Quels sont les symptômes d’un cancer de la vessie ?

Le principal symptôme évocateur est l'hématurie, c'est-à-dire la présence de sang dans les urines. Elle concerne environ 90 % des patients (1).

01 janvier 2016 Dernière mise à jour : 29-07-2026

Ce dossier (à l’exception de la FAQ) a été réalisé grâce au concours du Professeur Pascal Rischmann, coordonnateur du département d’urologie, andrologie et transplantation rénale au CHU de Toulouse.

Dernière relecture : janvier 2016

Les principaux symptômes du cancer de la vessie

Le saignement survient souvent en fin de miction. Les urines peuvent alors prendre une teinte légèrement rosée, rouge foncé ou bordeaux selon son intensité. Ce signe visible à l’œil nu est appelé hématurie macroscopique. Son abondance n’est toutefois pas liée à la gravité de la maladie.

Dans d’autres cas, le saignement est trop discret pour être perçu directement : on parle alors d’hématurie microscopique, révélée uniquement par une analyse biologique. Ce phénomène peut également être intermittent, avec des phases où les urines retrouvent un aspect normal. C’est pourquoi il est conseillé de solliciter un avis médical dès le premier épisode constaté, même isolé.

Cette démarche permet de réaliser les investigations nécessaires pour confirmer ou écarter l’origine tumorale du saignement, et d’orienter si besoin vers d’autres causes possibles : calculs rénaux, infections à répétition ou affections rénales.

D’autres signes locaux peuvent également alerter : envies d’uriner plus rapprochées, sensations de brûlure ou gêne au moment d’uriner…

Les symptômes des formes avancées du cancer de la vessie

Dans la majorité des cas, la maladie est identifiée précocement : selon l’Association française d’urologie, environ 70 % des diagnostics interviennent avant que la paroi musculaire ne soit atteinte (2).

Lorsque l’affection progresse vers une forme localement étendue ou s’accompagne de métastases (stade 4), les manifestations peuvent s’intensifier et différer selon l’ampleur de l’atteinte.

Les symptômes d’un cancer de la vessie localement avancé

Lorsque la tumeur s’étend aux tissus voisins, elle peut provoquer :

  • une hématurie persistante ;
  • des troubles urinaires plus marqués (envies fréquentes ou urgentes d’uriner, difficultés à uriner, douleurs ou brûlures lors de la miction) ;
  • des douleurs pelviennes ou lombaires ;
  • une insuffisance rénale si la tumeur obstrue les voies urinaires.

À mesure que la maladie progresse, des symptômes plus généraux et pas uniquement spécifiques au cancer de la vessie peuvent apparaître, notamment une fatigue importante, une perte de poids involontaire, une diminution de l’appétit et/ou une anémie.

Quels sont les symptômes d’un cancer de la vessie métastatique ?

À ce stade avancé, la maladie a essaimé vers d’autres organes — le plus souvent les ganglions lymphatiques, le foie, les poumons ou les os. Les manifestations varient alors selon la localisation atteinte :

  • une gêne ou des douleurs au niveau osseux ;
  • un essoufflement ou une toux qui s’installe, en cas d’atteinte pulmonaire ;
  • des douleurs au ventre ou un dysfonctionnement hépatique ;
  • un gonflement associé à l’atteinte ganglionnaire.

Ces signes, communs à de nombreuses autres affections, justifient néanmoins un avis médical afin d’en établir l’origine précise et d’engager, si nécessaire, une prise en charge adaptée.

Quand consulter ?

Certains signes justifient un avis médical, même lorsqu’ils paraissent bénins ou s’estompent rapidement. Il est notamment conseillé de consulter en cas de :

  • sang visible ou détecté dans les urines (hématurie), qu’il soit indolore, ponctuel ou spontanément résolu ;
  • sensation de brûlure en urinant ou besoin fréquent d’uriner qui perdure malgré le temps ou un traitement suivi ;
  • gêne inexpliquée au niveau du bassin ou du bas du dos, surtout si elle s’accompagne de difficultés urinaires.

Ces manifestations, qui peuvent avoir des causes multiples et sans lien avec un cancer de la vessie, nécessitent un examen médical pour en cerner l’origine et, le cas échéant, orienter vers une prise en charge appropriée.

Comment diagnostique-t-on un cancer de la vessie ?

Les symptômes du cancer de la vessie ne sont pas spécifiques : d’autres maladies peuvent être évoquées en présence d’hématuries ou de mictions douloureuses. Pour confirmer le diagnostic, plusieurs examens sont nécessaires.

L’examen clinique

Lors d’une première consultation, le médecin ausculte l’abdomen du patient. Il pratique généralement un toucher rectal, associé à un toucher vaginal chez la femme. Ces gestes permettent de rechercher une éventuelle anomalie au niveau de la vessie. Si les résultats de ces examens sont généralement normaux pour les personnes présentant une tumeur superficielle, une anomalie peut être repérée en cas de forme avancée.

L’ECBU (Examen cytobactériologique des urines)

L’ECBU consiste à analyser au microscope un échantillon d’urine préalablement recueilli auprès du patient. Cet examen permet de repérer des bactéries qui pourraient être responsables d’une infection urinaire et d’une hématurie.

La cytologie urinaire

Comme la peau, l’urothélium (couche interne de la paroi de la vessie) se desquame naturellement : des cellules mortes sont alors évacuées dans les urines. La cytologie urinaire est un examen qui permet d’étudier l’aspect normal ou cancéreux de ces cellules, à partir d’un simple échantillon d’urine. Si cet examen permet de repérer les tumeurs de haut grade, il n’est pas toujours adapté à la détection des tumeurs de bas grade. Celles-ci sont en effet formées de cellules cancéreuses assez semblables aux cellules normales.

L’échographie

Une échographie permet d’observer l’appareil urinaire – vessie, reins et uretères – et les anomalies fonctionnelles qui peuvent les toucher. Elle est réalisée sur vessie pleine, ce qui demande de boire environ un litre d’eau, une heure avant l’examen. Celui-ci dure une vingtaine de minutes et est indolore. Il est réalisé en position allongée : le médecin applique la sonde d’échographie en regard de la vessie après avoir appliqué un gel froid sur la peau.

La cystoscopie

La cystoscopie est un examen très efficace pour poser un diagnostic. Un système optique fin et souple est introduit à l’intérieur de la vessie (via le méat urinaire puis l’urètre) pour repérer et observer les éventuelles anomalies cancéreuses. Pour éviter l’inconfort lié à l’examen, un gel anesthésiant peut être injecté dans l’urètre au début de l’intervention. De l’eau stérile est également injectée pour arrondir la vessie et faciliter l’observation des parois internes. Le médecin observe alors le nombre, la localisation, la taille et l’aspect de la/des anomalies. Si le chirurgien le juge nécessaire, un prélèvement d’échantillons de tissus peut être effectué et analysé par microscopie : c’est la biopsie qui permet de confirmer le diagnostic.

Dans certains cas, le médecin peut fortement suspecter la nature cancéreuse des anomalies détectées avant même de pratiquer une cystoscopie. Pour ces patients, l’examen se fait sous anesthésie générale ou locorégionale (rachianesthésie) ; l’objectif est que le chirurgien puisse d’emblée retirer la tumeur par résection transurétrale (qui passe par l’urètre). La tumeur est ensuite analysée pour confirmer le diagnostic. S’il s’agit bien d’un cancer, cette résection constitue le premier temps du traitement.

Le bilan d’extension

Lorsque les examens précédents ont mis en évidence une tumeur infiltrante ou une tumeur superficielle de mauvais pronostic, des examens complémentaires sont prescrits ; ils permettent d’apprécier dans quelle mesure le cancer a pu s’étendre.

L’urographie tomodensitométrique (uroscanner ou uro-TDM) est un examen d’imagerie qui permet de visualiser l’ensemble du système urinaire, les ganglions lymphatiques locaux et les organes voisins. Il permet d’évaluer dans quelle mesure la maladie s’est propagée au-delà de la vessie. Cet examen permet notamment de repérer les cancers du rein ou de l’uretère qui coexistent chez 2 à 4 % des patients présentant un cancer de la vessie.

L’examen est indolore. Il dure généralement une à deux heures et se pratique de préférence lorsque le patient est à jeun. Dans un premier temps, un scanner de référence est réalisé en position couchée. Un produit de contraste est ensuite injecté par voie intraveineuse : ce produit iodé va passer dans les voies urinaires et les rendre visibles à l’imagerie.

D’autres examens d’imagerie peuvent aussi être envisagés. Le cancer de la vessie pouvant donner des métastases notamment osseuses ou hépatiques, une scintigraphie osseuse ou une échographie hépatique sont respectivement prescrites si le patient se plaint de symptômes pouvant être en rapport avec ces atteintes. Le scanner thoraco-abdomino-pelvien, lui, apporte des informations en cas de suspicion de métastases pulmonaires.

Le pronostic de la maladie

Le pronostic de la maladie est déterminé par :

  • le nombre et la nature des tumeurs présentes dans la vessie ;
  • le degré d’agressivité et d’évolution de la tumeur : c’est ce qu’on appelle le grade. Plus les cellules qui composent la vessie se multiplient rapidement et sont anormales, plus le cancer – dit de haut grade – est de mauvais pronostic ;
  • le degré d’extension de la tumeur au sein de la vessie, voire au niveau d’organes voisins ou distants (métastases). C’est ce qu’on appelle le stade du cancer. Plus le stade est avancé, plus le pronostic est réservé.

En pratique, le stade des tumeurs vésicales est décrit à travers une lettre T (pour Tumeur) :

  • un Tis (carcinome in situ) est un cancer d’aspect plan qui ne touche que les cellules superficielles de la paroi vésicale ;
  • un Ta, dit de type papillaire, est un cancer d’aspect bourgeonnant n’envahissant pas le chorion ;
  • un cancer T1 est un cancer envahissant le chorion mais pas le muscle vésical ;

On regroupe les Tis, Ta et T1 sous le terme de tumeurs superficielles (parfois appelées TVNIM). Cependant, en l’absence de diagnostic et de traitement, certaines d’entre elles, notamment les Tis, peuvent évoluer vers une forme infiltrante.

  • Dès le stade T2, la tumeur envahit le muscle vésical.
  • Les stades T3 et T4 correspondent à des tumeurs qui ont traversé la paroi musculaire de la vessie et se sont propagées aux organes voisins ou à des organes distants. On dit que ce sont des tumeurs infiltrantes (ou TVIM). Elles représentent 30 à 40 % des cas. Elles sont généralement plus complexes à prendre en charge que les tumeurs superficielles. Les cancers de la vessie métastatiques ont un pronostic réservé.

L’ensemble de ces critères permet à l’équipe médicale de choisir le ou les traitements les plus adaptés qui apporteront au patient les meilleurs résultats.

Questions fréquentes

Quels sont les symptômes d’un cancer de la vessie ?

Le symptôme le plus fréquent et évocateur du cancer de la vessie est la présence de sang dans les urines (hématurie), visible souvent en fin de miction. Ce sang peut colorer l’urine en rose, rouge ou orange. D’autres symptômes peuvent accompagner ou précéder ce saignement :

  • Troubles urinaires tels que brûlures en urinant, envie fréquente ou urgente d’uriner, difficultés à uriner ou jet faible
  • Douleurs dans le bas du dos ou au niveau du bassin
  • Infections urinaires récurrentes pouvant être résistantes aux traitements habituels.

Attention, ces symptômes peuvent également être dus à d’autres affections moins graves, mais toute présence de sang dans les urines nécessite une consultation rapide auprès d’un professionnel de santé.

Quelles sont les complications possibles du cancer de la vessie ?

Le cancer peut évoluer localement ou se propager, entraînant :

  • Une obstruction urinaire, provoquant des infections ou des atteintes rénales
  • Des douleurs importantes, notamment si la tumeur envahit la paroi ou les organes voisins
  • Des récidives fréquentes même après traitement, nécessitant un suivi rigoureux
  • Des métastases à distance (ganglions, os, poumons) dans les formes avancées
  • Des complications liées aux traitements, comme des infections ou troubles urinaires persistants.

Une prise en charge rapide et adaptée permet de limiter ces complications.

Quels sont les facteurs de risque d’un cancer de la vessie ?

Plusieurs facteurs de risque augmentent le risque de développer un cancer de la vessie, notamment :

  • Tabagisme
  • Expositions professionnelles à certains produits chimiques (colorants, hydrocarbures, amines aromatiques) ;
  • Âge avancé
  • Sexe masculin
  • Infections urinaires chroniques ou irritation répétée de la vessie
  • Antécédents personnels ou familiaux de cancer de la vessie.

Est-ce qu’un cancer de la vessie est douloureux ?

Dans les premiers stades, le cancer de la vessie est souvent indolore, notamment lors de la survenue d’hématurie. Cependant, au fur et à mesure que la tumeur progresse, des douleurs peuvent apparaître, notamment lors de la miction (dysurie) ou dans le bas du dos si la tumeur envahit les tissus voisins. Dans les formes avancées, les douleurs peuvent être fortes, liées à l’envahissement local ou aux métastases.

Quels sont les principaux traitements du cancer de la vessie ?

Le choix du traitement dépend du stade et du type de cancer. Pour les formes invasives, la chirurgie sera privilégiée avec une résection endoscopique des tumeurs superficielles et/ou une cystectomie (ablation partielle ou totale de la vessie). Elle peut être associée à une chimiothérapie en cas de cancer avancé. Dans le cas où la chirurgie est contre-indiquée, la radiothérapie sera parfois utilisée pour contrôler localement la maladie en complément de la chimiothérapie. Pour prévenir les récidives, les instillations intra-vésicales (mitomycine C et BCG) sont utilisées en traitement complémentaire des  tumeurs superficielles.

Le cancer de la vessie peut-il revenir après un traitement ?

Le cancer de la vessie peut effectivement revenir après un traitement, c’est ce qu’on appelle une récidive. Elle survient surtout dans les deux premières années qui suivent la fin du traitement, mais le risque de rechute peut persister à plus long terme, d’où la nécessité d’un suivi médical régulier toute la vie.

Quels sont les symptômes d’une récidive d’un cancer de la vessie ?

Les symptômes d’une récidive d’un cancer de la vessie sont souvent similaires à ceux qui ont conduit au diagnostic initial. Ces symptômes peuvent témoigner d’une récidive locale de la tumeur. Il est important de noter que le cancer de la vessie récidive fréquemment, surtout dans les formes non invasives, et que le suivi médical régulier (cystoscopies, analyses d’urine) est essentiel pour détecter tôt une récidive.

Du sang dans les urines, est-ce toujours un cancer ?

Non, la présence de sang dans les urines ne signifie pas systématiquement qu’il s’agit d’un cancer de la vessie. Cette manifestation peut également résulter d’une infection, de calculs rénaux, d’une atteinte du rein ou d’autres troubles touchant le système urinaire. Elle mérite néanmoins toujours d’être signalée à un professionnel de santé, qui en recherchera l’origine.

Quels sont les symptômes d’un cancer de la vessie au stade 4 (métastatique) ?

À ce stade avancé, la maladie a atteint des organes éloignés de son point de départ. Au-delà des troubles urinaires initiaux, d’autres manifestations peuvent survenir selon la zone touchée : grande fatigue, amaigrissement involontaire, gêne osseuse, essoufflement ou douleurs qui s’installent. Bien que communs à d’autres pathologies, ces signes justifient une consultation sans délai.

Qu’est-ce que l’hématurie microscopique et quel est son lien avec le cancer de la vessie ?

L’hématurie microscopique désigne la présence de globules rouges non perceptibles à l’œil nu, révélée par une bandelette ou un examen biologique. Elle peut constituer un signe évocateur de la maladie, mais également d’un grand nombre d’autres troubles, et appelle des investigations complémentaires pour en préciser la cause.

Références

(1) Info Cancer “Signes & symptômes”. Consulté sur https://www.arcagy.org/infocancer/localisations/rein-et-voies-urinaires/cancer-vessie/symptomes-et-diagnostic/les-symptomes-et-les-signes.html

(2) Association française d’urologie “Cancer de la vessie : un cancer trop souvent oublié et des facteurs de risques minimisés”. Consulté sur https://www.urofrance.org/wp-content/uploads/2021/11/2021-05-05_communique_cancer_de_la_vessie_afu.pdf

A lire aussi sur les cancers de la vessie

Qu'est-ce qu'un cancer de la vessie ?

Les formes les plus fréquentes de cancers de la vessie sont dites «urothéliales» ; elles touchent majoritairement les hommes de...

En savoir plus sur Qu'est-ce qu'un cancer de la vessie ?
Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer de la vessie ?
En savoir plus sur Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer de la vessie ?
Quelles sont les causes connues du cancer de la vessie ?

L’âge et le tabagisme constituent les deux principaux facteurs de risque de cancer de la vessie. Il existe également un...

En savoir plus sur Quelles sont les causes connues du cancer de la vessie ?
Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer de la vessie ?

L’amélioration des techniques de diagnostic et de traitement est un objectif permanent des scientifiques impliqués dans la recherche contre le...

En savoir plus sur Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer de la vessie ?
Quels sont les traitements du cancer de la vessie ?

La chirurgie est le principal traitement du cancer de la vessie. L’étendue de l’opération dépend du degré d’extension de la...

En savoir plus sur Quels sont les traitements du cancer de la vessie ?
Vivre avec et après un cancer de la vessie

Outre l’impact psychologique de la maladie, les traitements des cancers de la vessie peuvent bouleverser deux aspects majeurs de la...

En savoir plus sur Vivre avec et après un cancer de la vessie
Le cancer de la vessie

Le cancer de la vessie est une maladie qui touche majoritairement les hommes de plus de 50 ans, le tabac...

En savoir plus sur Le cancer de la vessie
cells