La chimiothérapie dans le traitement du cancer de l'estomac
La chimiothérapie consiste à administrer des médicaments qui s’attaquent aux cellules au moment de leur division.
01 avril 2024 Dernière mise à jour : 24-04-2026
Le principe
Les médicaments de chimiothérapie détruisent préférentiellement les cellules cancéreuses car ces dernières se multiplient plus fréquemment que les autres cellules de l’organisme. Cependant, il n’est pas possible d’empêcher leur action sur les cellules normales qui se divisent aussi rapidement, comme celles des racines des cheveux, de la peau ou du tube digestif, ce qui explique certains effets indésirables du traitement.
La chimiothérapie est très fréquemment utilisée pour traiter les cancers de l’estomac et du cardia, en particulier pour éviter les récidives. Elle ne concerne en principe pas les tumeurs gastriques découvertes à un stade précoce, limitées à la muqueuse de l’estomac et qui ont pu être éliminées par endoscopie ou chirurgie seule. Dans le cadre de la prise en charge des tumeurs non résécables ou des cancers gastriques au stade métastatique, la chimiothérapie est employée pour réduire la taille de la tumeur et les symptômes qu’elle entraîne. Elle permet ainsi d’améliorer la qualité de vie du patient et de contrôler au maximum la progression de la maladie.
En pratique
Dans le cas d’un cancer de l’estomac, la chimiothérapie associe le plus souvent deux médicaments ou plus. En règle générale, la durée de la chimiothérapie est de plusieurs semaines : chaque médicament est utilisé selon des règles précises de doses et de durée qui varient parfois dans le temps. Souvent, plusieurs cycles de traitement espacés de quelques semaines sont nécessaires.
Dans les cas de cancers de l’estomac ou du cardia localisés ou localement avancés résécables, la chimiothérapie combinée à la chirurgie améliore les résultats du traitement.
On distingue deux types de chimiothérapies :
- la chimiothérapie « néoadjuvante » (avant la chirurgie), qui permet de réduire la taille de la tumeur et de faciliter sa résection ;
- la chimiothérapie « adjuvante » (après la chirurgie), qui permet également d’optimiser l’efficacité de la chirurgie en éliminant les cellules cancéreuses restantes, ce qui réduit les risques de récidive.
Aujourd’hui, un protocole de chimiothérapie péri-opératoire, c’est-à-dire à la fois néoadjuvante et adjuvante, avec trois anticancéreux (5-fluorouracile, oxaliplatine et docétaxel) et de l’acide folique, dite « FLOT », est privilégié pour les adénocarcinomes gastro-oesophagiens localisés opérables. En effet, ce protocole permet une nette augmentation de la survie par rapport aux protocoles plus classiques. Les patients qui ne peuvent pas supporter cette chimiothérapie bénéficient d’un protocole plus léger, avec seulement deux médicaments.
L’administration de la chimiothérapie se fait principalement par voie intraveineuse. Pour éviter de multiplier les piqûres dans les veines du patient, un cathéter peut être mis en place. Selon les cas, l’équipe aura recours à un cathéter qui se présente sous la forme d’un petit réservoir implanté sous la peau au niveau de la clavicule, et qu’on appelle chambre implantable ou « Port-à-cath® ». Le protocole FLOT est habituellement administré, avant la chirurgie, en quatre cycles tous les 15 jours, l’un des médicaments nécessitant une perfusion pendant 24 heures. Le patient peut retourner à domicile après installation d’une pompe ou « biberon » relié au cathéter qui permet une diffusion en continu dans le sang. Les quatre cycles sont renouvelés avec les mêmes intervalles après la chirurgie. Si le patient n’est pas en bon état général ou supporte mal le traitement de chimiothérapie, celui-ci peut comporter moins de cycles et/ou des doses adaptées.
Pour les formes localement avancées non opérables et métastatiques de cancers de l’estomac ou du cardia, d’autres protocoles sont utilisés, comme l’association de deux médicaments : une fluoropyrimidine (5-fluorouracile ou capécitabine) et un sel de platine (oxaliplatine ou cisplatine). Des thérapies ciblées dirigées contre certaines protéines peuvent être utilisées pour renforcer l’efficacité de la chimiothérapie.
Certaines personnes présentent un déficit de l’enzyme dihydropyrimidine–déshydrogénase (DPD), qui ne leur permet pas d’éliminer correctement les fluoropyrimidines (5-fluorouracile ou capécitabine). Avant toute chimiothérapie contenant ces médicaments, ce déficit est recherché par une simple prise de sang. S’il est retrouvé, les doses de chimiothérapie seront adaptées, voire contre-indiqués si le déficit est complet.
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Julien Taieb et du Pr Aziz Zaanan, gastro-entérologues et oncologues digestifs à l’Hôpital européen Georges Pompidou (Paris).