Le curage ganglionnaire dans le traitement des tumeurs germinales avec métastases
Le curage ganglionnaire lombo-aortique est un geste chirurgical réalisé par une équipe expérimentée qui s’adresse surtout aux patients atteints d’une tumeur germinale non séminomateuse avec métastases au niveau des ganglions.
01 mars 2023 Dernière mise à jour : 06-05-2026
Le principe
Le curage ganglionnaire lombo-aortique est un geste chirurgical réalisé par une équipe expérimentée qui s’adresse surtout aux patients atteints d’une tumeur germinale non séminomateuse avec métastases au niveau des ganglions. Cette intervention a lieu après un traitement de chimiothérapie destiné à éliminer les masses cancéreuses dans les ganglions. Si celles-ci restent de taille supérieure à 1 cm après le traitement, le curage est réalisé. Si elles sont inférieures à 1 cm, une surveillance active est proposée.
Le curage consiste à retirer, via une incision au niveau de la paroi abdominale, les ganglions situés dans l’abdomen. Ces ganglions reçoivent la lymphe provenant des testicules. Ils sont donc les premiers touchés lors de la dissémination du cancer. En cas de cancer du testicule droit, les ganglions situés à droite de l’aorte sont retirés. En cas de cancer du testicule gauche, ce sont les ganglions situés à gauche de l’aorte. Réalisée sous anesthésie générale, l’intervention est longue (elle dure de 2 à 5 heures) et complexe.
Les complications du curage ganglionnaire
Le curage ganglionnaire est une intervention souvent lourde dont le patient se remet sur le plan physique en 6 à 8 semaines en général. L’infection est l’effet secondaire le plus courant.
Des complications peuvent se manifester juste après l’intervention : la lymphocèle et l’ascite chyleuse (très rare). La lymphocèle correspond à un kyste rempli de lymphe au niveau du site de curage : il est le plus souvent sans symptôme. L’ascite chyleuse est une accumulation de lymphe diffuse dans l’abdomen qui nécessite une prise en charge spécialisée, cette situation est exceptionnelle.
À distance de la chirurgie, la complication majeure est l’éjaculation rétrograde (l’éjaculat se retrouve dans les urines au lieu d’être extra corporel) ou anéjaculation (absence totale d’éjaculat) : l’érection et l’orgasme sont possibles mais il n’y a pas d’éjaculation. Comme le risque d’anéjaculation est élevé en cas de curage bilatéral (90 %) et reste non négligeable en cas de curage unilatéral (70 %), le chirurgien informe toujours son patient avant l’opération et lui conseille de réaliser une conservation de sperme au CECOS. De fait, même si elle peut régresser en quelques mois, l’anéjaculation peut être définitive.
Le curage ganglionnaire est un traitement efficace contre le cancer du testicule. Il permet de réduire le risque de récidive d’environ 10%. Afin de prévenir les complications, il est recommandé d’être vigilant face aux facteurs de risque notamment le tabagisme.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
Référence
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Aude Fléchon, oncologue médicale au Centre Léon Bérard à Lyon.