Vivre avec et après un cancer de la thyroïde
Dès l’annonce de la maladie, le patient atteint d’un cancer de la thyroïde peut bénéficier de soins de support qui permettront de soulager ses symptômes et mieux supporter les traitements. La nécessité d’un traitement à vie par une hormone thyroïdienne de remplacement est la principale conséquence de la prise en charge d’un cancer de la thyroïde.
01 juillet 2026 Dernière mise à jour : 07-08-2026
Les soins de support
Les soins dits « de support » représentent tous les soins et soutiens nécessaires aux personnes malades pendant et après la maladie, en plus des traitements contre le cancer lui-même. Ils sont détaillés dans le Plan personnalisé de soins (PPS) remis au patient à l’issue de la consultation d’annonce.
Le soutien psychologique
L’annonce d’un cancer constitue souvent un traumatisme pour le patient et ses proches. En parler peut aider à accepter la maladie. Un soutien émotionnel permet au patient de limiter les baisses de moral. Cela contribue à améliorer sa qualité de vie et à mieux adhérer aux traitements contre le cancer. Pour s’impliquer dans sa prise en charge, il est préférable que le patient soit entouré de ses proches et du personnel soignant. L’important est qu’il puisse exprimer ses inquiétudes et trouver des réponses à ses questions.
Un soutien par un psychologue ou un psycho-oncologue peut être proposé par l’équipe soignante pour écouter et épauler le patient ainsi que son entourage dans l’objectif de soulager leurs souffrances émotionnelles. Ce suivi professionnel est précieux pour le malade tout au long de la prise en charge, mais aussi après les traitements.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
La prise en charge nutritionnelle
Chez certains patients, le cancer de la thyroïde peut entraîner une dénutrition. La dénutrition correspond à des apports alimentaires trop faibles en énergie et nutriments pour couvrir les besoins de l’organisme, ce qui entraîne un amaigrissement. Dans le cas du cancer de la thyroïde, elle peut survenir du fait de la maladie et des effets indésirables des traitements : perte d’appétit ou du goût, troubles de la salivation, difficultés de déglutition, nausées, etc.
Dès le début de la prise en charge, le médecin ou l’équipe soignante fait appel à un diététicien pour évaluer l’état nutritionnel du patient, repérer la dénutrition et établir ses besoins nutritionnels. Des suppléments nutritionnels, voire une nutrition entérale, peuvent être nécessaires.
Les inconforts à l’alimentation orale dus au cancer ou à ses traitements peuvent également être soulagés, par exemple par de la salive artificielle en cas de sécheresse de la bouche.
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La prise en charge de la douleur
Le cancer de la thyroïde et ses traitements peuvent occasionner des douleurs. Le soulagement des douleurs est aujourd’hui l’une des priorités de la prise en charge des cancers. Celle-ci est assurée par l’équipe soignante et, si besoin, un spécialiste algologue. Une radiothérapie ou une chirurgie peut être envisagée pour réduire la taille des métastases osseuses, et ce faisant les douleurs liées à celles-ci.
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Le soutien social
Le service social de l’hôpital ou de la clinique peut orienter le malade et ses proches pour tous les aspects pratiques de la maladie : démarches administratives, aides financières, problématiques professionnelles, transport, soins à domicile, etc.
Elles proposent des permanences téléphoniques et des groupes d’échange offrant aux patients ou à leurs proches l’occasion de dialoguer avec des personnes touchées par le cancer. Les associations de patients permettent aux malades et à leur famille d’obtenir des informations pratiques, mais aussi se de sentir compris, soutenus et encouragés (voir les contacts utiles).
L’hormonothérapie, traitement à vie
Systématiquement après une thyroïdectomie totale et souvent après une thyroïdectomie partielle, un traitement substitutif est nécessaire pour pallier le déficit d’hormones thyroïdiennes. Le médecin prescrit donc au patient une forme synthétique de la thyroxine, la lévothyroxine. Le traitement doit être pris quotidiennement, à vie.
La dose adaptée de lévothyroxine est déterminée par l’équipe médicale, notamment en fonction de l’état de santé du patient, de la réponse au traitement du cancer, du risque de récidive de cancer et du taux sanguin de TSH. Elle sera ensuite réajustée sur la base de dosages réguliers de la TSH. Un premier bilan sanguin est réalisé un à deux mois après le début du traitement par lévothyroxine. Si nécessaire, la dose est augmentée ou diminuée ; un nouveau bilan est alors réalisé après un délai équivalent. Lorsque l’équilibre est obtenu, la surveillance hormonale est réalisée tous les 6 à 12 mois.
Les besoins en hormones thyroïdiennes pourront ensuite varier en fonction de certains paramètres : poids, âge, traitements médicamenteux… Il est donc possible de voir apparaître des symptômes liés à un surdosage ou un sous-dosage en hormones thyroïdiennes au cours de la vie. Si le patient perçoit un ou plusieurs symptômes d’hypothyroïdie (frilosité, fatigue, prise de poids, difficultés de concentration, ongles cassants, crampes…) ou d’hyperthyroïdie (sueurs, irritabilité, palpitations, perte de poids…), il doit consulter son médecin. Celui-ci adaptera la dose de lévothyroxine si nécessaire.
Lorsque le risque de récidive est élevé ou lorsque le traitement par irathérapie n’a pas été totalement efficace, les doses de lévothyroxine utilisées seront supérieures aux doses de substitution. On parle alors d’hormonothérapie frénatrice. Elle permettra à la fois de remplacer les hormones thyroïdiennes naturelles, mais aussi de bloquer la production de TSH. Le risque de rechute est ainsi réduit en empêchant d’éventuelles cellules cancéreuses résiduelles de se développer.
On considère que les risques de récidive de cancer de la thyroïde sont plus élevés pendant les cinq premières années. Plus tard, lorsqu’ils sont moindres, les doses de lévothyroxine peuvent être diminuées.
Suite aux traitements et notamment aux atteintes du nerf récurrent, la voix du patient peut changer et des difficultés d’élocution peuvent persister. Une prise en charge orthophonique, voire une chirurgie ORL, peuvent limiter ces effets indésirables.
Le suivi et la surveillance des récidives
Dans les six à douze mois après le traitement initial, un bilan est réalisé pour vérifier l’absence de récidives. Il comporte deux examens :
- une échographie cervicale. Elle permet de vérifier l’absence de cellules thyroïdiennes, qu’elles soient normales ou cancéreuses, et de rechercher la présence de foyers locaux au niveau des ganglions ;
- un dosage de la thyroglobuline. La thyroglobuline est produite exclusivement par les cellules thyroïdiennes, normales ou cancéreuses. Rechercher des traces de thyroglobuline dans le sang permet de savoir si certaines cellules ont pu échapper au traitement.
Si le bilan est normal (absence de ganglions anormaux à l’échographie, dosages sanguins satisfaisants), les risques de récidive sont faibles : on parle de réponse excellente. Dans le cas contraire, une prise en charge spécifique est proposée. Le suivi sera espacé progressivement en cas de réponse excellente, et un peu plus régulier dans les autres cas selon les caractéristiques propres au patient et à l’histoire de sa maladie.
L’institut national du cancer (INCa)
propose un site Internet d’information www.cancer.fr et un service d’écoute au 0 805 123 125 (service et appel gratuits du lundi au vendredi, de 9h à 19h et le samedi de 9h à 14h).
L’association ARCAGY
propose un dossier d’information sur les cancers de la thyroïde.
www.arcagy.org/infocancer
Vivre sans thyroïde
est un forum de discussion et d’entraide qui permet aux patients de trouver des informations, du soutien et des échanges d’expérience.
www.forum-thyroide.net
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Julien Hadoux, oncologue médical à Gustave Roussy (Villejuif).