Dépistage des cancers du poumon : début de l’essai grandeur nature

11 juin 2026 Dernière mise à jour : 12-06-2026

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Le nouveau dispositif de dépistage des cancers du poumon débute dans 5 grandes régions pilotes, dans le cadre de l’essai IMPULSION. Il devrait progressivement toucher plus de territoires et être généralisé en 2030.

Les cancers du poumon sont les cancers les plus meurtriers en France, avec un peu plus de 30 000 décès chaque année. A titre de comparaison, les cancers du sein sont responsables de 12 000 décès annuels, 9 000 pour les cancers de la prostate. On sait, en outre, depuis bien longtemps que le tabagisme est le premier facteur de risque de cancer du poumon, auquel 80 % des cas sont attribués. Face à cette situation épidémiologique, une population à risque de cancer étant facilement identifiable, la question de la mise en œuvre d’un dépistage organisé est posée depuis de nombreuses années.

C’est dans un avis rendu en 2022 que la Haute Autorité de Santé (HAS) a estimé que les données disponibles permettaient, enfin, de montrer le bénéfice en termes de survie d’un dépistage par scanner à faible dose chez les personnes fumeuses ou anciennes fumeuses. La recommandation s’est traduite par la mise en œuvre d’un programme pilote appelé « IMPULSION » (IMPlémentation du dépistage du cancer PULmonaire en populatION) par l’Institut national du cancer (INCa), dont les inclusions ont commencé au mois de mai 2026.

Le programme IMPULSION est pour l’instant déployé dans 5 régions (Île-de-France, Hauts-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes) et devrait s’étendre progressivement. Il s’adresse aux personnes de 50 à 74 ans, fumeuses ou ex-fumeuses, sevrées il y a moins de 15 ans, ayant fumé l’équivalent de 2 paquets de cigarettes par jour pendant 10 ans ou 1 paquet par jour pendant 20 ans. S’ils sont encore fumeurs, les participants au programme se voient proposer un accompagnement à l’arrêt du tabac.

Le dépistage en lui-même repose sur la réalisation de deux scanners thoraciques à faible dose réalisés à un an d’intervalle, puis un tous les deux ans.

Selon les résultats d’études préliminaires menées notamment aux Etats-Unis, un tel dispositif pourrait réduire de 38 % le risque de décès par cancer du poumon. Très concrètement, cela pourrait représenter 13 000 décès évités en France en 5 ans.

Si le potentiel sanitaire d’un dépistage organisé des cancers du poumon n’est plus discuté, l’objectif du programme IMPULSION est d’évaluer les conditions optimales de son déploiement en France, pour qu’il s’adapte au mieux aux spécificités des territoires. Il s’attachera notamment à définir les meilleures modalités d’invitation dans les différentes régions, notamment pour toucher les personnes les plus précaires et isolées. Un enjeu important, puisqu’une étude publiée en 2017 estimait que 7253 cas de cancers du poumon (5 614 chez les hommes, 1 639 chez les femmes) étaient attribuables à la défavorisation sociale.

 

R.D.

Sources:

52 777 nouveaux cas de cancers du poumon estimés en 2023
-0,5% par an légère baisse de l'incidence des cancers pulmonaires chez les hommes
+4,3% par an forte hausse de l'incidence des cancers pulmonaires chez les femmes