsie est généralement proposée en cas de micro-calcifications (petites taches blanches résultant de morts cellulaires et pouvant être bénignes ou malignes) observées à l’imagerie. Cette technique suit le même principe que la biopsie classique. Cependant, l’aiguille est un peu plus large et permet – en restant en place pendant quelques minutes – de réaliser plusieurs prélèvements successifs. Au cours de cet examen réalisé sous anesthésie locale, la femme est allongée à plat ventre sur une table, le sein placé dans un orifice. Le médecin réalise la biopsie guidée par stéréotaxie (une technique de radiologie en trois dimensions qui permet de localiser la lésion).

Lorsqu’un cancer du sein est diagnostiqué, des examens biologiques supplémentaires sont conduits sur les tissus prélevés lors de la biopsie. Ils consistent à rechercher et à doser des protéines qui sont présentes sur les cellules cancéreuses. Les résultats de ces analyses serviront à orienter le traitement. Sont recherchés et dosés :

  • les récepteurs hormonaux des oestrogènes (RE) ou ceux de la progestérone (RP). Leur présence prouve que le cancer est « hormonodépendant » et que sa croissance est favorisée par ces hormones. Le traitement consistera donc notamment à bloquer l’action de ces dernières ;
  • le récepteur HER2 à des facteurs de croissance épidermiques humains. Ce récepteur favorise la croissance de la tumeur quand il est présent en excès à la surface des cellules de tumeur mammaire.
  • la protéine KI67. Ce marqueur de prolifération des cellules tumorales renseigne sur l’agressivité de la tumeur.

Bilan d'extension

Un certain nombre d’examens doivent être conduits pour savoir si la maladie s’est étendue à d’autres parties de l’organisme, comme les ganglions lymphatiques voisins, mais aussi les poumons, le foie, les os ou le cerveau. Tous ces examens constituent le « bilan d’extension ». Il comporte selon les cas : des analyses de sang, une radiographie thoracique, une scintigraphie osseuse ou un scanner thoraco-abdomino-pelvien ou un PET-scan portant sur l’organisme entier, un bilan biologique, avec notamment un dosage des marqueurs tumoraux (par exemple le marqueur CA15-3).

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) n’est pas proposée de manière systématique dans le bilan d’un cancer du sein. Elle peut cependant être pratiquée dans certains cas. Grâce aux résultats de l’ensemble de ces examens, le médecin peut évaluer le stade de la maladie, selon la « classification TNM » (voir ci-dessous), et ainsi élaborer une stratégie thérapeutique.

Grades et stades des cancers du sein

LES GRADES DE LA MALADIE

L’analyse anatomopathologique d’un échantillon tumoral permet de distinguer trois grades d’agressivité des cancers, attribués en fonction de l’apparence des cellules cancéreuses (plus elles ont perdu les caractéristiques propres aux cellules du tissu d’origine, plus elles sont agressives ; on parle de cellules indifférenciées) mais aussi du nombre de cellules en division et de l’apparence des noyaux des cellules (plus ils sont petits et uniformes, moins la tumeur est agressive a priori) :

  • le grade I correspond aux tumeurs les moins agressives,
  • le grade II est intermédiaire,
  • le grade III correspond aux tumeurs les plus agressives.

LES CATÉGORIES ACR

Au moment du dépistage, pour décrire et classer les images de sein obtenues par mammographie, échographie ou imagerie par résonance magnétique (IRM), les cliniciens utilisent la classification ACR. Il existe six catégories d’images allant de ACR 0 à ACR 5 définies par la présence ou non d’anomalies (bénignes ou malignes), la nécessité d’un suivi et/ou d’examens complémentaires :

  • ACR 0 : imagerie en attente d’un bilan de diagnostic,
  • ACR 1 : imagerie normale,
  • ACR 2 : anomalies bénignes ne nécessitant ni surveillance ni examen complémentaire,
  • ACR 3 : anomalie probablement bénigne, une surveillance à court terme est conseillée,
  • ACR 4 : anomalie indéterminée ou suspecte qui indique une vérification histologique,
  • ACR 5 : anomalie considérée comme maligne.

LA CLASSIFICATION TNM

La stratégie thérapeutique la plus appropriée pour un cancer donné dépend à la fois de l’extension de la tumeur évaluée grâce à la classification TNM et de son agressivité déterminée suite à l’analyse anatomopathologique indiquant le grade du cancer. Pour la classification TNM, les médecins prennent en compte trois critères :

  • la taille et l’infiltration de la tumeur (critère T),
  • l’atteinte ou non des ganglions lymphatiques (critère N – pour « node », ganglion en anglais)
  • la présence ou non de métastases (critère M).

La taille de la tumeur est classée de T0 (tumeur non palpable) à T4 (tumeur en extension à la paroi thoracique et/ou à la peau). L’atteinte ganglionnaire est notée de N0, lorsque le cancer n’a pas d’extension aux ganglions voisins de l’aisselle (ganglions axillaires), jusque N2-3 lorsque la tumeur a atteint ces derniers et/ou ceux présents dans la cage thoracique. Enfin, en ce qui concerne les métastases, elles sont soit présentes (M1), soit absentes (M0). Sur la base de cette classification TNM, les médecins distinguent 4 stades d’évolution du cancer :

  • le stade 1 correspond à une tumeur unique et de petite taille (ex. : T1N0M0),
  • le stade 2 correspond à un volume local plus important (ex. : T2N0M0),
  • le stade 3 correspond à un envahissement des ganglions lymphatiques et/ou des tissus avoisinants (ex. : T1N1M0 ou T3N0M0),
  • le stade 4 correspond à une extension plus large et/ou une dissémination dans l’organisme sous forme de métastases (ex. : T2N1M1 ou T4N0M0).

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.


Retrouvez-nous
sur les réseaux sociaux