Quelles sont les causes connues du cancer du rein ?
Outre l’âge et le sexe, plusieurs facteurs sont reconnus comme augmentant le risque de cancer du rein : la dialyse, le tabagisme, l’obésité, l’hypertension artérielle. D’autres causes suspectées sont également à l’étude.
L’exposition à certains facteurs, évitables ou non, peut être associée à l’apparition d’un cancer. Lorsqu’une personne a été exposée à un ou plusieurs de ces facteurs, elle ne développera pas nécessairement la maladie, mais son risque de cancer augmente.
01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 30-03-2026
Le tabagisme
La consommation de tabac favorise de manière significative de nombreux cancers, dont le cancer du rein. Une personne qui fume a environ 1,5 fois à 2 fois plus de risque de développer un cancer du rein qu’une personne qui n’a jamais fumé.
En ce qui concerne les personnes qui ont arrêté de fumer, plusieurs études ont montré que le risque de cancer du rein pour les anciens fumeurs est moins élevé que celui des fumeurs ; il diminuerait d’environ 25 à 30 % après 10 à 15 ans d’arrêt.
L'obésité
Les personnes qui présentent un surpoids ou une obésité ont un risque plus élevé de développer un cancer du rein que celles dont le poids est normal, c’est-à-dire celles dont l’indice de masse corporelle (IMC) est compris entre 18,5 et 25 kg/m². Pour une augmentation de l’IMC de 5 kg/m², l’augmentation de risque de cancer rénal est estimée, selon les études, entre 24 et 34 % et plus l’IMC est important, plus l’augmentation du risque est élevée.
L’obésité pourrait être en partie responsable de l’augmentation de l’incidence des cancers du rein chez les adolescents et jeunes adultes. En France, elle touche 9,2 % des 18-24 ans, 13,8 % des 25-34 ans et 16,7 % des 35-44 ans.
L'hypertension artérielle
L’hypertension artérielle a également été identifiée comme pouvant favoriser le cancer du rein chez l’homme et chez la femme, indépendamment du fait de fumer ou du poids corporel. Le risque est augmenté de plus d’un quart (+28 %) chez les sujets hypertendus par rapport aux personnes qui ne présentent pas d’hypertension.
En outre, cette association est « dose-dépendante » : plus l’hypertension est sévère, plus le risque de cancer du rein est élevé. Le contrôle de la tension des patients hypertendus pourrait ainsi être également bénéfique en matière de prévention du cancer du rein.
La dialyse
Un autre facteur de risque est la dialyse. Ce traitement de suppléance, aussi appelé « rein artificiel », permet de pallier une insuffisance rénale en filtrant artificiellement le sang. Les personnes traitées par dialyse ont un risque de cancer du rein multiplié par dix par rapport à la population générale.
Ce risque est notamment avéré lorsque la dialyse est mise en place depuis plus de trois ans. En effet, le fait d’être traité par dialyse plus de trois ans favorise l’apparition de kystes dans le ou les reins, ce qui augmente le risque de développer un cancer du rein. Pour cette raison, les patients sous dialyse bénéficient d’un suivi régulier par échographie, jusqu’à tous les ans dans certains centres.
Les facteurs environnementaux
L’exposition professionnelle à certaines substances comme le cadmium, le plomb, les hydrocarbures ou le trichloroéthylène (industrie chimique, pétrolière…) est également évoquée comme facteur de risque de développer la maladie. Les données sont toutefois encore incertaines.
Les prédispositions familiales et la consultation d’oncogénétique
Dans de rares cas, les cancers du rein sont héréditaires. Le risque de développer un cancer du rein est alors augmenté chez les membres d’une même famille. On estime à 1 à 2 % des cas les carcinomes rénaux à cellules claires d’origine familiale. Ces derniers sont causés par la transmission de gènes mutés qui augmentent les risques de développer des tumeurs. À ce jour, de nombreux gènes de prédispositions ont été identifiés, dont 4 gènes majeurs (VHL, MET, FH, BHD).
Plus rarement, il a été mis en évidence que d’autres maladies héréditaires très rares comme la sclérose tubéreuse de Bourneville ou le syndrome de Birt-Hogg-Dubé prédisposaient aux cancers rénaux.
Une consultation d’oncogénétique destinée à évaluer le risque d’être porteur d’une mutation prédisposant à ce cancer peut être proposée aux sujets ayant développé un cancer du rein avant l’âge de 45 ans, ou dont l’un des ascendants du premier degré (père ou mère, frère ou sœur) a également été atteint d’un cancer du rein. En cas de découverte d’une mutation dans un gène de prédisposition, il revient au patient d’en informer sa fratrie et sa descendance. Les membres de la famille concernés pourront à leur tour demander à être testés s’ils le souhaitent et, en cas de portage du gène muté, pourront bénéficier d’un dépistage préventif.
Ce dossier a été réalisée avec le concours du Dr Bernard Escudier, membre du Département d’oncologie médicale du comité de cancérologie génito-urinaire de Gustave Roussy.