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06 septembre 2021

Identifier les priorités de la recherche sur le cancer du pancréas

Journée scientifique « Cancer du pancréas » organisée par la Fondation ARC – 6 septembre 2021

Avec le soutien du Fonds Pour Bertrand-Kamal, la Fondation ARC s’est investie dans deux projets majeurs visant : - la détection précoce du cancer du pancréas, - une meilleure compréhension de sa résistance aux traitements actuels afin d’envisager de nouvelles pistes thérapeutiques. Afin d’identifier d’autres axes de recherche prioritaires sur le cancer du pancréas, la Fondation ARC a organisé une journée ouverte à tous les membres de la communauté scientifique et médicale. 22 intervenants et plus de 170 participants, chercheurs et médecins, de France et de l’étranger, ont contribué à cette journée scientifique, le 6 septembre dernier.

Une incidence qui augmente, une situation clinique dramatique

Epidémiologie

Le cancer du pancréas pourrait devenir la 2e cause de décès par cancer en 2030. L’augmentation de l’incidence de ce cancer dans les pays industrialisés reste inexpliquée pour l’instant.

Traitement

Seuls 15 % à 20 % des patients sont éligibles à une chirurgie à visée curative, systématiquement suivie d’une chimiothérapie et parfois de la radiothérapie.

Pour les autres patients, une chimiothérapie est proposée. Cependant, 80% de ces patients développent des résistances à la chimiothérapie, à plus ou moins court terme. Pour les 20% qui répondent à la chimiothérapie, les effets de la chimiothérapie à long terme sont tellement délétères qu’ils se retrouvent eux aussi dans une impasse thérapeutique.

Par ailleurs, ni les thérapies ciblées, ni les immunothérapies n’ont jusqu’alors montré d’efficacité contre ce cancer.

Les médecins sont donc désarmés pour maintenir en vie les patients face à ce cancer classé parmi les plus agressifs et résistants aux traitements actuels.

 

Aperçu des enjeux pour la recherche abordés le 6 septembre 2021 :

Une prévention à élaborer

Il est souvent trop tard pour agir efficacement contre le cancer du pancréas lorsque des symptômes évocateurs surviennent chez les patients car il se trouve déjà à un stade avancé ou métastatique. Comment élaborer la prévention primaire et un dépistage précoce du cancer du pancréas ? Experte au niveau européen, le docteur Núria Malats (Madrid) insiste sur la nécessité de grandes études d’épidémiologie à partir de la collecte de données de santé et d’échantillons biologiques en population générale pour parvenir à identifier les facteurs de risque de ces cancers.

A cancer complexe, outils de recherche de pointe et multiples

Les dernières connaissances acquises en terme de biologie du cancer du pancréas révèlent sa très grande complexité. La recherche doit donc appréhender tout un ensemble de problématiques pour développer des stratégies thérapeutiques plus précises et plus efficaces.

Tout d’abord, si les matériaux d’étude (culture de cellules tumorales prélevées chez les patients, reproduction de tumeurs in vitro ou in vivo), à disposition des chercheurs sont très diversifiés et très à la pointe (présentation de Nelson Dusetti de Marseille), aucun modèle n’est suffisamment représentatif pour récapituler à lui seul la complexité du cancer pancréas. La recherche doit donc compter avec une série d’outils d’étude qu’elle doit compiler et croiser.

L’ouverture de nouvelles pistes pour améliorer les stratégies thérapeutiques

Ensuite, les recherches menées par plusieurs équipes en France (huit interventions1) pour identifier les mécanismes cancéreux clés impliqués dans la progression et la résistance du cancer du pancréas ont été fructueuses. Les résultats obtenus mettent en lumière des processus cancéreux jusqu’alors peu explorés révélant l’adaptabilité des cellules cancéreuses en milieu hostile (cf. forte densité du pancréas, peu vascularisé, pauvre en oxygène et en nutriments…) et comment elles détournent le fonctionnement de leur microenvironnement 2 à leur avantage. Ce seront autant d’indicateurs et de cibles potentielles à prendre en compte dans le développement de stratégies thérapeutiques.

Changer de paradigme d’étude

Les données d’analyse moléculaire, présentées par le professeur Andrew Biankin (Glasgow) révèlent l’existence dans les tumeurs de plusieurs types de cellules pancréatiques cancéreuses que l’on peut classer en sous-groupes apparentés. Il invite à étudier l’impact des mécanismes cancéreux évoqués ci-dessus pour chacun de ces sous-groupes. Cette nouvelle approche pourrait de manière plus fine mettre en lumière des stratégies de progression tumorale et de résistance aux traitements.

Des premières percées cliniques

Portés par l’espoir de mieux prendre en charge leurs patients, 7 médecins1 présents à cette journée ont initié en France le développement de stratégies thérapeutiques très innovantes dont certaines ont même donné de premiers résultats de faisabilité et d’efficacité dans le cadre d’essais cliniques de phase précoce. Sur le plan international, un espoir est apporté par les résultats encourageants de premiers essais chez les patients d’une thérapie ciblée. Celle-ci est conçue pour agir sur une anomalie moléculaire peu fréquente [DPG1] mais dont le développement pourrait en inspirer d’autre[DPG1] [DPG1] s.

Une recherche à piloter en mode collectif utra-vigilant     

Comment organiser les recherches pour faire face à l’urgence tout en tenant compte de la complexité du cancer du pancréas ? Le docteur Anirban Maitra (Houston) a présenté un retour d’expérience sur 20 ans de recherche. Le cancer du pancréas est un grand défi, qui selon lui nécessite un travail de recherche à plusieurs équipes, pluridisciplinaire et collaboratif, incluant un réseau de cliniciens et une direction bicéphale. Sur le choix des projets, il recommande en particulier d’orienter la recherche en se basant sur deux indicateurs clés :

- les données observées chez les patients,   
- la possibilité d’un transfert rapide du projet à la prise en charge des patients.

Le professeur Eric Solary, président du Conseil scientifique de la Fondation ARC a conclu cette journée en indiquant que les échanges fructueux devraient permettre à la Fondation ARC de dessiner les contours d’une nouvelle action scientifique tenant compte de ces acquis des recherches fondamentales et translationnelles.

Je souhaite consulter le contenu scientifique (non vulgarisé) de cette journée.[DPG1] 

 

1 Les intervenants :

• Pascal HAMMEL - Hôpital Paul Brousse, Villejuif

• Nelson DUSETTI - Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille

• Juan IOVANNA - Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille

• Núria MALATS - Spanish National Cancer Research Centre, Madrid

• David BERNARD - Centre de Recherche Léon Bérard, Lyon

• Juan IOVANNA - Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille

• Alice CARRIER - Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille

• Corinne BOUSQUET - Centre de Recherche en Cancérologie de Toulouse

• Sophie VASSEUR - Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille

•Andrew BIANKIN - Institute of Cancer Sciences, Glasgow

• Louis BUSCAIL - Centre de Recherche en Cancérologie de Toulouse

• Florence LE CALVEZ-KELM - International Agency for Research on Cancer, Lyon

• Jérôme CROS - Hôpital Beaujon, Clichy

• Catherine ALIX-PANABIÈRES - CHU Montpellier

• Pierre CORDELIER - Centre de Recherche en Cancérologie de Toulouse

• Julie GUILLERMET-GUIBERT - Centre de Recherche en Cancérologie de Toulouse

• François GHIRINGHELLI - Centre Georges-François Leclerc, Dijon

• Christel LARBOURET - Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier

• Salem CHOUAIB - Gustave Roussy, Villejuif

• Matthias LÖHR - Karolinska Institute, Stockholm

• Pascal HAMMEL - Hôpital Paul Brousse, Villejuif

• David MALKA - Gustave Roussy, Villejuif

• Cindy NEUZILLET – Institut Curie, Saint-Cloud

• Anirban MAITRA - MD Anderson Cancer Center, Houston

 

Avec la participation en tant que modérateurs de :

 

• Éric SOLARY

• Fabrice ANDRE

• Gilbert LENOIR

• Fabien CALVO

 

 

2 Le microenvironnement des cellules pancréatiques cancéreuses est notamment composé d’un tissu de soutien nourricier (les fibroblastes), de cellules immunitaires, d’éléments nutritifs et de vaisseaux sanguins.


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