La chirurgie dans le traitement du cancer de l'ovaire

La chirurgie est le traitement de référence du cancer de l’ovaire. Elle vise à supprimer la totalité de la tumeur et des cellules cancéreuses qui pourraient migrer vers les organes voisins.

01 mars 2023 Dernière mise à jour : 05-05-2026

À moins que l’état général de la patiente ne le permette pas, la chirurgie est systématiquement proposée pour les tumeurs ovariennes de stades I, II ou III, mais des traitements complémentaires doivent être associés à la chirurgie, parfois même au stade précoce. Pour les tumeurs de stade IV, l’intérêt de la chirurgie est discuté selon la taille et la localisation de la tumeur et des métastases.

 

Déroulement de l’opération

L’opération est conduite sous anesthésie générale. Elle dure environ une heure lorsque la tumeur est à un stade précoce mais peut durer jusqu’à six heures lorsque la tumeur est très évoluée et a atteint d’autres organes. Le type d’intervention proposé dépend également du stade de la maladie :

  • lorsque la tumeur est à un stade précoce, sans extension aux ganglions ou aux organes voisins, l’opération est réalisée sous cœlioscopie ou laparoscopie : de petites incisions de quelques millimètres sont réalisées au niveau de la paroi abdominale afin d’introduire les instruments chirurgicaux et la sonde optique permettant au chirurgien de visualiser les gestes qu’il réalise ;
  • lorsque d’autres organes sont atteints, le chirurgien effectue ce que l’on appelle une laparotomie, c’est-à-dire une incision de l’abdomen depuis le sternum jusqu’au pubis.

Dans tous les cas, le chirurgien prélève des cellules du péritoine pour les analyser et procède ensuite à une annexectomie bilatérale : il retire les deux ovaires et, par précaution, les trompes de Fallope. De la même façon, l’utérus est également retiré (hystérectomie). Une exception peut cependant être envisagée chez les femmes en âge de procréer et ayant un désir d’enfant.

D’autres tissus peuvent être retirés :

  • les ganglions lymphatiques de la cavité abdominale s’ils sont anormaux. Ce «curage ganglionnaire» permet de réduire le risque de dissémination secondaire des cellules cancéreuses vers des organes à distance ;
  • l’épiploon, une partie du péritoine accolée à l’intestin ;
  • l’appendice

Le traitement des tumeurs les plus avancées peut nécessiter d’étendre la chirurgie à d’autres organes : la vessie, la rate, mais aussi une partie du côlon, du rectum ou du péritoine. Lors de l’opération, le chirurgien inspecte les organes avec attention et retire de façon optimale les tissus atteints. L’objectif est d’enlever la totalité, ou à défaut le maximum, des tissus comportant des cellules cancéreuses.

Ceux-ci sont analysés par microscopie dans un second temps afin d’évaluer si la totalité des cellules cancéreuses ont été ou non retirées. Si ce n’est pas le cas, un traitement complémentaire pourra être proposé.

 

Les suites de l’intervention

L’opération chirurgicale nécessite une hospitalisation d’une à trois semaines selon le type d’intervention réalisée.

Dans les premiers jours suivant l’opération, les douleurs sont fréquentes et prises en charge par un traitement antalgique approprié. Par ailleurs, la chirurgie peut entraîner un certain nombre de symptômes :

  • la formation d’un œdème des jambes due au retrait des ganglions lymphatiques abdominaux, qui peut nécessiter un drainage manuel ou le port de collants de contention. L’accumulation de lymphe dans l’abdomen peut, quant à elle, nécessiter la pose de drains, voire une intervention spécifique ;
  • une infection urinaire ou des troubles intestinaux (constipation), qui peuvent apparaître dans les jours suivant la chirurgie et seront traités.

Comme pour toutes les interventions, la chirurgie du cancer de l’ovaire expose également la patiente à un faible risque d’hémorragie, de phlébite et d’infection. Une prise en charge appropriée sera initiée si besoin. S’il y a eu ablation d’une partie du système digestif, une surveillance étroite de la qualité de cicatrisation est nécessaire. Si celle-ci n’est pas satisfaisante, une nouvelle intervention peut être envisagée.

Enfin, chez les jeunes femmes, le retrait des ovaires entraîne une ménopause chirurgicale définitive. Cela rend indispensable la prise en compte d’un éventuel désir d’enfant et de l’impact potentiel d’une ménopause précoce, si elle est provoquée avant l’âge de 45 ans.

Fiche : Combattre les métastases
Fiche
Comprendre et agir
Fiche Combattre Les Metastases Si 1
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Références

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Isabelle Ray-Coquard, oncologue médicale au Centre Léon Bérard (Lyon) et du Docteur Christine Rousset-Jablonski, gynécologue médicale, Centre Léon Bérard (Lyon) et Centre Hospitalier Lyon Sud.