Cancer du sein : quel taux de survie ?
Le cancer du sein est l'un des cancers au pronostic le plus favorable. Avec 61 214 nouveaux cas en 2023 (1), il bénéficie aujourd'hui d'une prise en charge très efficace lorsqu’il est détecté tôt . Ce bon pronostic global masque cependant des réalités différentes selon le stade au diagnostic et le type de tumeur.
15 septembre 2025 Dernière mise à jour : 22-07-2026
Comment se calcule le taux de survie d’un cancer du sein ?
Le taux de survie utilisé en cancérologie est la survie nette standardisée à 5 ans. Il mesure la proportion de patients encore en vie cinq ans après le diagnostic, en neutralisant les autres causes de décès : c’est-à-dire en isolant uniquement l’effet du cancer sur la mortalité.
Ce chiffre ne prédit pas l’évolution individuelle d’un patient : il reflète une tendance statistique mesurée sur des cohortes de plusieurs milliers de personnes.
La survie nette se distingue de la survie relative (qui compare la mortalité des patients à celle de la population générale du même âge) et de la survie observée (qui comptabilise tous les décès, quelle qu’en soit la cause).
C’est la survie nette qui est utilisée par Santé Publique France dans ses publications de référence et sur laquelle repose l’ensemble des données citées sur cette page.
Quel est le taux de survie global du cancer du sein ?
En France, le taux de survie nette à 5 ans du cancer du sein s’élève à 88% pour les patientes diagnostiquées entre 2010 et 2015 (2). C’est l’un des taux de survie les plus élevés parmi les cancers fréquents.
Lorsque le cancer est détecté à un stade précoce, les chances de survie à 5 ans atteignent 99 %, contre seulement 26 % pour un diagnostic à un stade tardif (1). Aujourd’hui, 60 % des cancers du sein sont diagnostiqués à un stade précoce en France (3).
Quel taux de survie selon les stades du cancer du sein ?
L’impact du stade du cancer du sein sur la survie
Le stade au moment du diagnostic du cancer du sein est le facteur pronostique le plus déterminant. Plus la tumeur est détectée tôt (avant toute atteinte ganglionnaire ou métastase), plus les possibilités de traitement curatif sont grandes et plus la survie s’améliore.
L’écart est considérable selon le stade au diagnostic : la survie à 5 ans atteint 99 % pour un cancer détecté à un stade précoce, contre 26 % pour un diagnostic à un stade tardif (1).
Les sous-types tumoraux du cancer du sein
Au-delà du stade, le sous-type moléculaire de la tumeur influence fortement le pronostic et le choix des traitements. On distingue principalement trois types de cancer du sein, ou sous-types tumoraux :
Les cancers hormonodépendants (récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone positifs) représentent la majorité des cas. Ils répondent bien aux traitements hormonaux (hormonothérapie) et ont globalement un pronostic favorable.
Les cancers HER2-positifs se caractérisent par une surexpression de la protéine HER2, qui accélère la croissance tumorale. Ils sont plus agressifs mais répondent bien aux thérapies ciblées anti-HER2 (trastuzumab, pertuzumab), qui ont transformé leur pronostic au cours des vingt dernières années.
Les cancers triple négatifs sont les plus difficiles à traiter : ils n’expriment ni récepteurs hormonaux ni HER2, ce qui exclut de fait les traitements ciblés correspondants. Ils touchent plus souvent les femmes jeunes et présentent un risque plus élevé de récidive métastatique (4). Leur pronostic est moins favorable que les deux autres sous-types, bien que des progrès significatifs aient été obtenus grâce à l’immunothérapie.
Comment évolue la mortalité du cancer du sein ?
La mortalité par cancer du sein est en baisse de 1,2 % en France entre 2012 et 2022 (3). Cette amélioration s’explique par deux facteurs convergents :
- L’amélioration du dépistage, qui permet de détecter davantage de cancers à un stade précoce et donc plus facilement traitable ;
- Les progrès thérapeutiques, notamment les thérapies ciblées anti-HER2, les inhibiteurs de CDK4/6 pour les formes hormonodépendantes et l’immunothérapie pour les cancers triple négatifs.
La survie nette à 5 ans est passée de 79 % pour les patientes diagnostiquées en 1990 à 89 % pour celles diagnostiquées en 2010 (3). Une progression de près de 10 points en vingt ans, qui fait du cancer du sein l’un des cancers où les gains de survie ont été les plus marqués.
Le rôle du dépistage organisé est directement mesurable : selon une étude de l’INCa publiée en mars 2026, 23 000 décès ont été évités en France entre 2004 et 2018 grâce au programme national de dépistage. L’INCa estime que 95 000 décès supplémentaires devraient être évités d’ici 2054 si la participation continue de progresser (5).
Néanmoins, le taux d’incidence du nombre de nouveaux cas annuels de cancer du sein a presque doublé entre 1990 et 2018, passant de 29 970 à 58 400 cas annuels (soit +1,1 % par an en moyenne) (3).
Existe-t-il une différence de survie entre les hommes et les femmes atteints de cancer du sein ?
Bien que le cancer du sein soit rare chez les hommes (moins de 1% des cas), le pronostic est généralement moins favorable que chez les femmes. Cela s’explique en partie par plusieurs facteurs : un diagnostic souvent plus tardif et un profil de la maladie moins favorable.
Selon une étude américaine de 2019, le taux de survie à 5 ans pour les hommes est d’environ 77,6 % (6), contre 89 % pour les femmes en France (2).
Références
Cet article a été rédigé à partir du dossier « Les cancers du sein » réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis, Paris.
Sources
- (1) Ameli “Comprendre le cancer du sein”. Consulté sur https://www.ameli.fr/
- (2) Santé Publique France “Cancer du sein”. Consulté sur https://www.santepubliquefrance.fr/
- (3) INCa “Les cancers du sein”. Consulté sur https://www.cancer.fr/
- (4) InfoCancer “Cancers triple-négatifs”. Consulté sur https://www.arcagy.org/
- (5) Inca “Dépistage des cancers du sein : 23 000 décès évités entre 2004 et 2018”. Consulté sur https://www.cancer.fr/
- (6) Wang F, et al. Overall Mortality After Diagnosis of Breast Cancer in Men vs Women. JAMA Oncology, 19 septembre 2019 citée dans l’article Cancer du sein : un risque de décès plus élevé chez les hommes ? – Fondation ARC pour la recherche sur le cancer