Pourquoi est-il difficile d’arrêter de fumer ?
La dépendance au tabac est la principale difficulté que rencontre un fumeur lorsqu’il décide de s’arrêter. Celle-ci peut s’exprimer sur le plan physique et/ou comportemental.
01 septembre 2024 Dernière mise à jour : 11-09-2026
Les rechutes après une tentative de sevrage surviennent souvent pour les mêmes raisons : persistance de la dépendance physique, prise de poids, difficultés à gérer des situations de stress aigu ou chronique, pression sociale, perte de motivation, consommation de café ou d’alcool… Une adaptation des habitudes de vie est donc nécessaire pour surmonter ces difficultés en sachant que plus le temps passe, plus le risque de rechute diminue. Les anciens fumeurs ont le plus souvent effectué plusieurs tentatives avant de se sevrer définitivement.
La dépendance physique est liée principalement à la nicotine contenue dans le tabac. Cette molécule, présente dans la fumée inhalée, passe rapidement dans le sang puis au niveau du cerveau où elle se fixe pour provoquer une sensation de plaisir et de détente, ce qui va provoquer rapidement une addiction. Quand le taux de nicotine dans le sang diminue, des sensations de manque apparaissent : nervosité, agitation, agressivité, anxiété, besoin de manger, envie compulsive de fumer…
Lors du sevrage tabagique, ces symptômes sont importants les premiers jours mais s’estompent rapidement pour disparaître après quelques semaines. Par ailleurs, ils peuvent être évités en utilisant des traitements adaptés.
La dépendance comportementale est le plus souvent due aux habitudes de vie et à la façon dont le tabac s’inscrit dans le quotidien : la cigarette qui accompagne la fin d’un repas, une pause ou un appel téléphonique, par exemple. Elle nécessite de revisiter certains automatismes pour en changer, ce qui peut demander du temps. Des méthodes existent pour aider aux changements comme la thérapie cognitivo-comportementale.
Le risque de dépression est élevé en population générale. En 2021, 12,5 % des personnes âgées de 18 à 85 ans déclaraient un
épisode dépressif au cours des douze derniers mois (tristesse quotidienne pendant au moins deux semaines, perte d’intérêt et de plaisir pour les activités, grande fatigabilité, perte de confiance en soi…).
Chez les personnes qui fument, ce risque est multiplié par deux et le risque de reprise du tabac est plus élevé. L’hypothèse la plus probable est celle de facteurs de risques communs au tabagisme et à la dépression, d’ordre génétique et/ou psychologique, et environnemental. Chez les sujets ayant des antécédents de dépression ou n’étant pas stabilisés sur le plan de l’humeur, il est donc utile de se faire accompagner médicalement dans sa démarche de sevrage.
En outre, les symptômes du sevrage peuvent inclure une humeur dépressive, des insomnies, ou encore de l’anxiété. Ces manifestations disparaissent normalement après quelques semaines. Si des symptômes dépressifs consécutifs à l’arrêt s’installent durablement, il est recommandé de consulter un médecin.
Références
Ce dossier a bénéficié du concours du Dr Anne Stoebner-Delbarre, présidente du groupe oncoaddiction Unicancer, administratrice de la Société francophone de tabacologie (SFT), responsable de l’unité d’onco-addiction et de l’ELSA au département des soins de support de l’Institut du cancer de Montpellier (ICM).