Les stades du cancer de la prostate
Le système de stadification du cancer de la prostate permet de classer la tumeur et d’évaluer son développement. Connaître le stade du cancer permet d'évaluer son extension dans l'organisme et d'orienter la stratégie de traitement. En fonction du stade et de l’évolution de la maladie, l’espérance de vie varie. La Fondation ARC répond à toutes vos questions pour en savoir plus sur les stades du cancer de la prostate.
04 décembre 2025 Dernière mise à jour : 29-07-2026
Comment définit-on le stade du cancer de la prostate ?
Le stade du cancer de la prostate est établi à partir de plusieurs informations recueillies lors du bilan diagnostique. Ces critères permettent d’évaluer l’étendue de la maladie et le niveau d’agressivité de la tumeur, avant d’être combinés pour orienter la stratégie de traitement.
La classification TNM
La classification TNM est un système international utilisé pour décrire l’extension des cancers. Elle repose sur trois critères principaux :
- Le T (pour tumeur) indique la taille de la tumeur principale et son extension locale ;
- Le N (pour nœuds lymphatiques) signale la présence de cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques voisins ;
- Le M (pour métastases) permet de savoir si le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps.
Chaque critère est accompagné d’un chiffre ou d’une lettre pour préciser le degré d’évolution du cancer. Par exemple, le critère T se décline en 4 stades, du moins au plus avancé :
- T1 : la tumeur n’est ni palpable au toucher rectal, ni visible à l’imagerie ;
- T2 : la tumeur est détectable, mais reste limitée à la prostate ;
- T3 : la tumeur s’est étendue au-delà de la prostate, notamment vers les vésicules séminales ;
- T4 : la tumeur atteint des organes voisins (vessie, rectum, paroi pelvienne).
Le critère N distingue simplement l’absence (N0) ou la présence (N1) de cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques proches.
Le critère M distingue de la même façon l’absence (M0) ou la présence (M1) de métastases à distance (1).
Le score de Gleason et le groupe ISUP
Le score de Gleason est établi à partir de l’analyse des prélèvements réalisés lors des biopsies de la prostate et des examens d’imagerie. Il évalue le degré de différenciation des cellules cancéreuses : plus le score est élevé, plus les cellules sont différentes des cellules normales et la tumeur agressive.
On distingue globalement cinq groupes de tumeurs :
- les tumeurs localisées à faible risque : ce sont des tumeurs peu agressives (score de Gleason≤6) touchant un seul lobe prostatique, de très petites tailles et associées à un taux de PSA faible (<10 ng/ml). Leur évolution est lente et l’impact sur l’espérance de vie à court/moyen terme extrêmement faible.
- les tumeurs localisées à risque intermédiaire : ce sont des tumeurs moyennement agressives (score de Gleason≤7) ou restant localisées à un seul lobe, ou encore associées à un taux de PSA moyen (10-20 ng/ml) ;
- les tumeurs localisées à haut risque : il s’agit de tumeurs agressives (score de Gleason>7) ou étendues à plusieurs lobes prostatiques, ou encore associées à un taux de PSA élevé (>20 ng/ml) ;
- les cancers localement avancés : il s’agit des tumeurs ayant franchi la capsule prostatique ou les ganglions pelviens ;
- les cancers métastatiques.
Le groupe ISUP, qui a progressivement remplacé le score de Gleason dans la pratique clinique, reclasse ce résultat en cinq groupes pronostiques plus simples à interpréter, allant du groupe 1 (le moins agressif) au groupe 5 (le plus agressif). Ce classement aide les médecins à adapter la prise en charge selon le risque d’évolution (1).
Quels sont les différents stades du cancer de la prostate ?
Stade 1
Le cancer est souvent découvert avant l’apparition des premiers symptômes. Il est limité à la prostate et n’est visible qu’au microscope. La tumeur est généralement de petite taille et le taux de PSA est bas.
Stade 2
Le cancer est toujours localisé au niveau de la prostate, mais la tumeur est plus grande et peut être détectée par un examen physique ou des tests d’imagerie. Environ 80 % des cancers de la prostate sont diagnostiqués alors qu’ils sont encore localisés à la prostate (2). Le taux de PSA est plus élevé qu’au stade 1. Aucun envahissement des ganglions ni aucune métastase n’est observé(e).
Stade 3 (localement avancé)
Le cancer s’est étendu au-delà de la prostate et atteint les tissus voisins comme les vésicules séminales. Le taux de PSA est significativement élevé. En revanche, il n’existe pas de métastases à distance.
Stade 4 (métastatique)
Le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps, comme les ganglions lymphatiques, les os ou d’autres organes. C’est le stade le plus avancé, avec un taux de PSA très élevé.
L’espérance de vie varie d’un cas à l’autre et de la prise en charge, mais elle est principalement déterminée par le stade du cancer de la prostate.
Comment est déterminé le stade d’un cancer de la prostate ?
Le médecin réalise d’abord un interrogatoire, un examen clinique comprenant un toucher rectal et un dosage sanguin du PSA. Une IRM prostatique permet ensuite de préciser la localisation et l’extension de la tumeur au sein de la prostate.
Une biopsie prostatique est réalisée afin de confirmer le diagnostic. Leur analyse permet notamment de déterminer le score de Gleason et le groupe ISUP.
Lorsque cela est nécessaire, un bilan d’extension recherche une éventuelle propagation du cancer. Il peut comprendre différents examens d’imagerie, comme une scintigraphie osseuse ou de nouvelles techniques d’imageries moléculaires comme le PET SCAN (PET IRM à la choline ou au PSMA).
Quels sont les traitements en fonction du stade ?
Le choix du traitement du cancer de la prostate dépend du stade, mais aussi de son agressivité, de l’âge du patient, de son état de santé général et de ses préférences.
Pour les cancers localisés à faible risque, une surveillance active peut être proposée. D’autres situations peuvent justifier une chirurgie, une radiothérapie, une hormonothérapie ou l’association de plusieurs traitements.
Références
Cet article a été rédigé à partir du dossier réalisé avec le concours du Pr Alexandre de la Taille, chirurgien urologue, responsable du Département d’urologie du CHU Mondor à Créteil.
- (1) AFU – Tumeurs de la prostate IC-310. Consulté sur https://www.urofrance.org/wp-content/uploads/2024/04/310-Tumeurs-de-la-prostate-%E2%80%94-LiSA.pdf
- (2) INCa – Le cancer de la prostate. Consulté sur https://www.cancer.fr/professionnels-de-sante/statistiques-et-chiffres-sur-les-cancers/epidemiologie-des-cancers/cancer-de-la-prostate