Le traitement des carcinomes in situ du col de l'utérus
Les carcinomes in situ sont le plus souvent traités par conisation ou par ablation du col de l’utérus. Ces interventions se font par les voies naturelles. La convalescence ne prend que quelques jours, le plus souvent.
01 septembre 2021 Dernière mise à jour : 12-05-2026
La conisation est l’intervention la plus fréquemment recommandée pour les femmes jeunes souhaitant conserver la possibilité d’avoir des enfants, néanmoins le risque de rechute n’est pas nul. Il est évalué à environ 4 % à trois ans6. Une analyse anatomopathologique est ensuite réalisée pour vérifier l’absence de lésion plus grave et confirmer que la chirurgie a permis l’ablation de la totalité de la lésion (vérification des marges de la résection). Ce traitement conservateur (qui évite l’ablation totale de l’utérus) est possible pour les cancers du col de type épidermoïde ou adénocarcinome lorsque les lésions font moins de 2 cm, en l’absence d’emboles et d’atteinte ganglionnaire. La décision de traitement conservateur doit être discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Un peu plus d’un tiers des cancers du col de l’utérus surviennent avant 45 ans (36 %) à un âge où il est a priori possible d’avoir un enfant, et environ une patiente sur trois est éligible à un traitement conservateur7.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
Chez une femme plus âgée atteinte d’un carcinome in situ, la totalité de l’utérus peut être retirée par chirurgie, par mesure de précaution. Cette opération est appelée hystérectomie totale (ablation du corps et du col de l’utérus). Cette intervention chirurgicale peut être réalisée par plusieurs voies :
- Par voie basse : le praticien passe par les voies naturelles, ce qui ne laisse pas de cicatrice au niveau abdominal. Cette intervention peut être réalisée si la patiente a déjà accouché, que le volume de son utérus n’est pas trop grand et si elle n’a pas de lourds antécédents chirurgicaux.
- Par voie coelioscopique : il s’agit d’une chirurgie mini-invasive réalisée en introduisant des instruments au niveau de l’abdomen par de courtes incisions (entre 3 et 10 mm). Une caméra est introduite au niveau de l’ombilic et un gaz est insufflé dans la cavité abdominale afin de visualiser l’intérieur de l’abdomen. L’utérus est alors « détaché » et extrait par les voies naturelles. Cette coelioscopie peut éventuellement être assistée par robot chirurgical.
- Par laparotomie : il s’agit d’une plus large incision au niveau de l’abdomen, transversale (comme une césarienne) ou verticale.
La voie chirurgicale sera discutée et choisie avec le praticien en fonction des antécédents et des souhaits de la patiente. L’hospitalisation dure habituellement deux à trois jours en cas d’intervention par voie basse ou voie coelioscopique et elle est un peu plus longue, à savoir 4 à 5 jours en cas de laparotomie. Néanmoins une opération en ambulatoire est parfois possible ; dans ce cas-là pas besoin de passer la nuit à l’hôpital.
La cicatrisation du fond vaginal prend environ un mois et la femme reprend ses activités quotidiennes en 15 jours à 1 mois selon la voie utilisée. L’hystérectomie entraine l’impossibilité d’avoir un enfant et l’absence de règles. En revanche, elle n’a pas de conséquences à long terme sur la sexualité.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
Références
6. https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/22143.pdf
7. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31604663/
Ce dossier a été réalisé grâce au concours de la Pr Cécile Badoual, de la Pr Anne-Sophie Bats, du Dr Nicolas Delanoy ainsi que du Dr Huyên-Thu Nguyen Xuan (Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris).