Les thérapies ciblées dans le traitement du cancer du rein

Les thérapies ciblées sont des médicaments capables de s’attaquer spécifiquement aux cellules de la tumeur. Il existe plusieurs types de thérapies ciblées qui se distinguent par leur mécanisme d’action. Dans le cancer du rein, on utilise essentiellement les traitements antiangiogéniques et les inhibiteurs de mTOR.

21 juillet 2025 Dernière mise à jour : 29-08-2025

  • Les traitements antiangiogéniques diminuent la formation de vaisseaux sanguins autour des métastases ou des cellules tumorales ayant échappé à l’opération. Ils empêchent ainsi le sang de parvenir jusqu’à elles et par conséquent, ils affament les cellules cancéreuses qui ne se multiplient plus et sont progressivement détruites.
    Cinq médicaments antiangiogéniques sont aujourd’hui indiqués dans le cancer du rein : le sunitinib, le sorafenib, l’axitinib et le pazopanib sont utilisés par voie orale, le bévacizumab est utilisé par voie intraveineuse en association à l’IFN?.
    Les principaux effets secondaires des antiangiogéniques sont l’apparition d’une hypertension artérielle, de diarrhées, de fatigue, d’irritation buccale, de syndrome mains-pieds (épaississement et rougeur douloureuse de la peau de la paume des mains et de la plante des pieds) et de modifications de la peau et des cheveux. Chacun de ces effets secondaires peut le plus souvent être prévenu ou soulagé par un traitement spécifique.
  • Les inhibiteurs de mTOR ciblent l’un des mécanismes responsables de la multiplication anormale des cellules cancéreuses. Il existe aujourd’hui deux inhibiteurs de mTOR : le temsirolimus (traitement injectable) et l’évérolimus (traitement oral).

Ces deux médicaments peuvent engendrer une fatigue et une perte d’appétit, une éruption cutanée ou une irritation des muqueuses. Ils peuvent aussi perturber le métabolisme des graisses, avec une augmentation du cholestérol (hyperlipidémie) ou des triglycérides (hypertriglycéridémie) dans le sang, déréguler la créatininémie ou perturber le fonctionnement normal du foie (augmentation des transaminases). Des pneumopathies non infectieuses peuvent également être observées. S’ils surviennent, ces effets secondaires peuvent être contrés par une prise en charge adaptée.

En pratique, le médecin prescrit l’une de ces thérapies ciblées de façon prolongée. Il en surveille l’efficacité par scanner tous les trois mois environ. Le médicament est prescrit tant que la tumeur régresse ou stagne. Lorsqu’il devient inefficace, il peut être remplacé par une autre thérapie ciblée. Ces dernières années, l’utilisation de plusieurs lignes de thérapies ciblées successives a permis de prolonger l’espérance de vie des malades atteints de cancer du rein métastatique de plusieurs semaines à plusieurs mois.

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Dr Bernard Escudier, Gustave Roussy (Villejuif) et du Pr Jean-Jacques Patard, service d’urologie au CHU Bicêtre (Kremlin-Bicêtre).