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Mieux comprendre le rôle de la pollution de l’air

Pointée du doigt par les agences sanitaires, la pollution de l’air constitue un facteur de risque de cancer avéré qu’il est capital de mieux caractériser pour mieux protéger les populations.

La pollution de l’air serait responsable de plus de 220 000 décès par cancer du poumon chaque année dans le monde. En 2013, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classait la pollution atmosphérique dans le groupe des agents cancérigènes avérés.

Le CIRC mettait ainsi en cause un cocktail complexe de constituants, eux-mêmes cancérigènes. Parmi eux, des particules de natures et de tailles différentes, les gaz d’échappement des moteurs diesel ou d’autres polluants liés aux transports, à la production d’énergie … Ainsi, d’une région à l’autre, d’un milieu de vie à l’autre, d’un individu à l’autre, les expositions s’avèrent différentes. Mesurer l’impact de ces variations sur le risque de cancer est donc une priorité pour la recherche, dans un seul but : permettre la mise en place d’une prévention mieux adaptée à chacun et donc plus efficace.

Répondre à des questions d’ordres multiples

Si les effets cancérigènes de la pollution atmosphérique concernent dans la très grande majorité des cas les cancers du poumon, des données montrent aussi un accroissement du risque de cancer de la vessie [1]. D’autres évoquent un lien entre la proximité d’un important axe routier – et la pollution qui en découle – et une hausse des cas de leucémie chez les enfants [2]. En milieu professionnel, des associations existeraient entre des pollutions aux particules diesel et un sur-risque de cancer du col de l’utérus, de la vessie, de l’ovaire, de l’œsophage, de l’estomac et du rein [3]. La question de la pollution atmosphérique dépasse donc largement celle du cancer pulmonaire. Mais toutes ces données doivent impérativement être précisées et consolidées pour que les mesures de surveillance et de prévention s’appuient sur des bases les plus fiables possibles.

Les recherches doivent donc à la fois permettre de mieux qualifier et quantifier la pollution atmosphérique (quels polluants, dans quelle proportion, quelle répartition géographique, etc.) comme de mieux comprendre ses effets sur nos organismes.

Enfin, l’observation montre que nous ne sommes pas tous également sensibles aux différents agents cancérigènes de l’air extérieur. Une exploration des particularités individuelles s’impose, qu’il s’agisse du patrimoine génétique, de l’historique médical ou de facteurs comportementaux, là encore pour adapter la surveillance et la prévention aux risques réels de chacun.

Développer des outils de recherche

Pour répondre à ces multiples questions, des recherches très fondamentales de biologie sont évidemment indispensables. Il s’agit par exemple de comprendre comment certains agents chimiques ou physiques altèrent l’intégrité de notre patrimoine génétique, comment d’autres provoquent des réactions inflammatoires chroniques favorables au développement cancéreux, etc.

 

De même, l’observation des populations exposées est aussi un des grands enjeux. Pour les chercheurs, cela nécessite la mise en place et l’exploitation de larges cohortes qui regroupent un grand nombre de personnes et les suivent sur un temps très long. La question des données et informations recueillies auprès de ces personnes est alors centrale : pour évaluer l’action spécifique des polluants atmosphériques sur le risque de cancer, il faut non seulement être capable de décrire au mieux les différentes expositions, mais il est aussi indispensable de prendre en compte tous les facteurs qui pourront, d’une manière ou d’une autre, avoir un effet sur le risque de cancer.

La temporalité d’une exposition (sa durée, sa fréquence, ou l’âge à laquelle elle survient) pouvant jouer un rôle majeur dans son effet sur l’organisme, le suivi à long terme de ces cohortes est crucial : une exposition longue mais à bas bruit a-t-elle les mêmes répercussions qu’une exposition courte et intensive ? Des expositions in utero ou lors du développement de l’enfant ont-elles un effet notable sur le risque de cancer pendant l’enfance ? À l’âge adulte ? En fonction des questions posées, les cohortes nécessitent d’être constituées d’adultes, de parents et d’enfants, de futurs parents… Le plus souvent, les données individuelles qu’elles compilent sont  croisées à d’autres, comme par exemple des données géographiques, météorologiques ou des relevés de la qualité de l’air.

C’est au prix de cette complexité que des données exploitables pourront être produites et servir à une meilleure compréhension du rôle des polluants atmosphériques dans le risque de cancer. Pour la recherche, l’enjeu est de transmettre de nouvelles données, notamment aux pouvoirs publics, dans le but d’ajuster et de renforcer les actions d’une prévention mieux personnalisée.

 


[2] Houaot, J. et al; Residential Proximity to Heavy-Traffic Roads, Benzene Exposure, and Childhood Leukemia—The GEOCAP Study, 2002–2007; Am J Epidemiol (2015) 182 (8): 685-693

[3] Particules fines, dont diesel, et risque de cancer ; Collection Fiches repère ; INCa ; juin 2013


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