Les soins de support, pour qui et quand ?
Pour qui, à quel moment, où, par qui… ? En bref, voici les réponses aux principales questions pratiques que l’on peut se poser sur les soins de support.
09 octobre 2024 Dernière mise à jour : 15-07-2025
Qui peut bénéficier des soins de support ?
Les soins de support sont principalement destinés au patient, mais certains, comme la prise en charge psychologique ou la prise en charge sociale, familiale et professionnelle, sont aussi accessibles aux proches (conjoint, enfants, etc.) et aux aidants (toute personne proche qui s’occupe du malade).
Quand les soins de support sont-ils proposés dans le parcours de soins ?
Dès la consultation d’annonce du cancer, l’équipe médicale de l’établissement de santé évalue avec le malade ses besoins en soins de support. Ces besoins sont consignés dans le programme personnalisé de soins (PPS) du patient ; ils seront ensuite réévalués tout au long du parcours de soins pour être ajustés à l’évolution des besoins du patient. Le patient, mais aussi ses proches, peuvent également exprimer à tout moment un problème ou un besoin particulier à l’équipe de soins, pendant et après la prise en charge hospitalière.
Qui se charge des soins de support ?
Les soins de support sont associés à une organisation pluridisciplinaire : une équipe de professionnels exerçant dans des domaines très différents est impliquée dans ces soins de façon coordonnée. Selon les besoins du patient et de son entourage, peuvent intervenir :
- • des professionnels de l’équipe soignante prenant habituellement en charge le malade (oncologue, infirmier, etc.) ;
- • des professionnels spécialisés dans les soins de support (psychologues, assistants sociaux, diététiciens, etc.) exerçant au sein d’un service ou d’un département dédié spécifiquement à ces soins ;
- • des professionnels et équipes « mobiles » spécialisés venant en soutien de l’équipe médicale sur des problématiques particulières (douleurs rebelles, psychiatrie, gériatrie, plaies complexes, soins palliatifs, etc.).
L’infirmier, présent auprès du médecin dès le début de la prise en charge, est souvent le premier interlocuteur du patient pour les soins de support ; il s’occupe du relais vers les professionnels concernés et de la coordination des soins. Le médecin traitant peut aussi recueillir ou identifier des besoins en soins de support et faire le lien entre le patient et l’équipe hospitalière ou d’autres professionnels et structures.
Où peut-on bénéficier des soins de support ?
La plupart des soins de support sont dispensés au sein de l’établissement hospitalier. Selon le soin de support et la situation du patient, ils peuvent être prodigués au chevet du malade, mais aussi dans des consultations et salles dédiées, en hôpital de jour, à domicile, etc. Certains sont organisés à l’extérieur de l’établissement, dans des structures associatives ou privées partenaires.
Comment se renseigner sur l’offre de soins de support ?
Le patient et ses proches peuvent demander à tout membre de l’équipe soignante ou à l’administration de l’établissement de santé la liste des soins de support proposés et ses modalités d’accès. Variable selon les structures, l’offre en soins de support est souvent décrite dans le livret d’accueil de l’établissement et/ou sur son site Internet. Ouverts aux personnes malades et à leurs proches, les Espaces de rencontres et d’information (ERI) et les
« Espaces Ligue », disponibles dans certains établissements ou en ville, leur permettent aussi de s’informer et d’être orientés selon leurs besoins. Ces lieux peuvent d’ailleurs proposer sur site certains soins de support et de bien-être.
Quels soins de support pour quel problème ?
Les soins de support servent à trouver des solutions adaptées pour soutenir et aider le malade et sa famille dans ses diverses difficultés liées à la maladie et à ses traitements. Chaque problème ou symptôme bénéficie le plus souvent d’un soin classiquement associé, mais d’autres soins de support peuvent être proposés pour contribuer à le résoudre.
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SYMPTÔMES OU PROBLÉMATIQUE |
SOINS DE SUPPORT |
AUTRES SOINS COMPLÉMENTAIRES |
| Douleur physique | Prise en charge de la douleur Hypnoanalgésie Analgésie intrathécale |
Prise en charge psychologique |
| Problèmes d’appétit, amaigrissement | Prise en charge diététique et nutritionnelle | Activité physique adaptée |
| Souffrance psychologique : anxiété, désarroi, craintes, déprime… | Prise en charge psychologique | Prise en charge de la douleur Activité physique adaptée Prise en charge diététique et nutritionnelle Prise en charge sociale, familiale et professionnelle |
| Difficultés administratives, financières, familiales, sociales, professionnelles, quotidiennes… |
Prise en charge sociale, familiale et professionnelle | |
| Difficultés des proches ou des aidants : souffrance psychologique, épuisement… | Soutien psychologique aux proches et aux aidants | Prise en charge sociale, familiale et professionnelle |
| Projet parental, problèmes de fertilité | Préservation de la fertilité | Prise en charge psychologique |
| Problèmes sexuels et intimes | Prise en soin des troubles de la sexualité | Prise en charge psychologique |
| Dépendance au tabac, à l’alcool | Conseils d’hygiène de vie | Prise en charge psychologique |
| Fatigue | Gestion des effets secondaires des traitements | Activité physique adaptée Prise en charge diététique et nutritionnelle Prise en charge sociale, familiale et professionnelle Conseils d’hygiène de vie |
| Troubles digestifs : nausées, diarrhées… | Gestion des effets secondaires des traitements | Prise en charge diététique et nutritionnelle |
| Œdèmes, ulcérations, plaies | Gestion des effets secondaires des traitements | |
| Perte de cheveux, problèmes de peau ou d’ongles | Socio-esthétique | Gestion des effets secondaires des traitements |
Il est à noter que la socio-esthétique n’est pas encore intégrée au « panier » de soins de support, mais elle est souvent proposée par les établissements de santé prenant en charge des personnes atteintes de cancer. Pour soulager de nombreux problèmes, des pratiques non conventionnelles peuvent également être employées : acupuncture contre les nausées, art-thérapie contre l’anxiété, ostéopathie contre les douleurs…
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Ivan Krakowski, oncologue médical, médecin de la douleur, ancien président de l’Association francophone des soins oncologiques de support (AFSOS).