Les différentes formes d’exposition au tabac et à ses produits dérivés
Outre la consommation de cigarettes, d’autres façons de consommer le tabac existent. On note même l’émergence de produits dérivés de la cigarette, ne contenant pas de tabac.
01 septembre 2024 Dernière mise à jour : 11-09-2026
Cigare, tabac à chiquer ou à rouler, pipe, chicha : quels risques ?
La composition de ces tabacs et la façon d’inhaler la fumée ne sont pas les mêmes selon le mode de consommation, mais ces différents produits sont tous nocifs pour la santé. Le surrisque de cancer du poumon et de cancers des voies aérodigestives est confirmé pour le tabac en général. Il est donc conseillé d’éviter d’en consommer, quelle qu’en soit la forme.
Les produits dérivés sans tabac
Il existe par ailleurs des produits sans tabac à base de nicotine. C’est le cas de la cigarette électronique, des sachets de nicotine appelés « pouches », ou encore des perles de nicotine qui se présentent comme des granules d’homéopathie. Bien que sans tabac, ces présentations renferment des substances autres que la nicotine pouvant présenter un danger pour la santé.
Pour la cigarette électronique, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a étudié l’ensemble des liquides destinés à la vaporisation et à l’inhalation de nicotine et d’arômes, disponibles en France. L’ANSES a recensé 1 775 substances différentes (composés chimiques, extraits de plantes…). Parmi elles, 106 sont considérées comme pouvant présenter des dangers pour la santé. Il s’agit de substances classées cancérigènes, mutagènes (entrainant des mutations sur l’ADN) ou toxiques pour la reproduction, de perturbateurs endocriniens ou de produits connus pour provoquer des sensibilisations respiratoires. Enfin, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rappelle qu’il existe une possible relation entre l’initiation aux produits du vapotage et l’entrée dans la consommation ultérieure de tabac ainsi que le développement d’une addiction à la nicotine.
La tabagisme passif
Le tabac constitue la première source de pollution domestique. Lorsqu’un non-fumeur est à proximité d’une personne qui fume, il inhale les substances toxiques transportées par la fumée. Les risques de cette exposition sont maintenant clairement établis. Plus la durée et l’intensité de l’exposition augmentent, plus le risque de développer des cancers est élevé, même s’il reste moindre que chez le fumeur actif. On parle également de tabagisme passif lorsqu’une femme enceinte fume : cela constitue un risque pour le foetus (faible poids à la naissance, retard de développement, risque de fausse couche ou d’accouchement prématuré…).
On estime que deux décès sur cent sont liés au tabagisme passif dans le monde, soit 1,2 million de décès par an. En France, près de 3 000 à 5 000 décès seraient liés au tabagisme passif chaque année, dont 178 par cancer.
Le tabagisme ultra-passif
Le tabagisme ultra-passif aussi nommé le tabagisme tertiaire, est dû à l’exposition à des particules polluantes du tabac qui se déposent dans l’habitat lorsqu’une personne y fume. En effet, aérer la pièce ne suffit pas pour éliminer toutes les particules en suspension ou déposées sur les murs, les sols, les moquettes, les tissus, l’ameublement ou les vêtements. Ces substances issues de la fumée peuvent se remettre en suspension dans l’air lors d’un courant d’air ou d’un mouvement, par exemple en s’asseyant sur des coussins. Elles sont retrouvées au domicile des fumeurs plusieurs années après l’arrêt du tabagisme. Certaines de ces particules sont cancérigènes et peuvent interagir avec d’autres substances de l’environnement, ce qui peut accroitre leur toxicité. Cette source de tabagisme ultra-passif affecte notamment les enfants en bas âge qui jouent près du sol avec une exposition qui se fait par voie transdermique, par inhalation et par ingestion. Chez l’enfant de 1 à 6 ans, le surrisque de cancer à la suite d’ingestion et d’absorption cutanée de fumée tertiaire est respectivement estimé à 9,6 cas pour 100 000 exposés et 3,5 cas pour 1 000 000 exposés dans les foyers habités par des fumeurs, contre 3,3 cas pour 100 000 exposés et 1,2 cas pour 1 000 000 exposés dans les foyers non-fumeurs.
Références
Ce dossier a bénéficié du concours du Dr Anne Stoebner-Delbarre, présidente du groupe oncoaddiction Unicancer, administratrice de la Société francophone de tabacologie (SFT), responsable de l’unité d’onco-addiction et de l’ELSA au département des soins de support de l’Institut du cancer de Montpellier (ICM).