Vivre avec et après un cancer des voies aérodigestives supérieures

Les cancers des VADS et leurs traitements ont des conséquences qui peuvent être importantes. Des soins de support, complémentaires aux traitements anticancéreux, aident à réduire le retentissement de la maladie et des traitements sur les plans physique et psychologique, et pendant toute la durée du cancer. Différentes mesures d’accompagnement et de rééducation permettent par la suite de limiter au maximum les pertes fonctionnelles et de retrouver une qualité de vie satisfaisante.

01 février 2026 Dernière mise à jour : 16-04-2026

Soulager la douleur

Le cancer lui-même ou les traitements peuvent induire des douleurs d’intensité variable. La grande majorité des patients présente notamment des mucites, des inflammations de la muqueuse de la bouche, pouvant être très douloureuses.

Le patient doit faire part de ses douleurs et de ses gênes au cours des consultations afin de mettre en place des traitements antalgiques qui permettent de mieux supporter les traitements et la maladie. Ces traitements vont des antalgiques de palier 1, le paracétamol notamment, à ceux de pallier 3, les plus « forts », que sont les opioïdes.

Livret : Apaiser les douleurs du cancer

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Brochure : Les soins de support en cancérologie
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Les Soins De Support En Cancerologie
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Arrêter de fumer et de consommer de l’alcool

La consommation d’alcool et le tabagisme sont des comportements à risque particulièrement importants des cancers des VADS. De plus, fumer augmente le risque de complications des traitements mais aussi le risque de récidive. C’est pourquoi les médecins insistent pour un arrêt total.

Ceci dit, arrêter de fumer et de consommer de l’alcool est difficile, d’autant plus quand l’addiction est ancienne. Il est conseillé de se faire aider. Une consultation avec le médecin traitant ou un tabacologue en ville ou à l’hôpital est l’occasion de faire le point et d’être accompagné. Il existe aussi des structures spécialisées en addictologie ainsi que des groupes de parole.

Il est possible d’avoir recours à des substituts nicotiniques (patch et/ou gommes) ou des médicaments qui atténueront les difficultés du sevrage. Concernant la cigarette électronique, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) reste prudent ; si on constate une réduction du tabagisme chez les « vapoteurs », il n’y a pas encore suffisamment de recul pour estimer les risques et les bénéfices de cette pratique. Cette instance souligne dans un rapport qu’elle peut constituer toutefois une aide efficace et utile pour arrêter ou réduire sa consommation de tabac(8).

 

Brochure : Tabac et cancer
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Améliorer l’état nutritionnel

L’état nutritionnel est un élément important de la réussite des traitements. Il arrive toutefois que ces mêmes traitements altèrent la possibilité de s’alimenter correctement. Dans le cas des cancers des voies aérodigestives, 60 à 90 % des patients souffrent de dénutrition.

Pour garder un poids stable, l’aide d’un nutritionniste et/ou d’un diététicien peut être précieuse. Aujourd’hui, le plus souvent présent au sein de l’établissement de soins, ce professionnel pourra délivrer des conseils pour le quotidien (par exemple, mouliner les repas et les fractionner en cas de difficulté à avaler).

Si une dénutrition semble s’installer, il est parfois nécessaire de poser une sonde de nutrition entérale (ou sonde nasogastrique) ou de réaliser une gastrostomie jusqu’à ce que le patient puisse de nouveau s’alimenter.

Livret : "À table !"

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L'accompagnement psychologique et social

L’annonce du traitement et de ses conséquences prévisibles, puis la prise de conscience de l’altération physique et un changement de l’image de soi après les traitements, notamment la chirurgie, peuvent engendrer une importante souffrance psychologique. Pour ne pas rester seul et être aidé, il est tout à fait possible de bénéficier d’un soutien psychologique dans le
cadre de la prise en charge du cancer. Se rapprocher d’associations qui regroupent des patients et leur entourage permet de partager les expériences et de renforcer l’entraide.

Par ailleurs, une évaluation et un suivi par un assistant social peut aider à prévenir ou surmonter d’éventuelles difficultés sociales, familiales, économiques ou encore professionnelles.

Livret : Prendre soin de sa santé mentale

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L'activité physique pendant et après les traitements

La pratique d’une activité physique pendant et après les traitements est conseillée chez les patients atteints de cancer. Elle diminue les risques de rechute et améliore la qualité de vie (baisse de la fatigue et des symptômes dépressifs, amélioration de l’estime de soi).

Comme l’état de santé des patients atteints d’un cancer des VADS est le plus souvent fragile, le médecin prendra soin de réfléchir à l’activité la plus adaptée selon le poids, la fatigue
et les envies de son patient.

Des éducateurs sportifs spécifiquement formés au médico-sportif ou encore des kinésithérapeutes peuvent être présents dans les services hospitaliers.

Livret : "Bougez !"

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La rééducation et suivi orthophonique

La spécificité des cancers des VADS tient au fait que les tissus touchés par le cancer sont essentiels à l’alimentation, à la respiration et à la parole. Même si les traitements sont plus conservateurs qu’auparavant, ils incluent le plus souvent un acte chirurgical qui nécessite ensuite une rééducation.

Pendant un temps parfois long, la vie quotidienne est rythmée par la rééducation qui a pour objectif de permettre au patient de retrouver sa capacité à parler.

Pour les personnes dont le larynx a été ôté, il faut apprendre à s’exprimer à l’oral différemment. Certains patients sont équipés d’un implant phonatoire, d’autres apprennent à parler avec la voix œsophagienne qui peut s’acquérir grâce à la rééducation vocale avec un orthophoniste.

Contacts utiles

L’institut national du cancer (INCa)
délivre des informations générales sur le cancer et propose des dossiers spécifiques aux principales pathologies cancéreuses, ainsi qu’un service téléphonique anonyme et confidentiel.
0 805 123 124 (service et appel gratuits du lundi au vendredi de 9 h à 19 h et le samedi de 9 h à 14 h)
www.cancer.fr

L’association Corasso soutient et informe les personnes touchées par un cancer de la tête et du cou et sensibilise l’opinion publique. Elle fédère aussi les différents acteurs médicaux et institutionnels et soutient la recherche.
https://corasso.org/

L’association Arcagy
propose plusieurs dossiers sur les cancers des VADS.
www.arcagy.org/infocancer

L’union des associations françaises de laryngectomisés et mutilés de la voix
fournit des informations et un forum de discussion pour que les patients laryngectomisés et leur famille puissent partager leurs expériences.
www.mutiles-voix.com

Tabac info service prodigue des informations sur l’arrêt du tabac (bénéfices, méthodes, aides, soutien), via un site Internet et un numéro de téléphone non surtaxé : 39 89 pour s’entretenir avec un tabacologue et bénéficier d’un suivi personnalisé gratuit de 8 h à 20 h, du lundi au samedi.
www.tabac-info-service.fr

Alcool info service
propose un site Internet dédié à l’arrêt de la consommation d’alcool. Il permet de prendre contact avec des addictologues et d’être soutenu dans la démarche de sevrage.
www.alcoolinfoservice.fr
Un numéro de téléphone non surtaxé : 0 980 980 930, de 8h à 2h, 7 jours sur 7.

L’institut national de recherche et de sécurité (Inrs)
donne des informations sur les maladies professionnelles, dont les cancers, via son site Internet et des publications.
www.inrs.fr

Le groupe d’oncologie radiothérapie tête et cou (Gortec)
réunit des informations pour les professionnels et le grand public sur les cancers des VADS et sur les essais cliniques en France.
www.gortec.fr

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Docteur Jérôme Fayette, médecin oncologue au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (Lyon), spécialiste des cancers ORL, du poumon, des sarcomes et GIST.

8.Avis HCSP, http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=541, 2016