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28 octobre 2019

Etude MyPeBS, mobilisation générale pour un dépistage personnalisé

Alors que le dépistage organisé du cancer du sein ne touche que la moitié de sa cible depuis plusieurs années, le consortium international MyPeBS, dont la Fondation ARC est membre, pose une question cruciale : un dépistage dont le protocole serait adapté au niveau de risque de chaque femme ne serait-il pas plus efficace ? Une grande étude, promue par Unicancer et financée par le programme européen « Horizon 2020 » se propose d’inclure 85 000 femmes à travers 5 pays afin d’y répondre.

360 000 diagnostics et 92 000 décès chaque année en Europe. Pour les femmes, les cancers du sein sont les plus fréquents et restent la première cause de décès par cancer. Pourtant, lorsqu’ils sont diagnostiqués suffisamment tôt, une guérison est obtenue dans plus de 90 % des cas. En France, un dépistage est organisé à l’échelle nationale depuis 2004 : tous les deux ans, l’ensemble des femmes âgées de 50 à 74 ans et qui ont un risque moyen de cancer du sein (absence de nombreux cas familiaux ou d’antécédents personnels…) sont invitées à réaliser une mammographie associée à un examen clinique. Si les modalités peuvent varier légèrement, ce type de dépistage est organisé dans de nombreux pays européens. Malgré des bénéfices avérés, le dépistage organisé (DO) fait face à certaines limites : sensibilité imparfaite des examens, détection de tumeurs finalement bénignes ou de tumeurs effectivement cancéreuses – et donc traitées – mais dont l’évolution très lente n’aurait pas menacé la vie des patientes, exposition minime (mais réelle) à une irradiation due aux mammographies répétées. Enfin, la participation au DO est, en France, bien trop faible (environ 50 % de la population ciblée) et insuffisamment compensée par une démarche individuelle de dépistage.MyPeBS

Pour optimiser l’efficacité du dépistage et favoriser son acceptation dans la population féminine, le projet international MyPeBS (My Personal Breast Screening) se propose de tester une approche alternative basée sur l’adaptation du protocole de dépistage selon le niveau de risque de cancer du sein de chaque femme1.

MyPeBS, une nouvelle approche basée sur un socle de connaissances solide

Les dernières années ont livré aux chercheurs et médecins des outils importants pour réussir à mieux évaluer le risque individuel de chaque femme à développer un cancer du sein. Impliquée dans les travaux qui ont permis ces avancées, l’équipe de Suzette Delaloge, cheffe du comité de pathologie mammaire à Gustave Roussy (Villejuif), a ainsi travaillé depuis 2011 à la mise au point d’une méthode de calcul d’un score reflétant le niveau de risque et reposant sur l’âge de la femme, son histoire familiale, ses antécédents gynécologiques et sa densité mammaire. Ces travaux, alors soutenus par la Fondation ARC, ont permis la validation en France du score de risque mis au point aux Etats-Unis par le Breast Cancer Screening Consortium (BCSC) et la création du logiciel Mammorisk®, utilisable de façon simple par tout médecin pour informer chaque femme sur son niveau de risque et lui proposer un suivi adapté. Cet outil a ensuite été testé grâce à l’étude Riviera, promue par Gustave Roussy et, elle aussi, soutenue par la Fondation ARC : « il était impératif, pour envisager d’aller plus loin, d’évaluer la faisabilité et l’acceptabilité de la mesure du risque individuel de cancer du sein, tant du point de vue des médecins que de celui des femmes reçues en consultation » explique Suzette Delaloge. Réalisée en France auprès de 452 femmes de 40 à 74 ans, l’étude a permis de valider l’approche avec un taux d’acceptation de la démarche de 97 % auprès des femmes reçues en consultation et une anxiété faible 48h après la consultation (en savoir plus).Parallèlement, des études génétiques ont apporté d’autres informations capitales pour l’estimation du risque de cancer du sein. Au-delà du rôle de gènes clés comme BRCA1/2, dont les mutations provoquent une augmentation drastique du risque, ces travaux ont permis d’identifier un ensemble de variations génétiques dont l’impact est beaucoup plus faible mais qui, lorsqu’elles se combinent, sont bel et bien en mesure d’influer sur le niveau de risque individuel de cancer du sein. Ainsi, en décembre 2018, un ensemble de plusieurs centaines de chercheurs publiait ces résultats indiquant que l’analyse de 313 modifications ponctuelles réparties dans le génome permettait une bonne estimation du risque individuel de cancer du sein.

Plusieurs publications ont démontré en parallèle que ces données génétiques (« génotypage ») pouvaient être combinées aux scores de risque « classiques » (facteurs personnels et familiaux) comme le BCSC ou le score anglais de Tyrer-Cuzick, pour affiner très efficacement l’évaluation individuelle du risque de cancer du sein. Ainsi, c’est un score de risque composite qui est évalué dans MyPeBS, incluant les données génétiques provenant de l’analyse des 313 modifications ponctuelles à partir d’un « simple » test ADN réalisé sur un échantillon salivaire.

Le consortium MyPeBS regroupe de nombreux chercheurs et médecins impliqués dans ces diverses découvertes et avancées. MyPeBS utilise les meilleures données disponibles et validées à ce jour.

MyPeBS, des objectifs primaires et secondaires à distinguer

S’il semble désormais possible d’estimer le niveau de risque de chaque femme grâce à des outils validés, la question que pose l’étude MyPeBS est celle de l’intérêt d’une adaptation des modalités de dépistage organisé en fonction de cette estimation du risque individuel. Peut-on réduire le suivi pour les femmes ayant un risque très faible et l’intensifier pour celles dont le risque semble plus élevé ? « Etant donné que l’approche que l’on teste implique une potentielle désescalade dans la démarche de dépistage, la plus stricte rigueur éthique nous impose de nous assurer que cette nouvelle approche ne constitue pas une perte de chance par rapport au DO actuel » insiste Suzette Delaloge. Cette « non-infériorité » du dépistage personnalisé constitue ainsi l’objectif primaire de l’étude, qui doit être rempli pour pouvoir ensuite se pencher sur des objectifs secondaires dont le plus important sera… d’évaluer la supériorité de l’approche personnalisée. 

En France, 20 000 volontaires à recruter

Pour comparer deux pratiques de santé publique, les investigateurs ont dû voir grand : une condition sine qua non pour obtenir des résultats à la valeur statistique solide. En l’occurrence, l’étude doit compter 85 000 participantes de 40 à 70 ans, une moitié étant suivie par DO classique l’autre suivant le protocole de dépistage personnalisé. En France il s’agit de recruter 20 000 femmes volontaires avant mai 2021.

Pour participer à l’étude, rendez-vous sur le site https://mypebs.eu/fr/participez-a-letude-mypebs

CE

1- Promu par Unicancer et financé par le programme européen H2020, le programme fédère 26 partenaires issus de 7 pays (France, Italie, Israël, Belgique, Royaume-Uni, Pays-Bas et États-Unis).


R.D.


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