Comment réussir à arrêter de fumer ?

En cas de dépendance physique, il existe deux façons de procéder, avec l’aide d’un traitement : arrêter toutes les cigarettes du jour au lendemain, ou diminuer progressivement.

01 septembre 2024 Dernière mise à jour : 11-09-2026

Lorsque l’on choisit de diminuer progressivement sa consommation de cigarettes, le sevrage tabagique consiste à éliminer un certain nombre de cigarettes et à les remplacer par un substitut nicotinique. Cela permet de se défaire de certains gestes habituels sans ressentir le manque de nicotine. À la dernière étape, une nouvelle réduction du nombre des cigarettes restantes peut alors être envisagée. Progressivement, cette démarche peut aider le fumeur à se déshabituer et à faire son chemin vers un arrêt complet du tabac. Afin de favoriser l’abstinence tabagique, certaines aides sont recommandées. En France, la Haute Autorité de santé souligne l’importance d’être accompagné par un professionnel et d’utiliser des traitements nicotiniques de substitution en première intention. Une aide au sevrage à distance par téléphone ou Internet peut aussi être choisie.

Consulter un professionnel de santé

Dans un premier temps, le médecin traitant et le pharmacien peuvent aider à faire le point sur la dépendance, sur les motivations à arrêter de fumer et sur les méthodes les plus appropriées pour y parvenir. Tabac Info Service peut proposer un accompagnement personnalisé. Enfin, les consultations hospitalières spécialisées en tabacologie permettent également de conduire une démarche d’arrêt. Il existe près de 700 lieux de consultation ouverts dans toute la France (voir « Les contacts »). Le suivi par un professionnel permet de multiplier par six les chances d’arrêt du tabac par rapport à une démarche sans accompagnement. Il renforce la motivation au sevrage et aide à changer son comportement.

Tabac Info Service : des outils d’aide à l’arrêt

Le 39 89 est un numéro d’aide à distance de Tabac Info Service, mettant en relation les fumeurs avec des tabacologues afin de bénéficier d’un suivi personnalisé et gratuit. Depuis mai 2023, le 39 89 est accessible aux personnes sourdes ou malentendantes via la plateforme Acceo.

Le site Internet « tabac-infoservice.fr » propose de nombreux contenus d’aide et outils d’accompagnement (mise en contact avec un tabacologue, témoignages, questions/réponses…).

L’application d’e-coaching Tabac Info Service proposeun programme complet et personnalisé pour optimiser les chances d’arrêt définitif du tabac (astuces, vidéos de soutien, suivi des bénéfices de l’arrêt au quotidien…).

Les solutions thérapeutiques

Trois solutions existent en France aujourd’hui sur le plan thérapeutique : les substituts nicotiniques, les médicaments (varénicline, bupropion) et les thérapies cognitives et comportementales. Ces trois approches augmentent les chances de sevrage.

  •  Les substituts nicotiniques augmentent les chances de réussite de de 50 à 70 %. Ils réduisent le syndrome de manque qui se manifeste à l’arrêt de la cigarette. Ils sont disponibles en patchs à coller sur la peau, en pastilles à sucer ou à laisser fondre sous la langue, en gommes à mâcher, en spray ou en inhalateurs. La nécessité de prendre un substitut nicotinique est évaluée par un professionnel de santé. En cas de prescription, le dosage sera adapté à la dépendance à la nicotine. La dose initiale sera ensuite réduite régulièrement toutes les 4 à 6 semaines environ. À chaque palier, les éventuelles sensations de manque seront évaluées avec le professionnel. Petit à petit, le manque et les pulsions à fumer diminueront jusqu’à ne plus se manifester. En moyenne, le traitement peut durer de trois à six mois et peut être prolongé au-delà si nécessaire. Il est possible de se procurer des substituts nicotiniques sans ordonnance. Toutefois, lorsqu’ils sont prescrits, ils sont remboursés à hauteur de 65 % par l’Assurance maladie. Le complément peut être pris en charge par une mutuelle si le patient en souscrit une.
  • Les médicaments oraux varénicline (Champix®) et bupropion (Zyban®) sont d’autres traitements de la dépendance physique qui permettent de limiter l’état de manque durant l’arrêt. Ils sont délivrés sur prescription. En France, ils sont recommandés en deuxième intention par la Haute Autorité de santé. Ils ne sont pas recommandés chez la femme enceinte ou qui allaite, et chez le fumeur de moins de 18 ans. Seule la varénicline est remboursée par l’Assurance maladie.
  • Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), pratiquées par des psychologues, des psychiatres ou des tabacologues, permettent de conserver la motivation et d’appréhender les situations au cours desquelles le manque de tabac se fait le plus ressentir, afin de trouver des moyens pour y faire face. Durant ces séances, le patient travaille sur l’analyse de ses habitudes, de ses pensées, de ses sentiments et de ses émotions. Associées à un traitement de la dépendance physique, elles optimisent les chances de succès. Les séances ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie lorsqu’elles sont réalisées par les psychologues ou les tabacologues non-médecins mais elles peuvent l’être partiellement par certaines mutuelles.

D’autres techniques complémentaires comme l’acupuncture, la sophrologie, l’hypnose ou la phytothérapie sont parfois recherchées comme une aide supplémentaire pour apporter du confort à la démarche de sevrage. Ces techniques ne sont toutefois pas validées scientifiquement.

La cigarette électronique pour arrêter de fumer ?

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) estime que la cigarette électronique pourrait être bénéfique pour certaines populations plus vulnérables dans leur démarche de sevrage tabagique. Ce moyen peut être discuté quand l’essai des traitements validés n’a pas permis d’aboutir au sevrage.

Cependant, dans son avis rendu en 2021, le HCSP indique que la cigarette électronique n’est pas recommandée dans le sevrage tabagique en général. Cet avis est motivé par plusieurs constats. Pour certains auteurs, il pourrait exister un effet passerelle pour les jeunes entre l’initiation à la cigarette électronique et l’initiation au tabac. D’autres travaux questionnent sa sécurité, notamment en raison de l’exposition à des produits chimiques irritants, à des cancérigènes, à des produits toxiques pour la reproduction et aux substances aromatiques non conçues initialement pour passer dans l’appareil respiratoire. Il y a donc une volonté de ne pas normaliser l’usage de ce produit, notamment auprès des adolescents.

Quelques conseils

  • Fixer une date d’arrêt.
  • Faire de son habitat un lieu sans tabac.
  • Mettre hors de la vue les cendriers, briquets, paquets…
  • Informer son entourage et lui demander précautions et soutien.
  • S’entraîner à se déplacer sans emporter de cigarettes.
  • Planifier des activités et des sorties.
  • Prévoir une sortie ou une activité particulière pour le premier jour de l’arrêt.

Les risques de la prise de poids durant l’arrêt

La peur de prendre du poids est une crainte souvent avancée par les fumeurs qui souhaitent arrêter le tabac, notamment les femmes. En effet, le métabolisme est augmenté chez le fumeur. Il a été prouvé qu’une consommation de 20 cigarettes entraine une dépense d’environ 200 calories supplémentaires par jour. Ainsi, à l’arrêt du tabac, le corps retrouve le poids qu’il aurait eu normalement. En moyenne, la prise de poids est de 2,8 à 3,8 kg, mais un tiers des personnes ne prennent pas de poids. Par ailleurs, en bougeant suffisamment et en évitant le grignotage lors des premières semaines, le poids peut être en grande partie contrôlé. Enfin, l’augmentation de l’appétit et les fringales en dehors des repas sont un des signes de sevrage qui peuvent disparaitre avec la prise d’un traitement adapté à la dépendance et permettant d’éviter ou de limiter la prise de poids.

Références

Ce dossier a bénéficié du concours du Dr Anne Stoebner-Delbarre, présidente du groupe oncoaddiction Unicancer, administratrice de la Société francophone de tabacologie (SFT), responsable de l’unité d’onco-addiction et de l’ELSA au département des soins de support de l’Institut du cancer de Montpellier (ICM).