Vivre avec et après un cancer de l'estomac
Dès l’annonce de la maladie, le patient atteint d’un cancer gastrique peut bénéficier de soins de support qui lui permettront de mieux accepter la maladie et supporter les traitements. Ce sera ainsi plus facile d’appliquer les changements de mode de vie nécessaires, notamment nutritionnels. Une surveillance du cancer traité sera ensuite mise en place.
01 avril 2024 Dernière mise à jour : 24-04-2026
Les soins de support
Les soins dits « de support » représentent tous les soins et soutiens nécessaires aux personnes malades pendant et après la maladie, en plus des traitements contre le cancer lui-même.
Dans le cadre du cancer de l’estomac, ils sont reconnus très importants pour le bien-être du patient, pendant et après sa prise en charge hospitalière. De plus, des études ont montré que les soins de support pouvaient également augmenter la survie du cancer de l’estomac. Parmi les soins de support les plus importants dans la prise en charge du cancer gastrique figurent la prise en charge psychologique, la prise en charge nutritionnelle et le soulagement de certains symptômes liés à la maladie.
Le soutien psychologique
L’annonce d’un cancer constitue un traumatisme pour le patient et ses proches. En parler peut aider à accepter la maladie. Un soutien émotionnel permet au patient de ne pas perdre pied et de limiter les baisses de moral. Cela contribue à améliorer sa qualité de vie et à mieux adhérer aux traitements contre le cancer, ce qui augmente leur efficacité. Pour s’impliquer pleinement dans sa prise en charge, le patient devrait être entouré de ses proches et du personnel soignant. L’important est qu’il puisse exprimer ses inquiétudes et trouver des réponses à ses questions.
Cependant, un soutien spécialisé par un psychologue ou un psycho-oncologue est généralement proposé au sein de l’établissement prenant en charge le patient. Ces professionnels ont la formation et l’expérience nécessaires pour écouter et épauler les patients atteints de cancer et leur entourage dans l’objectif de soulager leurs souffrances émotionnelles.
Ce suivi psychologique est précieux pour le malade tout au long de la prise en charge, mais aussi après les traitements, au retour à une vie « normale » : la fin du soutien constant de l’équipe hospitalière et des proches peut parfois occasionner du désarroi chez le patient.
Très actives, elles proposent des permanences téléphoniques et des groupes d’échange offrant aux patients ou leurs proches l’occasion de dialoguer avec des personnes touchées directement ou indirectement par le cancer. Elles leur permettent d’obtenir de nombreuses informations pratiques, mais aussi se de sentir compris, soutenus et encouragés.
Le soulagement des douleurs
Les douleurs rencontrées par un patient atteint d’un cancer de l’estomac peuvent être liées à l’emplacement de la tumeur (qui appuierait sur une zone sensible), aux suites de la chirurgie ainsi qu’aux effets indésirables de certaines chimiothérapies ou thérapies ciblées.
Toujours prise en compte et régulièrement évaluée par l’équipe soignante, la douleur liée au cancer et à ses traitements doit nécessairement être soulagée pour améliorer le bien-être du patient. Médicaments, radiothérapie, médecines complémentaires… le médecin détermine le traitement approprié de la douleur du patient en fonction du ressenti du patient et de son état de santé.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
La prise en charge nutritionnelle
Avant même de commencer les traitements du cancer de l’estomac, l’état nutritionnel du patient est évalué (alimentation, poids…), notamment pour corriger toute dénutrition. Prévoir des interventions telles qu’une supplémentation en nutriments permettront au patient de garder ses forces et un bon poids. Par la suite, un diététicien suivra l’état nutritionnel du patient pendant et après les traitements et l’aidera à mettre en place les principes d’alimentation adéquats en fonction de sa situation. Ce professionnel de santé peut apporter tous les renseignements utiles pour que le patient sache comment adapter lui-même, à long terme, ses habitudes alimentaires et son hygiène de vie. Si le médecin ou un diététicien soupçonne des carences nutritionnelles ou un risque important de dénutrition chez son patient, il pourra être orienté vers un nutritionniste qui recommandera une adaptation de l’alimentation et/ou une supplémentation en nutriments (protéines, minéraux, vitamines…), voire prescrira une alimentation par sonde directement dans le tube digestif (nutrition entérale) ou par voie intraveineuse (nutrition parentérale). Dans tous les cas, les patients ayant subi une gastrectomie totale sont supplémentés en vitamine B12 afin de prévenir la diminution du nombre de globules rouges.
La gestion des troubles digestifs : conseils
L’oncologue, le nutritionniste, le diététicien et les infirmières de l’équipe soignante peuvent participer à la gestion des troubles digestifs apparaissant à la suite de la détection d’un cancer de l’estomac et ses traitements. Après une gastrectomie, il est tout à fait possible de vivre sans estomac ou avec seulement une partie de l’estomac.
- Dans le cas d’une gastrectomie partielle, le volume de l’estomac est plus petit. Les quantités d’aliments pouvant être ingérées sont donc moins importantes. En conséquence, le patient perd du poids durant les premiers mois, après lesquels il se stabilise. De plus, l’acidité gastrique peut remonter dans l’œsophage et provoquer un reflux gastro-œsophagien. Si celui-ci est gênant ou douloureux, un traitement spécifique peut être proposé.
- Dans le cas d’une gastrectomie totale, les aliments passent dans l’intestin grêle sans avoir été totalement transformés par les sucs gastriques. Cela peut entraîner un ensemble de symptômes appelé « syndrome de chasse » ou dumping syndrome : une lourdeur après les repas, des nausées, des diarrhées, des douleurs abdominales ou encore des vertiges, des sueurs ou des palpitations. Manger en position semi-allongée et limiter les aliments très sucrés peuvent atténuer ces manifestations.
D’une façon générale, il faut manger lentement en mastiquant suffisamment. Le volume de chaque repas doit être réduit et compensé par un plus grand nombre de repas ou d’en-cas afin de limiter la perte en poids. Au total, six à huit prises alimentaires quotidiennes sont recommandées. Il est préférable de boire en dehors des repas ; en effet, boire pendant les repas peut entraîner une sensation de satiété plus rapide et limiter les quantités de nourriture consommées. Par ailleurs, il faut éviter les repas trop épicés ou trop gras, plus difficiles à digérer.
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Les solutions aux problèmes de déglutition ou de vidange gastrique
Un trouble de la déglutition (dysphagie) invalidant dû à une tumeur située au niveau de la jonction œsogastrique peut être traité par la mise en place d’un stent métallique ou synthétique qui maintient la zone ouverte et facilite le passage des aliments. Les inconforts liés au rétrécissement ou à l’obstruction de la sortie de l’estomac, au niveau du pylore, peuvent aussi être soulagés par un stent ou une chirurgie. En cas de lésion hémorragique, une radiothérapie à visée hémostatique (pour arrêter les saignements) peut être proposée.
La fatigue
Les traitements du cancer de l’estomac, en particulier les chimiothérapies qui sont souvent lourdes, induisent très souvent de la fatigue. Cette fatigue peut être importante et ressentie pendant et après la fin des traitements. L’équipe soignante qui prend en charge le patient peut aider celui-ci à réduire les effets de la fatigue sur son quotidien, notamment par des conseils nutritionnels et pratiques.
Le patient doit aussi pouvoir se reposer : un séjour en maison de convalescence peut être prescrit par le médecin à la suite des traitements. Concernant la vie professionnelle, le patient doit pouvoir aménager son emploi du temps, se faire aider et/ou arrêter de travailler si nécessaire jusqu’à récupération : un assistant social peut le soutenir dans ses démarches pour obtenir une aide-ménagère, l’arrêt ou l’adaptation du travail, etc.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
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La surveillance
À l’issue du traitement, un suivi médical du patient est mis en place.
Il sert à :
- vérifier l’efficacité des traitements ;
- s’assurer de la bonne guérison des sutures et anastomoses liées à la chirurgie si le patient a eu une gastrectomie ;
- évaluer et soigner les effets indésirables des traitements ;
- détecter au plus tôt une éventuelle récidive.
Un calendrier précis de surveillance est recommandé à chaque patient : des examens cliniques, sanguins et d’imagerie sont programmés à intervalles réguliers durant plusieurs années. Leur fréquence varie selon le stade auquel le cancer a été diagnostiqué et le traitement reçu. Les examens des patients opérés sont généralement prescrits tous les trimestres, puis tous les six mois pendant cinq ans. Les patients traités pour un cancer métastatique sont surveillés plus étroitement : examen clinique, dosage des marqueurs tumoraux et scanner sont prévus tous les deux mois. À l’occasion et en dehors du calendrier de suivi, il est également recommandé au patient de signaler au médecin tout symptôme tel qu’une perte de poids, une fatigue ou un essoufflement.
Contacts utiles
L’Institut National du Cancer (INCa)
Délivre des informations générales sur le cancer et propose des dossiers spécifiques aux principales pathologies cancéreuses.
www.e-cancer.fr
Il propose aussi un service d’information et d’écoute pour les patients et les proches au 0 805 123 124
(service et appel gratuits du lundi au vendredi, de 9h à 19h et le samedi de 9h à 14h).
L’association ARCAGY
propose un dossier sur les cancers de l’estomac.
www.arcagy.fr rubrique « Localisations ».
L’association HNPCC France
regroupe des familles touchées par le syndrome HNPCC (Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer) ou syndrome de Lynch.
www.hnpcc-lynch.com
Fondation ARCAD
Informe et promeut la recherche sur la lutte contre les cancers digestifs.
www.fondationarcad.org
Association Info Sarcome
Informe sur les sarcomes, et propose en particulier un dossier sur les GIST.
www.infosarcomes.org
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Julien Taieb et du Pr Aziz Zaanan, gastro-entérologues et oncologues digestifs à l’Hôpital européen Georges Pompidou (Paris).