La chimiothérapie dans le traitement du cancer colorectal

La chimiothérapie consiste à administrer au malade un ou plusieurs médicaments destinés à détruire les cellules cancéreuses.

01 avril 2022 Dernière mise à jour : 08-04-2026

La chimiothérapie consiste à administrer au malade un ou plusieurs médicaments destinés à détruire les cellules cancéreuses. Elle peut être prescrite à tous les stades de la maladie, hormis pour les cancers in situ qui sont traités par la chirurgie. Pour les tumeurs plus évoluées, elle est recommandée après la chirurgie dans le but de réduire le risque de récidive : on parle de chimiothérapie adjuvante.

Enfin, pour les cancers colorectaux métastasés, la chimiothérapie est systématiquement prescrite, que ce soit avant une première opération chirurgicale afin de la faciliter ou à la place de la chirurgie lorsque celle-ci n’est pas envisageable.

Les médicaments de chimiothérapie classique et leur mode d'administration

Les médicaments de chimiothérapie classique ou conventionnelle dits « cytotoxiques » agissent sur les mécanismes de la division cellulaire. Les plus fréquemment utilisés sont :

  • le 5-fluoro-uracile ou 5-FU (voie intraveineuse) ;
  • la capécitabine ou Xéloda® (voie orale) ;
  • l’oxaliplatine ou Eloxatine® (voie intraveineuse ) ;
  • l’irinotécan ou Campto® (voie intraveineuse ) ;
  • le trifluridine/tipiracil ou Lonsurf® (voie orale).

Les médicaments de chimiothérapie conventionnelle du cancer du côlon et du rectum sont administrés en cures de plusieurs jours, espacées chacune de plusieurs jours ou semaines.

Lorsque c’est possible, les cures de chimiothérapie par intraveineuse sont réalisées en ambulatoire (sans nécessité de nuitée à l’hôpital) : le patient reste dans la structure de soins en hôpital de jour pour une demi-journée puis retourne à domicile jusqu’à la prochaine cure.

Pour faciliter l’administration des traitements injectables, il est généralement proposé au patient la pose d’une chambre implantable : ce petit boîtier, implanté sous la clavicule lors d’une rapide intervention, est relié à une veine. Cela permet aux infirmières d’injecter directement les traitements dans le boîtier sans avoir à piquer les veines à chaque administration.

Les médicaments par voie orale permettent aux patients de prendre leur traitement chez eux. C’est plus confortable pour les patients qui évitent ainsi le trajet et le séjour à l’hôpital, mais c’est parfois pour eux plus inquiétant de ne pas être pris en charge en milieu médical. De nombreux centres de lutte contre le cancer disposent donc de « pôles de chimiothérapie orale ». Leurs équipes contactent régulièrement par téléphone et accueillent sur place les patients afin de vérifier si le traitement se passe bien. Le patient doit suivre rigoureusement les modalités de prises indiquées par le médecin.

Les effets secondaires de la chimiothérapie

Les effets secondaires de la chimiothérapie dépendent des médicaments utilisés. Ils sont en règle générale modérés. Si les chimiothérapies sont de mieux en mieux tolérées, c’est parce que le traitement s’accompagne aujourd’hui de l’administration de médicaments prévenant ou limitant les effets secondaires tels que les vomissements. Ainsi, des antinauséeux puissants sont systématiquement associés à la chimiothérapie conventionnelle en particulier lors de l’utilisation d’oxaliplatine ou d’irinotécan.

Certaines chimiothérapies, notamment l’irinotécan, entraînent un risque de diarrhées importantes durant les cures : une prescription d’antidiarrhéiques, des mesures diététiques (régime pauvre en fibres privilégiant le riz, les pâtes, les fruits cuits…) des pansements intestinaux ou des ralentisseurs du transit amélioreront les troubles durant la période de traitement.

Des mucites ou des stomatites, qui sont des inflammations de la bouche et des muqueuses du tube digestif, peuvent survenir après un traitement par le 5-FU ou la capécitabine. Des bains de bouche à base de bicarbonate de sodium peuvent être prescrits.

Des fourmillements au niveau des doigts et des orteils, parfois invalidants et prolongés, sont observés lors de l’administration d’oxaliplatine. En début de traitement, ces manifestations sont surtout liées au contact d’objets froids. Avec la répétition des cures, elles peuvent devenir permanentes, imposant alors l’arrêt de l’injection d’oxaliplatine.

La production de certaines cellules sanguines (globules blancs et rouges) peut être diminuée, surtout à la suite d’un traitement comportant l’oxaliplatine et l’irinotécan. Ces effets sont révélés par une analyse sanguine, mais aussi par des symptômes comme une fièvre de plus de 38°C, des frissons ou un essoufflement. Ils régressent généralement spontanément. Dans certains cas, il est nécessaire de prescrire des médicaments stimulant la moelle osseuse pour permettre la récupération de globules blancs entre deux cures.

Des problèmes de peau comme des rougeurs, des gonflements ou des cloques peuvent survenir, notamment au niveau des pieds et des mains avec des traitements par le 5-FU et la capécitabine. L’hydratation de la peau et des bains réguliers en limiteront l’ampleur. Les chutes de cheveux sont plutôt rares avec les chimiothérapies du cancer colorectal mais possibles. Elles sont réversibles à l’arrêt du traitement.

Fiche : Soigner un cancer par chimiothérapie
Fiche
Comprendre et agir
Fiche Chimiotherapie Si 1
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Ce dossier a bénéficié du concours du Dr Maximilien Héran, oncologue médical à l’Hôpital Saint-Antoine, Paris.