Qu'est-ce qu'un cancer de la thyroïde ?

Le cancer de la thyroïde touche une glande du cou dont le rôle est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. Dans la plupart des cas, ce cancer a un bon pronostic : la guérison concerne jusqu’à 95 % des patients.

01 juillet 2026 Dernière mise à jour : 07-08-2026

Qu'est-ce que la thyroïde ?

Anatomie et rôle de la thyroïde

La thyroïde est une glande formée de deux lobes situés de part et d’autre de la trachée, en dessous du larynx. Elle a ainsi une forme de « papillon ». C’est une glande endocrine : elle produit des hormones qui sont libérées dans le sang pour réguler le fonctionnement de nombreux organes. Les hormones thyroïdiennes agissent, par exemple, sur la température du corps, le métabolisme des sucres, des graisses et des protéines, la fréquence cardiaque et respiratoire. Chez les enfants, elles jouent aussi un rôle fondamental dans la croissance.

La thyroïde et l’iode

La glande thyroïde synthétise les hormones thyroïdiennes à partir d’une protéine qu’elle produit, la thyroglobuline, et d’un oligo-élément, l’iode. L’iode est apporté par l’alimentation (sel de table iodé, poissons marins, fruits de mer, lait…). Les besoins quotidiens d’une personne adulte sont de 100 μg/jour.

Schéma du système de reproduction des hormones thyroïdiennes avec plan en coupe du larynx, glande thyroïde, trachée

Le contrôle et la production des hormones

Parmi les hormones produites par la thyroïde, les deux principales sont la triiodothyronine (T3) et la thyroxine ou tétraïodothyronine (T4) :

  • la T4 est produite en grande quantité par la thyroïde, mais elle est peu active. C’est une pro-hormone, un réservoir ;
  • la T3 est la forme active des hormones thyroïdiennes, qui agit directement sur les cellules. La thyroïde en produit de manière relative : la majorité de la T3 provient de la transformation de la T4 en T3 dans d’autres organes (foie, reins, muscles).

Ces hormones sont synthétisées par les cellules folliculaires de la thyroïde, également appelées thyréocytes ou thyrocytes. Cette synthèse est contrôlée par deux glandes situées dans le cerveau : l’hypothalamus et l’hypophyse. L’hypothalamus agit sur l’hypophyse, qui influe elle-même sur la thyroïde. Un mécanisme « en boucle » permet la régulation fine du taux d’hormones thyroïdiennes dans le sang.

  1. L’hypothalamus sécrète l’hormone thyréotrope (TRH).
  2. La TRH stimule la production de thyréostimuline (TSH pour Thyroid Stimulating Hormone) par l’hypophyse.
  3. La TSH produite par l’hypophyse stimule la fabrication des hormones thyroïdiennes T3 et T4 par la thyroïde.

Ainsi, lorsque le taux d’hormones thyroïdiennes dans le sang est insuffisant, la TSH stimule la thyroïde, qui enclenche la synthèse des hormones T3 et T4. S’il est trop élevé, la production de TSH est bloquée, ce qui limite la production des hormones T3 et T4.

Parallèlement, la thyroïde est responsable de la production d’une autre hormone impliquée dans le contrôle du taux de calcium dans l’organisme : la calcitonine. La calcitonine est produite par un autre type de cellules de la thyroïde situées entre ou autour des cellules folliculaires, les cellules parafolliculaires ou « cellules C ».

Lorsque la thyroïde ne fonctionne pas correctement

Parfois, la régulation de la production des hormones thyroïdiennes est défaillante : elle s’emballe ou, au contraire, devient insuffisante. On parle alors respectivement d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie. Les causes possibles de ces dysfonctionnements sont diverses : tumeur bénigne sécrétant des hormones, carence en iode, maladie auto-immune, inflammation de la thyroïde, problème au niveau de l’hypophyse… Les deux dérèglements ont des conséquences globalement opposées :

  • l’hyperthyroïdie entraîne une accélération de certaines fonctions de l’organisme (température, métabolisme, fréquence cardiaque…) avec des bouffées de chaleur, des sueurs, une nervosité, des palpitations, une perte de poids ;
  • l’hypothyroïdie provoque un ralentissement de l’organisme avec souvent une frilosité et une fatigue, des difficultés de concentration, des cheveux et ongles cassants, des crampes et des fourmillements.

Les cancers de la thyroïde

On distingue plusieurs types de cancers thyroïdiens selon les cellules de la thyroïde à partir desquelles ils se développent et l’aspect des cellules tumorales.

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On les appelle « carcinomes », car ils prennent naissance sur les cellules épithéliales d’une glande thyroïdienne.

On distingue les cancers d’origine folliculaire, c’est-à-dire originaires du follicule de la thyroïde où sont habituellement synthétisées les hormones, et les cancers médullaires issus des cellules C qui sécrètent la calcitonine.

Les carcinomes thyroïdiens d’origine folliculaire sont les cancers de la thyroïde les plus fréquents.

 

Les carcinomes papillaires et les carcinomes folliculaires (ou vésiculaires) différenciés

Ces cancers de la thyroïde sont les plus fréquemment diagnostiqués (plus de 90 % des cas) et de meilleur pronostic. Ils se développent à partir des cellules folliculaires de la thyroïde, les thyréocytes.

  • Les cancers papillaires (80 % des cas) apparaissent à plusieurs endroits de la thyroïde et touchent plutôt des personnes jeunes. Ils se développent lentement et sont de très bon pronostic.
  • Les cancers folliculaires (10 % des cas) se situent sur une seule zone de la thyroïde et atteignent plutôt des personnes plus âgées. Leur pronostic est habituellement favorable, en particulier s’ils sont détectés tôt.

On dit de ces cancers qu’ils sont « différenciés », car les cellules cancéreuses ont un aspect et un fonctionnement qui diffèrent très peu des cellules saines de la thyroïde. Il existe différents sous-types de ces cancers selon l’analyse de leurs cellules : carcinomes à cellules hautes, carcinomes oncocytaires, etc.

 

Les carcinomes peu différenciés

Ces carcinomes sont une forme rare (1 à 5 % des cas) de cancer de la thyroïde, où les cellules cancéreuses sont moins proches des cellules normales : on les dit donc « peu différenciés ». Ils peuvent se développer plus rapidement et se propager aux tissus voisins.

 

Les carcinomes indifférenciés (ou anaplasiques)

Dans ces carcinomes d’origine folliculaire très rares (1 à 2 % des cas), les cellules de la thyroïde sont devenues très anormales. Les carcinomes indifférenciés touchent principalement les personnes âgées. Ces cancers de la thyroïde sont plus agressifs et de mauvais pronostic, car ils peuvent atteindre rapidement les ganglions lymphatiques et former des métastases.

 

Les carcinomes médullaires (ou à cellules C)

Dans moins de 5 % cas, les cancers de la thyroïde se développent à partir des cellules parafolliculaires ou cellules C. Ils concernent plutôt des personnes âgées et sont favorisés par une prédisposition génétique héréditaire dans 30 % des cas.

Les cancers de la thyroïde en chiffres

Les cancers de la thyroïde sont relativement rares, dans la mesure où ils ne représentent qu’environ 2 % de l’ensemble des cancers diagnostiqués chaque année en France. Près de 7 700 nouveaux cas ont été estimés en 2023. Les trois-quarts des cancers de la thyroïde concernent des femmes.

Cependant, l’incidence du cancer de la thyroïde a augmenté de 4 % par an entre 1990 et 2018 (en particulier chez les personnes âgées), notamment de 6 % par an entre 1980 et 2005, l’augmentation s’étant atténuée entre 2010 et 2018. Cette augmentation concerne les tumeurs de très petite taille et peu agressives : le nombre de cas de formes plus graves est resté relativement stable dans le temps. Un pic d’incidence a été observé en 2018 avec plus de 10 000 cas. Ce phénomène serait essentiellement lié aux techniques de diagnostic plus fréquemment utilisées et plus précises. Les critères diagnostiques des cancers de la thyroïde ont été depuis réévalués, ce qui a permis de réduire les risques de diagnostic excessif. Ainsi, l’incidence des cancers de la thyroïde diminue depuis quelques années.

La mortalité de ces cancers est faible. En effet, les cancers de la thyroïde ont, dans la plupart des cas, un très bon pronostic avec 90 à 95 % de survie à 5 ans. Les cancers de moins bon pronostic, tels que les cancers réfractaires à l’iode, les carcinomes médullaires avancés et les carcinomes anaplasiques, sont rares : ils représentent environ 500 nouveaux cas par an.

Références

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Julien Hadoux, oncologue médical à Gustave Roussy (Villejuif).