Quels sont les symptômes d’un myélome multiple ?
Le myélome multiple est à l’origine de différents symptômes selon le stade de son évolution et selon les patients. Le plus souvent, les malades souffrent de douleurs osseuses ou de fractures.
Parfois il n’y a pas de signe révélateur et seuls des résultats anormaux à l’issue d’une analyse sanguine de routine peuvent alerter le médecin et l’inciter à prescrire d’autres examens.
01 octobre 2023 Dernière mise à jour : 05-05-2026
Les principaux symptômes d'un myélome multiple
Dans 20 % des cas, le myélome multiple est asymptomatique. Dans cette situation ou lorsque la maladie, peu évoluée, n’entraîne pas encore de manifestations physiques, la découverte d’un myélome peut être fortuite avec comme point de départ un bilan sanguin de routine qui révèle des anomalies.
Les signes révélateurs CRAB
Il existe cependant différents signes révélateurs. Le médecin va en rechercher notamment quatre qui constituent les critères CRAB (C = calcium, R = rein, A = anémie et B = bone, « os » en anglais). Ceux-ci servent en partie à orienter la prise en charge qui consistera à débuter un traitement ou à mettre en place une surveillance active du patient.
C pour hypercalcémie
L’hypercalcémie signifie un taux de calcium sanguin anormalement élevé. Elle est liée à une libération excessive de calcium dans le sang lors de la destruction osseuse. Elle est responsable de manifestations telles que des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements et peut provoquer des troubles cardiaques.
R pour insuffisance rénale
Le myélome peut altérer le fonctionnement des reins ; d’une part en raison des anticorps circulant dans le sang qui, lors de la filtration au niveau des reins, peuvent y former un dépôt, et d’autre part en raison du calcium issu de la destruction de l’os qui peut également s’y accumuler. Dans ce cas, la capacité de filtration des reins diminue, entraînant divers troubles assez généraux (fatigue, perte de poids, nausées, démangeaisons). L’insuffisance rénale survient quand les reins ne sont plus capables d’assurer leur rôle, essentiel, d’épuration de l’organisme.
A pour anémie
L’anémie, c’est-à-dire un déficit de globules rouges dans le sang, se manifeste par une fatigue importante, un essoufflement et parfois des vertiges. Chez les personnes atteintes d’un myélome, l’anémie est due à une diminution de la production de globules rouges par la moelle osseuse ainsi que celle de la synthèse par le rein d’une hormone appelée érythropoïétine.
B pour atteintes osseuses
Au début de la maladie, il est courant, mais pas systématique, que la personne ressente des douleurs osseuses, en particulier au niveau de la colonne vertébrale. Des fractures spontanées peuvent survenir. Ces atteintes osseuses sont dues à une fragilisation de l’os. Les tassements de vertèbres peuvent être à l’origine d’une sciatique, qui se manifeste par une douleur vive partant d’une fesse et irradiant vers l’arrière de la jambe, ou d’une cruralgie, dans laquelle la douleur se propage de la hanche au-devant de la cuisse jusqu’au genou.
La présence d’au moins l’un de ces quatre signes engendre généralement le début d’une démarche diagnostique.
Comment diagnostique-t-on un myélome multiple ?
Plusieurs examens sont nécessaires pour diagnostiquer et préciser un myélome.
La découverte fortuite
Le diagnostic repose sur plusieurs examens qui confirment la présence d’un myélome et en précisent ses caractéristiques afin d’orienter, selon l’état de santé global du patient, les décisions thérapeutiques.
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L’électrophorèse des protéines permet de mettre en évidence, à partir d’un prélèvement de sang ou d’urine, une présence en trop grande quantité d’un même type d’immunoglobulines ; on parle de « pic monoclonal ».
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Le dosage dans le sang de la créatinine permet de savoir si le fonctionnement du rein est altéré.
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Le myélogramme est une analyse au microscope des cellules de la moelle osseuse prélevées lors d’une ponction médullaire réalisée dans le sternum ou la crête iliaque. Les plasmocytes sont comptés et leurs caractéristiques observées. Une analyse génétique des plasmocytes complète cet examen afin d’identifier les anomalies génétiques présentes dans les cellules cancéreuses.
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Différents examens d’imagerie (radiographie du squelette, imagerie par résonance magnétique ou IRM du bassin et du rachis, scanner osseux) permettent d’établir un bilan radiographique du squelette qui localise de façon la plus exhaustive possible toutes les atteintes osseuses. Des examens d’imagerie complémentaires (tomodensitométrie) peuvent être prescrits, au cas par cas.
Des marqueurs pronostiques
Le taux de β-2 microglobuline, une protéine produite notamment par les plasmocytes, est un marqueur important de l’agressivité de la maladie. Plus il est élevé, plus la maladie progresse rapidement.
Des anomalies chromosomiques détectables dans les plasmocytes anormaux peuvent également servir à évaluer le pronostic. C’est particulièrement le cas de la délétion du chromosome 17 amputé d’une partie de son matériel génétique, qui est associée à une plus grande agressivité du cancer.
Questions fréquentes
Quels sont les symptômes généraux d’un myélome ?
Pour 20 % des patients, la maladie ne provoque aucun symptôme et la découverte est souvent fortuite. C’est la méthode CRAB qui permet aux professionnels de santé de la diagnostiquer. Néanmoins, il est essentiel de consulter si vous rencontrez les symptômes suivants :
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Douleurs osseuses persistantes.
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Fatigue intense causée par une anémie.
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Infections répétées liées à la baisse des globules blancs normaux.
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Saignements faciles et ecchymoses.
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Fourmillements ou engourdissements dans les doigts ou les orteils.
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Hypercalcémie (excès de calcium dans le sang) causée par la destruction osseuse, générant des symptômes comme nausées, vomissements, constipation, soif excessive, troubles du rythme cardiaque.
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Insuffisance rénale, survenant quand des protéines anormales (chaînes légères) se déposent dans les reins, entraînant fatigue, perte de poids, nausées, et troubles urinaires.
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Perte de poids inexpliquée, sueurs nocturnes et parfois fièvre.
Quels sont les signes d’alerte de rechute ou de progression de la maladie ?
Les signes d’alerte de rechute ou de progression du myélome multiple reprennent souvent les mêmes manifestations que lors du diagnostic initial, liés à la récidive ou à l’aggravation de la maladie.
Quelles sont les causes d’un myélome ?
Le myélome multiple est un cancer dont les causes précises ne sont pas encore établies par la recherche scientifique. Il s’agit d’une prolifération anormale de plasmocytes, un type de globules blancs produisant des anticorps, qui se multiplient de manière incontrôlée dans la moelle osseuse.
Quels sont les facteurs de risque du myélome multiple ?
L’âge est le facteur de risque principal d’un myélome multiple, la maladie touchant surtout les personnes âgées de plus de 60 ans. Des antécédents familiaux de myélome multiplient aussi le risque.
Certaines expositions environnementales, telles que les radiations ionisantes à fortes doses, l’exposition professionnelle aux pesticides ou herbicides, sont suspectées. Le surpoids ou l’obésité sont également associés à cette maladie.
Enfin, une gammopathie monoclonale de signification indéterminée (MGUS) est un état précurseur fréquent au myélome multiple.
Quels sont les principaux traitements du myélome multiple ?
Le traitement dépend du stade de la maladie, de l’âge et de l’état général du patient, et peut combiner plusieurs approches :
L’immunothérapie et thérapies ciblées
Aujourd’hui, la prise en charge intègre des immunothérapies associées à des médicaments ciblant spécifiquement les cellules cancéreuses. Parmi les associations recommandées, on trouve le protocole Dara-VRd combinant daratumumab (anticorps anti-CD38), bortézomib (inhibiteur du protéasome), lénalidomide (immunomodulateur) et déxaméthasone. Ces traitements ciblent à la fois la cellule tumorale et son microenvironnement, renforçant l’efficacité globale.
La chimiothérapie et la greffe de moelle osseuse
Chez les patients plus jeunes (moins de 65 ans), une chimiothérapie intensive est suivie d’une autogreffe de cellules souches, qui vise à restaurer une moelle saine. Cette stratégie augmente la durée de la rémission. Chez les patients plus âgés ou fragiles, elle est généralement remplacée par des combinaisons médicamenteuses plus douces.
La radiothérapie
Ce traitement est utilisé en complément, notamment pour soulager des douleurs osseuses ou contrôler localement des lésions. La radiothérapie fait partie du traitement palliatif lorsque cela est nécessaire.
Références
Ce dossier (sauf la FAQ) a été réalisé grâce au concours du Professeur Hervé Avet-Loiseau, médecin à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse.