Traiter un cancer après 75 ans

L’oncogériatrie permet à une personne âgée atteinte de cancer de bénéficier d’une prise en charge qui lui est spécifique : elle met en œuvre les traitements préconisés habituellement pour traiter sa maladie tout en les adaptant à son état de fragilité et sa santé.

13 juillet 2022 Dernière mise à jour : 16-07-2025

L’oncogériatrie rassemble spécialistes du cancer et spécialistes des personnes âgées autour du patient. Elle répond à l’importance, la diversité et la complexité des enjeux qui gravitent autour de leur prise en charge, tant du point de vue éthique que du point de vue social et économique.

Une décision pluridisciplinaire

L’oncologue et le gériatre élaborent de façon concertée une prise en charge adaptée à la tumeur – sa localisation, son extension éventuelle à d’autres organes -, à l’état de santé général du patient estimé à partir de l’évaluation gériatrique et à l’environnement social (lieu de vie, situation familiale…). Elle comporte différentes options thérapeutiques possibles : chirurgie, chimiothérapie et/ou radiothérapie. Elle peut aussi faire appel aux compétences d’autres professionnels selon les besoins : psychologues, assistants sociaux, diététiciens, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes…

L’objectif reste dans la mesure du possible de guérir la maladie. Cependant, ces différentes approches thérapeutiques peuvent être longues, lourdes et difficiles à tolérer. Le maintien de la qualité de vie intégrant pleinement les objectifs des médecins, il est parfois préférable de proposer un traitement moins lourd, voire un accompagnement palliatif, dans le but de soulager le patient plutôt que de le traiter coûte que coûte, au prix d’effets secondaires qui peuvent être difficiles à supporter. La prise en charge sera in fine déterminée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP : réunion qui regroupe les différents professionnels de santé) et discutée avec le patient.

La décision médicale partagée

Les modalités de prise en charge sont discutées avec le patient. Les décisions finales relèvent d’un accord mutuel. Il s’agit
ainsi d’une décision médicale partagée entre le médecin et son patient avec différents degrés d’implication des patients selon
leurs souhaits. Cette démarche se renforce d’année en année.

Pour cela, un temps est consacré à l’échange d’informations. Le patient est mis en capacité de comprendre le bénéfice attendu
du traitement, ses limites ainsi que les effets indésirables associés, et le médecin s’enquiert des attentes et des priorités du patient. Une personne âgée peut accorder davantage d’importance à sa qualité de vie, au maintien de son autonomie ou encore au fait de rester chez elle plutôt qu’à la durée de sa vie. Selon ses priorités, le choix de traitement peut être différent.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Pierre Soubeyran, oncologue médical et directeur de la recherche au sein de l’Institut Bergonié, Bordeaux.