La consommation de tabac pendant un cancer
Il est recommandé d’arrêter de fumer dès le diagnostic de cancer car le tabac affecte l'efficacité ou la tolérance des traitements.
01 septembre 2024 Dernière mise à jour : 11-09-2026
Il est recommandé d’arrêter de fumer dès le diagnostic de cancer. D’abord, afin de limiter l’un des facteurs de risque de la maladie, mais aussi parce que le tabagisme peut affecter l’efficacité ou la tolérance des traitements qui seront administrés lors du parcours de soins.
- Les complications postopératoires liées à la chirurgie sont plus fréquentes chez les patients fumeurs.
- En cas de radiothérapie, le tabagisme est responsable d’effets secondaires locaux plus fréquents. Il semblerait aussi que le taux de cancers secondaires soit plus important chez les personnes qui ont continué de fumer pendant leurs traitements par radiothérapie. Dans une étude évaluant les effets de la radiothérapie adjuvante dans le cancer du sein, le tabagisme entrainait un risque plus élevé de complications post-traitement (problèmes cutanés, cardiovasculaires, pulmonaires…), une diminution du taux de survie et/ou une augmentation du risque de récidive par rapport à un patient qui a arrêté de fumer ou n’a jamais fumé.
- Enfin, en cas de chimiothérapie, le tabac peut augmenter les effets indésirables.
Les chances de survie à la suite d’un diagnostic d’un cancer sont davantage réduites chez les fumeurs actuels que chez les anciens fumeurs, sachant que ces derniers présentent encore un risque accru par rapport aux personnes n’ayant jamais fumé.
Une étude menée chez des sujets atteints d’un cancer de la vessie montre que les fumeurs actifs pendant le traitement présentent un risque accru de mortalité et de récidive de leur cancer. Une autre étude va dans le même sens pour le cancer colorectal. Idem en cas de cancer du poumon : plusieurs mécanismes biologiques plausibles peuvent expliquer le bénéfice de l’arrêt du tabac sur la survie des patients atteints de cancer du poumon. La fumée de tabac favorise la croissance, la progression et la dissémination des tumeurs. Elle diminue l’efficacité et la tolérance à la radiothérapie et à la thérapie systématique. Enfin, elle augmente le risque de complications postopératoires et de seconds cancers primaires. Un rôle important pourrait être joué par les changements épigénétiques (modifications chimiques survenant sur l’ADN) induits par la fumée de tabac.
Références
Ce dossier a bénéficié du concours du Dr Anne Stoebner-Delbarre, présidente du groupe oncoaddiction Unicancer, administratrice de la Société francophone de tabacologie (SFT), responsable de l’unité d’onco-addiction et de l’ELSA au département des soins de support de l’Institut du cancer de Montpellier (ICM).