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15 janvier 2021

Risque de cancers, l’étau se resserre sur la consommation de sucre

Des travaux menés au sein de la cohorte NutriNet-Santé consolident le faisceau de données qui incitent à limiter la consommation de sucres pour réduire le risque de cancers, notamment du sein. 

Le sucre, dont certaines études pointent un potentiel addictif qui serait aussi élevé que l’alcool ou d’autres drogues moins licites, baigne le quotidien de chacun, et ce dès le plus jeune âge. Qu’il soit ajouté ou naturellement présent dans les aliments que nous mangeons, son rôle est avéré dans l’obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires lorsqu’il est consommé en excès. En ce qui concerne les cancers, les hypothèses qui permettraient d’expliquer son mécanisme d’action sont multiples et indirectes : il pourrait notamment agir en favorisant l’obésité ou en provoquant des mécanismes inflammatoires chroniques et une résistance à l’insuline… Un « détail » manque, cependant : son implication n’a pour l’instant pas été constatée en bonne et due forme et les autorités scientifiques et sanitaires ne le considèrent donc pas encore comme un facteur de risque de cancer en tant que tel ! Pour répondre à ce manque d’information, l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle, dirigée par la Dr Mathilde Touvier, s’est penchée sur la consommation de sucres dans la cohorte constituée dans le cadre de l'étude Nutrinet-Santé.

Cette cohorte prospective inclut plus de 100 000 personnes qui ont accepté d’être suivies pendant plusieurs années et de fournir un certain nombre d’informations sur leur santé et leurs « comportements » nutritionnels (voir encadré). Dans l’étude publiée dernièrement, Charlotte Debras s’est penchée sur la consommation globale de sucres, ajoutés ou non. Elle s’est par ailleurs intéressée à l’ensemble des cancers, mais a mené une investigation spécifique dans les sous-groupes des cancers du sein et de la prostate, les plus fréquents chez la femme et l’homme. Des résultats publiés en 2019 par l’équipe avaient déjà permis d’associer la consommation de boissons sucrées à un sur-risque de cancer du sein, la présente étude s’est donc attaché à documenter l’origine des sucres consommés (sucreries, fruits, boissons, produits laitiers, déserts lactés, céréales de petit déjeuner, biscuits et pâtisseries…) et à distinguer leur nature (fructose, glucose, sucrose…).

Après un suivi médian de près de 6 ans et la survenue de plus de 2 500 cas de cancers, les résultats sont sans appel : la consommation globale de sucre est associée à un sur-risque de cancer. Une observation qui, selon les chercheurs, serait principalement dû aux cancer du sein, les autres localisations n’étant apparemment que peu ou pas affectées par la consommation de sucres. Une analyse détaillée des données a révélé que le risque était plus spécifiquement lié aux sucres ajoutés, aux sucres libres, au sucrose, aux sucres des boissons ou des produits laitiers. En outre, les effets sur le risque de cancer du sein s’avéraient légèrement plus important chez les femmes pré-ménopausées. Forts de ces conclusions, les auteurs estiment que la consommation de sucre doit désormais être considérée comme un facteur de risque évitable de cancer, une donnée que les autorités pourront intégrer dans une réflexion politique sur la taxation du sucre et d’autres mesures de prévention sanitaire.

L'étude Nutrinet-Santé

Chaque année, les quelques 100 000 « Nutrinautes » qui ont accepté d'entrer dans cette cohorte, répondent à 5 questionnaires dont les réponses constituent les données de base essentielles à l'étude.

  • Questionnaire alimentaire (3 enquêtes portant sur 3 jours tirés au sort)
  • Questionnaire santé
  • Questionnaire anthropométrique
  • Questionnaire activité physique
  • Questionnaire socio-démographique et mode de vie.

Dès 2010, l'ARC a par ailleurs soutenu la mise en place d’une bio-banque adossée à la cohorte Nutrinet-Santé, à hauteur de 500 000 euros, afin de collecter différents échantillons biologiques auprès des Nutrinautes volontaires.

 

En savoir plus


R. D.

Source : Debras, C. et al; Total and added sugar intakes, sugar types, and cancer risk: results from the prospective NutriNet-Santé cohort; American Journal od Clinical Nutrition; 16 septembre 2020


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