Comment diagnostique-t-on un lymphome non hodgkinien ?
La variété des symptômes et leur faible spécificité peuvent rendre le diagnostic long et complexe, en conduisant parfois le patient à une errance diagnostique.
01 avril 2025 Dernière mise à jour : 08-04-2026
Des ganglions volumineux témoignent souvent d’une infection virale ou bactérienne. Cependant, la persistance inexpliquée des signes généraux (fièvre, sueurs nocturnes…) met le médecin sur la piste d’un lymphome. Il dirige alors le patient vers un spécialiste.
L’hématologue ou l’oncohématologue réalise à son tour un examen clinique à la recherche de ganglions volumineux.
Le diagnostic de lymphome repose sur l’étude d’un échantillon de tissu obtenu par une biopsie. Cet examen consiste à prélever un morceau ou l’intégralité du ganglion afin de l’étudier au microscope. Il se déroule soit sous anesthésie générale soit sous anesthésie locale, et soit par voie chirurgicale soit par ponction guidée par échographie ou par scanner pour les ganglions profonds (abdomen, médiastin…).
L’examen anatomopathologique permet d’établir la classification du lymphome et oriente le traitement. En général, il faut compter une huitaine de jours entre la biopsie et le diagnostic.
Depuis 2010, toute biopsie révélant un lymphome bénéficie d’une double lecture dans un centre expert du réseau national de référence en anatomopathologie des lymphomes, le réseau LYMPHOPATH.
L’examen anatomopathologique et le bilan d’extension permettent d’établir un diagnostic précis selon la classification de l’OMS. On définit le type du lymphome non hodgkinien (lymphome de type B ou de type T), puis son grade (lymphome à plus ou moins haut risque évolutif), ce qui permet de déterminer sa vitesse d’évolution. On distingue généralement les lymphomes non hodgkiniens indolents des lymphomes non hodgkiniens agressifs.
Enfin, le stade indique l’extension de la maladie, c’est-à-dire le nombre de localisations de la maladie dans le corps (lymphome étendu ou localisé).
Grâce à l’ensemble de ces informations, il est possible d’établir des index pronostiques. Ceux-ci permettent de prédire les chances de succès d’un traitement et donc d’adapter la stratégie thérapeutique à la sévérité de la maladie.
Le bilan d'extension
Le bilan d’extension repose essentiellement sur des examens d’imagerie qui permettent de localiser les sites touchés par la maladie.
La TEP (tomographie par émission de positons) est la principale technique d’imagerie utilisée. Afin de mieux préciser les structures anatomiques atteintes par le lymphome, elle est souvent couplée à un scanner ; on parle alors de TEP-scan.
Un bilan sanguin est également prescrit. Il permet parfois de mettre en évidence des cellules lymphomateuses circulant dans le sang. Le dosage de l’enzyme LDH (lactate déshydrogénase), qui reflète la masse tumorale du lymphome, est un facteur pronostique. Comme certains virus contribuent au développement des lymphomes, leur présence est également recherchée. Enfin, selon le lymphome mis en évidence lors de l’examen anatomopathologique et l’examen d’imagerie, l’hématologue peut prescrire des examens complémentaires : une ponction lombaire et/ou une IRM du cerveau peuvent être requises pour rechercher une atteinte du système nerveux central, tandis qu’une endoscopie digestive sera préconisée en cas de suspicion d’atteinte du tractus gastro-intestinal.
Le bilan général ou préthérapeutique
La dernière étape du diagnostic consiste à évaluer l’état général du patient par un bilan préthérapeutique. Il consiste à rechercher la présence éventuelle d’autres pathologies, en particulier cardiaques, afin de choisir le traitement le plus adapté à l’état général du patient.
Ce bilan s’appuie sur :
- une évaluation des fonctions cardiaque et pulmonaire ;
- des examens sanguins afin de déterminer l’état des différentes cellules du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes), d’évaluer l’impact du lymphome sur certains organes (foie, rein…) et de mesurer les paramètres de l’inflammation (dosage de la CRP) ;
- selon l’âge du patient, des techniques de conservation de sperme pour les hommes, et de préservation de la fertilité pour les femmes, seront proposées.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Pierre Sujobert, service d’hématologie biologique et d’hémostase clinique, hôpital Louis Pradel-Hospices civils de Lyon.