Quelles sont les causes connues du cancer de la thyroïde ?

Plusieurs facteurs, y compris certains encore inexpliqués à ce jour, pourraient contribuer au développement d’un cancer de la thyroïde. Les irradiations accidentelles et médicales, en particulier pendant l’enfance, sont des facteurs de risque environnementaux reconnus de la maladie. Certaines anomalies génétiques et certaines maladies de la thyroïde prédisposent également à ce cancer.

01 juillet 2026 Dernière mise à jour : 07-08-2026

L'exposition aux rayonnements ionisants

L’exposition à la radioactivité est le principal facteur de risque de cancers de la thyroïde, majoritairement papillaires.

Les rayonnements dus à des guerres, essais et accidents de centrales nucléaires

Suite aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki (Japon) en 1945 et après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, une augmentation importante du nombre de cas de cancers de la thyroïde a été observée parmi les populations locales. Ces cancers sont apparus plusieurs années, voire des dizaines d’années après l’irradiation. Ces deux événements ont montré que le risque de cancer de la thyroïde était d’autant plus important que la dose de rayonnements reçue était élevée et que l’âge des personnes était jeune. Les moins de 20 ans, a fortiori les enfants de moins de 10 ans, ont ainsi été les plus touchés.

De même, le risque de développer un cancer de la thyroïde apparaît légèrement augmenté chez les habitants de la Polynésie française, territoire sur lequel des essais nucléaires ont été réalisés entre 1966 et 1974. Selon l’Inserm, ces essais nucléaires pourraient être responsables de 2,3 % de l’ensemble des cancers de la thyroïde dans ces populations.

Un effet Tchernobyl en France ?

L’augmentation du nombre de cas de cancers de la thyroïde qui a été observée ces dernières années en France peut-elle être liée aux retombées de l’accident de Tchernobyl de 1986 ? Selon les conclusions de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et de l’Institut de veille sanitaire (InVS), cette hypothèse est peu probable. Il apparaît, en effet, que le nombre de nouveaux cas avait commencé à augmenter avant l’accident de Tchernobyl. Par ailleurs, l’Alsace, région la plus exposée aux retombées du nuage radioactif, est celle où les cancers de la thyroïde sont les moins nombreux. Sur les 2,3 millions d’enfants de moins de 15 ans pris en compte sur 25 ans, entre 7 et 55 cas supplémentaires pourraient être attribuables aux retombées radioactives de l’accident, ce qui n’est pas significatif d’un point de vue épidémiologique. De fait, les doses reçues en France sont 100 fois moins élevées que celles reçues par les enfants de Biélorussie.

L’« effet dépistage »

Par ailleurs, plus récemment, il semble que la hausse des tumeurs thyroïdiennes observée dans la préfecture de Fukushima après l’accident de la centrale nucléaire en 2011 serait associée à l’effet du dépistage plutôt qu’à celui des rayonnements en eux-mêmes.

Selon les experts, l’augmentation  du nombre de cas de cancers thyroïdiens observée au cours de ces dernières décennies serait plutôt liée à la modification des pratiques médicales. Grâce aux examens d’imagerie actuels, il est en effet aujourd’hui possible de repérer des tumeurs de petite taille qui seraient autrefois restées « invisibles » ou n’auraient pas évolué.

Les rayonnements médicaux

L’exposition aux rayonnements utilisés en radiothérapie pour traiter un cancer de la tête et du cou augmente le risque de cancer de la thyroïde. Le niveau de risque dépend de la dose de rayonnement reçue et de l’âge : là encore, il est plus élevé pour les enfants et adultes jeunes que pour les adultes plus âgés.

Brochure : Les cancers de la thyroïde
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Les prédispositions génétiques et familiales

Environ 10 à 25 % des carcinomes médullaires de la thyroïde sont d’origine génétique et héréditaire. Ainsi, le syndrome de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEM 2), causé par une mutation du gène RET, touche environ 1 personne sur 30 000 et peut être transmis de parent à enfant. La plupart des personnes atteintes de ce syndrome développent un carcinome médullaire de la thyroïde. Elles peuvent également développer des tumeurs de la surrénale (phéochromocytome) ou des parathyroïdes.

En pratique, les mutations germinales (ou héréditaires) de RET sont systématiquement recherchées lorsqu’un cancer médullaire de la thyroïde est diagnostiqué. Si le patient est porteur de la mutation, une surveillance et/ou une prise en charge spécifique sont proposées au patient ainsi qu’à ses parents et enfants.

D’autres syndromes génétiques rares peuvent augmenter les risques de carcinomes folliculaires ou vésiculaires de la thyroïde, comme le syndrome de Cowden lié à la mutation du gène PTEN ou la polypose adénomateuse familiale associée à une mutation du gène APC.

Enfin, le risque de cancer de la thyroïde peut être augmenté en cas de cancer de la thyroïde dans la famille (parent, frère, sœur ou enfant) sans qu’il y ait une prédisposition génétique héréditaire précisément identifiée.

Brochure : Cancer et hérédité
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La carence en iode

L’iode est un micronutriment crucial pour la synthèse des hormones thyroïdiennes. La carence en iode perturberait le fonctionnement de la TSH et augmenterait le risque d’hyper- et d’hypothyroïdie, de nodules de la thyroïde et de goitre, eux-mêmes facteurs de risque de cancer de la thyroïde. Elle est aujourd’hui rarissime en France, car la population bénéficie d’un apport suffisant en iode par l’alimentation et le sel de table iodé.

Références

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Julien Hadoux, oncologue médical à Gustave Roussy (Villejuif).