Quelles sont les structures dédiées à la prise en charge du cancer après 75 ans ?
En œuvrant sur l’ensemble du territoire français, les équipes mobiles en gériatrie (EMG) et les unités de coordination en oncogériatrie (UCOG) contribuent à une prise en charge optimale des personnes âgées atteintes d’un cancer et au développement de la recherche clinique.
13 juin 2022 Dernière mise à jour : 16-07-2025
Les équipes mobiles de gériatrie (EMG)
De qui s’agit-il ?
Les équipes mobiles de gériatrie interviennent de manière transversale au sein des établissements de santé. Généralement composées d’un médecin gériatre, d’un infirmier d’évaluation, d’un assistant social, d’un secrétaire, voire d’un ergothérapeute, d’un psychologue, d’un psychomotricien, d’un diététicien ou d’un thérapeute familial, elles se déplacent à la demande des services hospitaliers qui accueillent des patients âgés (services de médecine, de chirurgie, urgences…). Elles aident les services à évaluer la situation gériatrique du patient et dispensent un avis et des recommandations qui aident à la mise au point et à l’ajustement de la prise en charge du patient. Ces équipes mobiles ont aussi un rôle de formation des équipes soignantes aux spécificités de la gériatrie.
Les équipes mobiles de gériatrie entretiennent également des liens avec les structures extra-hospitalières pour préparer et sécuriser le retour à domicile des patients : les médecins de ville, les infirmiers et aides-soignants des soins infirmiers à domicile (SIAD) et les centres locaux d’information et de coordination (CLIC) gérontologiques. Dans certains cas, ces équipes se déplacent auprès des patients, notamment lorsqu’ils résident en maison de retraite.
Pour coordonner les soins à domicile, il existe également les réseaux ville-hôpital de gériatrie. Ils couvrent une partie du territoire français et interviennent auprès des patients en collaboration avec les réseaux de soins palliatifs et d’oncologie.
Leur rôle auprès des patients âgés atteints de cancer
Dans le domaine de l’oncogériatrie, les équipes mobiles peuvent être sollicitées pour réaliser une consultation pré-thérapeutique à l’issue du diagnostic. Le gériatre et l’oncologue réalisent une consultation médicale en tandem afin de déterminer si l’état général du sujet âgé nécessite ou non une prise en charge gériatrique.
In fine, les équipes mobiles permettent d’apporter une approche globale du patient dès son admission et lui évitent le classique « parcours du combattant ». Aujourd’hui, de telles équipes existent dans tous les hôpitaux.
Les unités de coordination en oncogériatrie (UCOG)
Les UCOG réunissent des services de gériatrie et de cancérologie. Elles visent à mieux adapter les traitements des patients âgés atteints de cancer par des décisions conjointes oncologues-gériatres. Elles ont aussi pour mission de promouvoir cette prise en charge au niveau régional et de contribuer au développement de la recherche en oncogériatrie.
Enfin, elles dispensent une formation et une information en oncogériatrie pour les professionnels de santé du territoire.
Les UCOG ont été labellisées au terme d’un appel d’offres de l’Institut national du cancer (INCa) en 2006, portant sur leur projet de soins, d’enseignement et de recherche. Elles disposent de moyens humains et matériels dédiés à ces missions. Depuis, leur maillage s’est densifié : il existe aujourd’hui 19 UCOG sur le territoire français, ainsi que 5 UCOG interrégionales (ou UCOGIR). Elles sont complétées par quatre antennes d’oncogériatrie (AOG) pour les régions dénuées d’UCOG, qui assurent les missions de ces dernières en matière de soins uniquement. Ce modèle est unique au monde et positionne la France comme un pays à la pointe dans le domaine de l’oncogériatrie.
De la nécessité d’une recherche clinique plus active
Pendant longtemps, les traitements proposés aux personnes âgées atteintes d’un cancer n’étaient pas toujours correctement adaptés : le plus souvent, ils étaient prescrits en fonction de leur âge – et non leur état de santé général. Et parce qu’ils craignaient les effets secondaires et leurs conséquences sur la qualité de vie, les médecins tendaient à réduire l’intensité des traitements standards (posologie, durée, fréquence, etc.).
Les professionnels de santé ont progressivement soulevé la nécessité d’adapter les options thérapeutiques. Ainsi, de nombreux essais cliniques ont été mis en place pour améliorer les protocoles existants – qu’il s’agisse de chirurgie, de radiothérapie ou de chimiothérapie – et améliorer le rapport bénéfice-risque pour le patient âgé.
En France, l’essor des essais cliniques a été soutenu dès 2003 à travers le premier Plan Cancer. Le Plan 2014-2019 a ainsi inscrit l’amélioration de la prise en charge des personnes âgées à travers le renforcement de la recherche clinique dédiée parmi ses actions prioritaires (action 2.16). De ce fait, la France est un pays en pointe dans le domaine de l’oncogériatrie. La structuration de la recherche clinique s’appuie sur un intergroupe « DIALOG » de recherche en oncogériatrie, labellisé par l’INCa. Il monte des essais cliniques spécifiquement dédiés aux sujets âgés ou collabore avec d’autres groupes coopérateurs pour inclure davantage de sujets âgés dans des essais en cours. Il rassemble deux réseaux importants investis en oncogériatrie au niveau national : le groupe coopérateur GERICO et le Conseil scientifique de la Société francophone d’oncogériatrie (SoFOG) rassemblant les différentes Unités de coordination en oncogériatrie (UCOG). Le groupe GERICO travaille avec des sociétés savantes ou groupes coopérateurs dans les différents types de cancer pour harmoniser les prises en charge selon les profils de sujets âgés (comorbidités, fragilité, etc.), afin de n’exclure personne des soins.
D’autres comités travaillent sur des questions plus transversales. Une étude est, par exemple, en cours pour tester de nouveaux modes d’organisation des soins incluant la télésanté ou encore un rôle accru des infirmiers chez des sujets âgés présentant des comorbidités en plus de leur cancer. Enfin, la plateforme nationale multidisciplinaire PACAN « Personnes Âgées et CANcer » a pour missions d’apporter un soutien méthodologique pour la construction d’études de recherche clinique en oncogériatrie et d’initier de nouveaux projets. Enfin, le soutien à la recherche clinique en oncogériatrie passe également par les programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC), lancés chaque année par le ministère de la Santé.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Pierre Soubeyran, oncologue médical et directeur de la recherche au sein de l’Institut Bergonié, Bordeaux.