L'immunothérapie dans le traitement des lymphomes non hodgkiniens
Depuis 2000, les médecins disposent d’anticorps monoclonaux produits en laboratoire qui constituent la base de l’immunothérapie.
01 avril 2025 Dernière mise à jour : 08-04-2026
Le principe
Son principe : aider le système immunitaire du patient à lutter contre les cellules cancéreuses. Comme les cellules immunitaires du malade ne produisent pas d’anticorps efficaces contre les cellules du lymphome, on lui en apporte directement via des injections intraveineuses ou sous-cutanées. Les anticorps injectés se fixent sur les cellules du lymphome, attirant les cellules immunitaires qui détruisent la cellule malade. Plusieurs injections (entre quatre et huit) sont réalisées à intervalle d’une à plusieurs semaines.
L’avènement des cellules CAR-T a considérablement modifié le traitement de certaines hémopathies malignes en rechute. Ces médicaments de thérapie génique sont produits à partir des lymphocytes T du patient dans lesquels un gène a été introduit afin qu’ils expriment un « récepteur chimérique à l’antigène » ou CAR (Chimeric Antigen Receptor, en anglais). Réinjectés au patient, les lymphocytes T devenus cellules CAR-T sont alors capables de reconnaître et de cibler une protéine spécifique présente à la surface des cellules cancéreuses et de détruire ces dernières.
Actuellement, six médicaments CAR-T sont autorisés en Europe pour traiter des cancers du sang. Parmi les patients traités en France depuis 2019, 80 % l’ont été pour un lymphome. Initialement utilisés en dernières lignes de traitement chez des adultes en rechute ou dont le lymphome est réfractaire, certains médicaments CAR-T sont désormais utilisés en seconde ligne de traitement, et des essais cliniques sont en cours pour les évaluer en première ligne. Deux bémols néanmoins : leur coût très élevé (supérieur à 300 000 euros par patient) et les effets indésirables non négligeables auxquels ils sont associés.
Autre avancée majeure, les anticorps bispécifiques. Capables de se lier à la fois aux cellules immunitaires et aux cellules cancéreuses, ils facilitent l’interaction entre les unes et les autres et stimulent ainsi le système immunitaire spécifiquement contre les cellules du lymphome. Ces traitements présentent des avantages par rapport à la thérapie par cellules CAR-T : plus faciles à produire, plus efficaces, ils seraient également mieux tolérés et les effets indésirables qu’ils entraînent seraient moins nombreux et moins graves. Plusieurs essais sont en cours dans la plupart des cancers du sang, en monothérapie ou associés à d’autres traitements, parfois dès la première ligne de traitement.
Les effets indésirables
Au début de l’immunothérapie, le malade peut présenter des signes comme de la fièvre, des nausées ou des maux de tête. Les médecins proposent alors des médicaments pour améliorer ces manifestations. Peu de patients font une allergie, mais ce risque doit être surveillé car il s’agit d’un effet secondaire plus sérieux. Le traitement par immunothérapie n’est pas interrompu pour autant, mais des médicaments antiallergiques sont prescrits.
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Pierre Sujobert, service d’hématologie biologique et d’hémostase clinique, hôpital Louis Pradel-Hospices civils de Lyon.