Les traitements ablatifs alternatifs à la chirurgie des cancers du rein
Des traitements alternatifs à la chirurgie permettent de détruire des petites tumeurs (< 4 cm) sans avoir recours à la chirurgie. On parle de traitements ablatifs. Ils sont surtout proposés aux sujets âgés présentant des comorbidités (d’autres maladies), en cas de récidive locale après une néphrectomie partielle, ou encore en cas d’insuffisance rénale avancée.
01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 30-03-2026
Ces traitements consistent à détruire la tumeur sans toutefois la supprimer. Cette dernière reste dans le rein sous une forme inerte, pouvant susciter une crainte de récidive locale chez les patients. L’efficacité des traitements ablatifs semble bonne, mais on dispose de moins de recul qu’avec la chirurgie qui reste préférentiellement utilisée.
La radiofréquence consiste à appliquer des rayons électromagnétiques directement au niveau de la tumeur. Ces rayons chauffent et détruisent les cellules cancéreuses. La sonde émettrice est introduite à travers la peau au niveau du rein et conduite jusqu’au contact de la tumeur sous contrôle radiologique (échographie ou scanner). La sonde est retirée lorsque l’imagerie médicale montre que la tumeur a été complètement détruite.
La cryoablation utilise la même procédure d’intervention, mais la sonde émet une source de froid (-150°C) qui congèle le tissu tumoral. Il va progressivement s’autodétruire en se réchauffant.
La radiofréquence et la cryoablation sont effectuées dans certains centres hospitaliers. L’intervention dure généralement de 20 à 30 minutes sous anesthésie générale et nécessite une journée d’hospitalisation.
Les effets indésirables sont essentiellement des douleurs au réveil, soulagées par des médicaments antalgiques. Les traitements ablatifs nécessitent une surveillance avec bilan d’imagerie à trois mois, six mois, un an, puis tous les ans pour une durée qui n’est pas clairement définie.
La radiothérapie stéréotaxique est la plus récente des techniques non invasives. Elle consiste à administrer de fortes doses de rayons X de façon très ciblée au niveau de la tumeur. Cette technique a l’avantage de ne pas nécessiter d’introduire une aiguille dans la tumeur et est applicable pour toutes les localisations des tumeurs du rein.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Bernard Escudier, membre du Département d’oncologie médicale du comité de cancérologie génito-urinaire de Gustave Roussy.