Cancer de l'estomac : quel taux de survie ?
En France, le cancer de l'estomac, aussi appelé cancer gastrique, est l’un des cancers digestifs les plus fréquents. Chaque année, 6 557 nouveaux cas sont diagnostiqués pour environ 4 272 décès (1). Son pronostic varie avec des différences importantes selon le stade de la maladie au moment du diagnostic, le type de tumeur et l'état général du patient.
05 août 2026 Dernière mise à jour : 05-08-2026
Quel est le taux de survie nette à 5 ans du cancer de l'estomac ?
La survie nette d’un cancer de l’estomac est estimée à 31 % à 5 ans après le diagnostic pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015, contre 25 % à 5 ans pour celles diagnostiquées en 1990, soit une amélioration de 6 points en 25 ans (1).
Cette survie nette isole spécifiquement la mortalité liée au cancer de l’estomac, écartant les décès dus à d’autres causes. Elle est par ailleurs systématiquement plus élevée chez la femme que chez l’homme, quel que soit l’âge au diagnostic (1).
Survie selon le stade de la maladie
Le stade au diagnostic est le facteur pronostique le plus déterminant du cancer de l’estomac. Lorsque la tumeur est détectée à un stade précoce, limitée à la muqueuse ou à la sous-muqueuse (stade T1), le pronostic est excellent : les taux de survie à cinq ans dépassent 95 % après traitement, notamment par résection chirurgicale ou endoscopique (2). C’est pourquoi le dépistage précoce du cancer de l’estomac, en particulier chez les personnes à risque (infection à Helicobacter pylori, antécédents familiaux de cancer gastrique), joue un rôle essentiel.
En France, moins de 7 % des cancers gastriques sont diagnostiqués à ce stade précoce (2), notamment parce que la maladie reste longtemps asymptomatique ou ne provoque que des symptômes peu spécifiques, facilement confondus avec des troubles digestifs bénins. Ce diagnostic tardif explique en grande partie le pronostic globalement réservé du cancer de l’estomac dans les pays occidentaux.
À un stade plus avancé, lorsque la tumeur a atteint les ganglions lymphatiques voisins ou s’est propagée à d’autres organes, le pronostic devient plus réservé et la prise en charge associe généralement chirurgie, chimiothérapie et parfois immunothérapie ou thérapies ciblées, selon les caractéristiques de la tumeur
Facteurs de pronostic du cancer de l'estomac
Au-delà du stade, plusieurs éléments propres à la tumeur et au patient influencent l’évolution du cancer de l’estomac.
Les caractéristiques moléculaires de la tumeur
Selon le profil moléculaire de la tumeur, le pronostic va se préciser et permettre d’envisager des traitements spécifiques. Par exemple la surexpression de la protéine HER2, présente dans 15 à 20 % des cancers de l’estomac (3), permet l’accès à une thérapie ciblée. De même, le statut MSI (instabilité microsatellitaire) peut orienter vers une immunothérapie.
L’état général du patient
L’état de santé général au moment du diagnostic conditionne les traitements pouvant être proposés, notamment la possibilité de recourir à une chirurgie ou à une chimiothérapie intensive. Chez les personnes de plus de 70 ans atteintes d’un cancer de l’estomac, une évaluation gériatrique spécifique est recommandée pour adapter au mieux la prise en charge.
L’âge au diagnostic
La survie nette diminue avec l’âge : elle passe de 36 % à 5 ans pour les personnes diagnostiquées à 50 ans à 24 % pour celles diagnostiquées à 80 ans (1). Cet écart s’explique en grande partie par une surmortalité plus marquée dans les semaines suivant le diagnostic chez les patients les plus âgés, la prise en charge (chirurgie, chimiothérapie intensive) étant davantage conditionnée par l’état général que par l’âge seul au-delà de 70 ans.
Vivre avec et après un cancer de l'estomac
Au-delà du stade et des facteurs pronostiques, la qualité de vie et le pronostic des patients atteints d’un cancer de l’estomac dépendent aussi de l’accompagnement proposé pendant et après les traitements. Les soins de support (accompagnement nutritionnel, psychologique, gestion de la douleur et de la fatigue) jouent un rôle reconnu dans la prise en charge globale de la maladie.
Questions fréquentes
Quel est le taux de survie à 5 ans d’un cancer de l’estomac ?
En France, environ 3 personnes sur 10 diagnostiquées entre 2010 et 2015 sont toujours en vie 5 ans après le diagnostic. Un chiffre en progression par rapport aux personnes diagnostiquées en 1990 (1).
L’âge influence-t-il les chances de survie ?
Oui. Plus l’âge au diagnostic est élevé, plus la survie à 5 ans diminue, notamment parce que le risque de décès est plus important dans les toutes premières semaines suivant le diagnostic chez les patients âgés (1).
Qu’est-ce que le statut HER2?
Le statut HER2 est présent dans environ 15 à 20 % des cancers de l’estomac (3). Retrouver cette anomalie permet d’affiner le pronostic et d’envisager une thérapie ciblant la protéine HER2.
Pourquoi le cancer de l’estomac est-il souvent diagnostiqué à un stade avancé ?
Ses signes sont discrets ou absents au début, et ressemblent à des troubles digestifs courants (ballonnements, gêne après les repas). C’est ce qui retarde fréquemment la consultation et explique qu’à peine 1 cas sur 15 soit détecté à un stade précoce en France (2).
Combien de temps peut-on vivre avec un cancer de l’estomac à un stade avancé ?
Le pronostic dépend fortement du stade : au stade métastatique, la prise en charge (chimiothérapie, parfois immunothérapie ou thérapies ciblées) vise avant tout à ralentir la progression de la maladie et à préserver la qualité de vie plutôt qu’à obtenir une rémission complète.
Références
Cet article a été rédigé à partir du dossier « Les cancers de l’estomac » réalisé avec le concours du Pr Julien Taieb et du Pr Aziz Zaanan, gastro-entérologues et oncologues digestifs à l’Hôpital européen Georges Pompidou (Paris).
Sources :
- Santé Publique France – Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018 – Estomac. Consulté sur https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/373344_spf00002680.pdf
- Haute Autorité de Santé – Traitement endoscopique par dissection sous-muqueuse des cancers superficiels de l’estomac. Consulté sur https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2018-12/rapport_dsm_estomac_vd.pdf
- Arcagy/InfoCancer – Anti-HER2. Consulté sur https://www.arcagy.org/infocancer/traitement-du-cancer/th-rapies-cibl-es-bioth-rapies/les-inhibiteurs-des-facteurs-de-croissance/de-la-proteine-her.html/