Quels sont les traitements proposés pour soigner un cancer après 75 ans ?

Les traitements préconisés habituellement pour traiter le cancer d'une personne âgée sont adaptés à son état de fragilité et sa santé.

13 juin 2022 Dernière mise à jour : 16-07-2025

La chirurgie

La chirurgie permet de retirer la tumeur cancéreuse. Aujourd’hui, elle est de moins en moins invasive, ce qui limite le caractère traumatisant de l’opération pour l’organisme. Dans la mesure du possible, le chirurgien essaie de conserver au maximum l’organe concerné sans laisser de cellules cancéreuses. L’intervention peut avoir lieu en première intention ou bien n’être décidée qu’après une première phase de traitement par chimiothérapie ou radiothérapie. Pour certains cancers, elle constitue encore aujourd’hui le seul traitement envisageable.

L’âge n’est pas un facteur limitant en lui-même et la chirurgie peut être proposée à tout âge. Ainsi, des personnes de plus de 90 ans sont régulièrement opérées par des cancérologues.

C’est avant tout l’état de santé général du patient et sa capacité à subir une anesthésie générale (lorsqu’elle est nécessaire) qui détermine si l’on peut ou non pratiquer une chirurgie : en effet, certaines maladies comme l’insuffisance respiratoire ou cardiaque peuvent par exemple compliquer l’opération. Les conséquences postopératoires sont également importantes à considérer : certains effets secondaires transitoires, comme l’incontinence en cas de chirurgie de la prostate ou le risque de thrombose lors d’un alitement postopératoire prolongé, peuvent écarter l’option chirurgicale au-delà d’un certain âge. Afin de réduire ces risques postopératoires et si l’intervention n’est pas urgente, il peut également être envisagé de proposer au patient un programme préopératoire comportant une prise en charge physique, nutritionnelle et psychologique. Enfin, il peut aussi être décidé d’effectuer des opérations moins lourdes ou d’utiliser des méthodes ne nécessitant pas une anesthésie générale. Ces décisions sont prises au cas par cas, selon le type de cancer et l’état général du patient.

Enfin, la surveillance postopératoire demande une plus grande vigilance : le risque d’effets secondaires, comme la thrombose (formation d’un caillot de sang) ou la survenue d’escarres, augmente avec l’âge du patient.

La chimiothérapie

La chimiothérapie consiste à administrer un ou plusieurs médicaments toxiques pour les cellules cancéreuses, par voie générale (voie sanguine ou voie orale). Par son principe d’action, la chimiothérapie peut aussi être nocive pour les cellules saines de l’organisme et entraîner des effets secondaires plus ou moins lourds : chute de cheveux, troubles digestifs, anémie…

Ces effets concernent tous les sujets, quel que soit leur âge, mais ils varient d’un patient à l’autre et d’une molécule à l’autre. Il est important que le patient et/ou son entourage en parle avec l’équipe soignante pour que celle-ci puisse les soulager, voire les prévenir par des traitements spécifiques.

La fragilité de certaines personnes âgées peut accentuer les effets nocifs des médicaments. De plus, certaines molécules de chimiothérapie sont contre-indiquées en présence d’autres pathologies : insuffisance rénale, maladie cardiaque, neuropathie… Dans ce cas, les médecins adaptent les doses et/ou le rythme d’administration, ou choisissent un autre médicament.

Fiche : Soigner un cancer par chimiothérapie
Fiche
Comprendre et agir
Fiche Chimiotherapie Si 1
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Comment et jusqu’où traiter ?

Comme tout autre malade atteint du cancer, la personne âgée doit être placée au cœur de sa prise en charge et doit être considérée comme un acteur incontournable de la lutte contre la maladie. Pour cela, une attention particulière doit être portée aux informations transmises par l’équipe médicale ; celles-ci sont indispensables pour une pleine implication du patient. Malheureusement, la dépendance ou le déclin cognitif ne permettent pas toujours à certains patients âgés de les comprendre, ni de prendre des décisions les concernant. Les médecins se tournent alors vers la personne de confiance (désignée en amont par le patient), la famille ou l’entourage proche.

L’équipe médicale peut aussi se référer aux « directives anticipées ». Ce document, rédigé de manière « libre et éclairée » par le patient, lui permet d’indiquer ses volontés dans le cas où il ne serait plus en capacité de l’exprimer. Rédigées sur papier libre, ces directives sont valables dans les trois ans suivant leur rédaction. Le patient, ou ses proches en cas d’incapacité du patient, les
transmet aux médecins qui doivent les respecter sauf si elles s’avèrent médicalement inappropriées.

Les directives anticipées sont précieuses, notamment lorsque la question de l’arrêt des traitements anti-cancéreux se pose. En fonction de l’évolution de la maladie et de l’état général du patient, l’équipe médicale peut en effet proposer de changer de perspective : ne plus lutter contre le cancer mais offrir le meilleur confort de vie possible au patient en lui apportant les soins les plus adaptés. Cette démarche, dite palliative, peut être mise en place à l’hôpital mais aussi à domicile. Elle peut durer de quelques semaines à plusieurs mois et permet de rendre la fin de vie du patient la plus douce et digne possible. Ce type de décision est donc pris en accord avec le patient ou la personne de confiance ou en cohérence avec les directives anticipées.

La radiothérapie

La radiothérapie repose sur l’utilisation d’un appareil qui délivre des rayons de haute énergie au niveau de la tumeur afin de tuer les cellules cancéreuses. Les médecins peuvent également parler de rayons ou de séances de rayons. Ces rayonnements peuvent être émis par une source externe (appareil de radiothérapie) ou une source interne introduite directement dans la tumeur (curiethérapie). Ils sont mis en œuvre dans un service spécialisé de radiothérapie.

Pour les malades les plus âgés, la radiothérapie peut être difficile à mettre en œuvre pour des questions organisationnelles et médicales : en effet, un protocole complet de radiothérapie externe nécessite que le patient se rende régulièrement dans l’établissement de santé pour suivre des séances quotidiennes (hormis le week-end), plusieurs semaines d’affilée.

Par ailleurs, bien que les techniques de radiothérapie tendent à être de plus en plus ciblées contre la tumeur, elles n’épargnent pas les cellules saines voisines et peuvent entraîner des effets secondaires. Selon les organes atteints, il peut s’agir par exemple d’érythèmes (rougeur de la peau), de mucites (inflammations de muqueuses, le plus souvent de la bouche) ou d’alopécie (perte de cheveux). Chez les personnes âgées, la peau, les poumons
et les glandes salivaires sont parmi les organes les plus sensibles et les plus vulnérables lors d’un traitement par radiothérapie. Le calendrier de traitements peut donc être adapté au malade et à son état général.

Aujourd’hui, il est possible de proposer un nombre réduit de séances de radiothérapie (hypofractionnement) pour limiter les effets secondaires sans altérer l’efficacité du traitement. D’importants progrès technologiques ont aussi permis de développer de nouvelles techniques dont l’impact sur les tissus sains est moindre : la tomothérapie, ou radiothérapie guidée par l’image, la radiothérapie stéréotaxique (qui permet de cibler les tumeurs de très petits volumes), la protonthérapie (qui utilise des protons, moins nocifs que les habituels photons)… Ces nouveaux appareillages permettent ainsi de rendre l’option thérapeutique de plus en plus accessible aux personnes âgées.

Fiche : Soigner un cancer par radiothérapie
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Comprendre et agir
Fiche Radiothérapie Couv Hd
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Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Pierre Soubeyran, oncologue médical et directeur de la recherche au sein de l’Institut Bergonié, Bordeaux.