Quelles sont les causes connues d'un lymphome hodgkinien ?
On ne connaît pas les causes exactes de la survenue d’un lymphome hodgkinien. La recherche a mis en évidence le rôle des antécédents familiaux et du statut immunitaire. Toutefois, présenter un tel facteur de risque n’implique pas de développer, à terme, un lymphome.
01 novembre 2024 Dernière mise à jour : 16-04-2026
Les antécédents familiaux
On sait qu’un individu dont un membre de la famille a été touché par un lymphome hodgkinien a deux à neuf fois plus de risque de développer cette maladie qu’un individu ne présentant pas d’antécédent familial.
Le rôle établi de l’histoire familiale dans la survenue des lymphomes a conduit les scientifiques à rechercher d’éventuels facteurs génétiques pouvant intervenir dans la survenue des lymphomes hodgkiniens. Pour cela, les chercheurs comparent les gènes des personnes malades à ceux de personnes indemnes de lymphomes hodgkiniens afin de déterminer si les gènes des malades présentent des altérations caractéristiques. Pour l’heure, cette démarche n’a pas abouti à l’identification de mutations spécifiques associées au risque de développer cette maladie.
Les facteurs de risque liés à l'immunité
L’immunodépression est un facteur de risque connu. Différentes situations sont à l’origine d’une baisse des défenses immunitaires : les maladies auto-immunes (comme la polyarthrite rhumatoïde), certains traitements immunosuppresseurs devant être prescrits sur le long cours lors d’une greffe d’organes, ou encore le VIH (virus de l’immunodéficience humaine), responsable du sida (syndrome d’immunodépression acquise).
Parmi les affections virales également, les hépatites B et C, et la mononucléose peuvent aussi augmenter le risque d’apparition d’un lymphome. Le virus d’Epstein-Barr (EBV), à l’origine de la mononucléose, qui appartient à la grande famille des virus de l’herpès, infecte les lymphocytes B dont il active les gènes de croissance. Dans la grande majorité des cas, cela conduit à un simple gonflement des ganglions. Mais parfois, plusieurs années après le premier contact avec le virus, les cellules infectées se transforment en cellules cancéreuses. Environ 40 % des tumeurs de lymphomes hodgkiniens expriment les protéines du virus. Le mécanisme moléculaire n’a pas encore été identifié mais les chercheurs s’attellent à comprendre comment l’EBV peut transformer un lymphocyte sain en lymphocyte cancéreux. Comme tous les facteurs de risque énumérés précédemment, l’infection par l’EBV ne peut cependant pas expliquer à elle seule la survenue d’un lymphome.
Ce dossier a été réalisé grâce au concours de la Pr Catherine Thiéblemont, cheffe du service d’hémato-oncologie à l’hôpital Saint-Louis, Assistance publique – Hôpitaux de Paris, université Paris Cité (Paris).