Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur les tumeurs du système nerveux central ?

Guérir davantage d’enfants atteints de tumeurs du SNC avec moins de séquelles représente un défi que la recherche s’efforce de relever. Comprendre les mécanismes de ces maladies, développer des outils de recherche plus performants, identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et optimiser les traitements contribuent à améliorer la lutte contre les tumeurs du SNC de l’enfant.

De 2020 à 2023, la Fondation ARC a financé plusieurs projets de recherche pour un montant global de 2,9 millions d’euros.

Mieux comprendre les facteurs de risque de la maladie

Comprendre comment se développent les tumeurs du SNC de l’enfant permet d’améliorer la lutte contre ces maladies. Des travaux financés par la Fondation ARC portent ainsi sur l’impact des expositions environnementales aux radiations naturelles et à la pollution liée au trafic routier sur le risque de tumeur cérébrale chez l’enfant.

 

Des outils de recherche innovants pour de nouvelles cibles thérapeutiques

Plusieurs équipes soutenues par la Fondation ARC mettent au point des outils pouvant faciliter la recherche sur les cancers du SNC de l’enfant et la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques. L’une d’entre elles a développé un modèle de médulloblastome sur embryon de poulet, proche d’un organisme immature présentant à la fois des cellules malignes et des cellules saines en croissance. L’objectif est d’identifier les mécanismes spécifiques aux processus tumoraux afin de pouvoir développer des thérapies susceptibles d’entraîner moins de séquelles. Des chercheurs utilisent des organoïdes, petits modèles 3D simplifiés destinés à l’étude des tumeurs cérébrales, afin de tester des molécules d’intérêt et découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques. D’autres ont ajouté des macrophages à ces organoïdes cérébraux afin d’étudier plus précisément les interactions entre les cellules tumorales et le microenvironnement immunitaire du cerveau, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles immunothérapies pour des gliomes de haut grade.

 

Des voies à l’étude

Des équipes soutenues par la Fondation ARC dissèquent les voies moléculaires impliquées dans les cancers du SNC de l’enfant pour favoriser le développement de thérapies plus ciblées. Ainsi, des chercheurs étudient le rôle de protéines situées à la surface des cellules cérébrales afin de mieux comprendre comment elles contribuent au passage de la multiplication à la migration cellulaire au cours du développement embryonnaire. Un chercheur explore quant à lui le protéome (ensemble des protéines) des tumeurs ATRT afin d’identifier de nouvelles voies impliquées dans ces cancers. Enfin, des travaux basés sur la bioinformatique et des tests sur des modèles de cancer portent sur le rôle d’une famille de petites molécules d’ARN (miARNs) dans le développement de différents sous-groupes de médulloblastomes.

 

Freiner la progression des cancers du SNC de l’enfant

L’étude de voies de signalisation impliquées dans l’évolution des cancers peut améliorer les traitements des tumeurs du SNC de l’enfant. La Fondation ARC soutient des travaux sur l’implication de la voie CSF-1R, essentielle à la survie, la prolifération et la différentiation des cellules immunitaires gliales du SNC, dans la progression des glioblastomes. La Fondation finance également une équipe cherchant à décrypter les mécanismes cellulaires liés à FSTL5, une protéine fortement exprimée dans certains médulloblastomes agressifs, lors de la croissance tumorale. L’inactivation de FSTL5 réduisant la prolifération et la survie de cellules malignes in vitro, une validation sur des modèles précliniques pourrait déclencher le développement de molécules ciblant FSTL5. Une équipe espère quant à elle améliorer le contrôle de certains médulloblastomes par la radiothérapie en inhibant par une nouvelle molécule la voie DNA-PK qui régule l’expression de MYC, un oncogène surexprimé dans certains cancers.

 

Vaincre les résistances à l’immunothérapie

Malgré les progrès apportés par l’immunothérapie dans la lutte contre les cancers, les gliomes malins résistent encore à ce traitement. La Fondation ARC soutient un programme qui vise à comprendre comment le microenvironnement tumoral induit une suppression des défenses immunitaires contre les cellules cancéreuses des gliomes et influe sur la réponse à l’immunothérapie. Les protéines identifiées comme responsables de cette immunosuppression seront testées en tant que cibles thérapeutiques dans des organoïdes associés à des cellules immunitaires de patients.

 

De nouveaux traitements à l’essai

La recherche doit s’efforcer de mettre rapidement à disposition des jeunes patients de nouveaux traitements plus efficaces et mieux tolérés. Une équipe étudie le potentiel du tarlatamab, un anticancéreux déjà à l’essai dans d’autres cancers : il cible DLL3, une protéine membranaire exprimée durant le développement fœtal et dans les gliomes porteurs d’une mutation du gène IDH1. Le potentiel du traitement par cellules CAR-T est également exploré par une jeune chercheuse pour améliorer la prise en charge du gliome de haut grade. Ce type d’immunothérapie utilise des cellules immunitaires des patients, les lymphocytes T, qui ont été modifiées en laboratoire pour cibler la protéine GD2. L’objectif de ces travaux est d’optimiser l’efficacité et la tolérance des cellules CAR-T en ciblant un dérivé de GD2 qui n’est pas exprimé par les tissus sains. Enfin, la Fondation ARC soutient le programme AcSé-ESMART en France. Cet essai clinique permet de proposer à des enfants en rechute ou en échec de traitement des thérapies ciblées ou des immunothérapies mieux adaptées au profil moléculaire de leur cancer, y compris des tumeurs du SNC.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Nicolas André, responsable du Centre d’essais précoces en cancérologie pédiatrique (CLIP2 ) de l’AP-HM, du Professeur Laetitia Padovani, oncologue radiothérapeute adulte et pédiatrique, chef du département d’oncologie radiothérapie de l’AP-HM, et du Professeur Didier Scavarda, neurochirurgien pédiatre et chef du département de neurochirurgie pédiatrique et chirurgie de l’épilepsie de l’AP-HM.