Cancers pédiatriques : comment accélérer les progrès ?

Face aux cancers pédiatriques, les laboratoires de recherche comme les centres de soin se structurent pour constituer un cadre le plus favorable possible à l’innovation.

Après les progrès déjà obtenus ces dernières années, d’autres pistes prometteuses s’ouvrent pour améliorer la prise en charge des jeunes patients.

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23 juin 2025 Dernière mise à jour : 09-10-2025

Les cancers sont la première cause de décès par maladie chez les enfants de plus d’un an en France. Chaque année, ce sont environ 450 enfants et adolescents (de 0 à 17 ans) qui en meurent et près de 2300 qui sont touchés par ces maladies. En quelques décennies, la structuration de la prise en charge des jeunes patients et l’adaptation des thérapies anticancéreuses classiques dans la pratique pédiatrique ont permis d’atteindre le taux de 83% de survie cinq ans après le diagnostic. Mais ce taux général masque des disparités importantes d’un cancer à l’autre et semble avoir atteint un plateau depuis plusieurs années.

Un cadre pour le soin et l’innovation

La spécificité et la rareté des cancers pédiatriques appellent une expertise dédiée dans les centres de soin qui prennent en charge les enfants et adolescents. Au fil des années, les Plans Cancer successifs ont permis d’organiser la prise en charge, qui repose aujourd’hui sur un réseau de plusieurs centres de référence par région, et un maillage plus fin des centres de proximité permettant une prise en charge proche du domicile. Ainsi, les décisions médicales mobilisent systématiquement les meilleures expertises régionales.

L’un des grands enjeux actuels est aussi d’organiser le suivi à long terme des patients qui ont été traités pour un cancer dans leur enfance, une nécessité, étant donné les séquelles qui peuvent survenir parfois des années voire des décennies après la prise en charge initiale.

En ce qui concerne la recherche, trois grands pôles inter-régionaux ont été créés fin 2023, chacun rassemblant plusieurs sites de recherche autour de grandes thématiques propres aux cancers pédiatriques. Là encore, cette structuration aide à mutualiser les efforts de recherche pour accélérer la production de nouvelles connaissances et faciliter l’interface entre la recherche fondamentale et la recherche clinique, à destination des patients.

Des succès retentissants, à la portée encore limitée.

Dans ce contexte, les grands programmes nationaux et internationaux de séquençage massif, visant à explorer les bases génétiques des tumeurs de chaque jeune patient, ont été un véritable tremplin pour de nombreux travaux en laboratoires et l’émergence de thérapies ciblées aux effets remarquables. Les inhibiteurs de la protéine NTRK, notamment, ont permis à des enfants qui étaient en échec thérapeutique d’être en rémission après quelques mois de traitement. BRAF, MAPK, ALK, sont autant de protéines qui peuvent aujourd’hui être ciblées chez les enfants porteurs de mutations spécifiques, quelle que soit la localisation de leur tumeur. À partir de 2018, des enfants atteints de cancers du sang ont été les premiers à « bénéficier » des cellules CAR-T, des cellules immunitaires du patient prélevées et modifiées génétiquement en laboratoire pour qu’elles puissent reconnaitre et détruire les cellules tumorales après leur réinjection. Là encore, des enfants ont vu leur cancer reculer et parfois disparaître alors qu’ils avaient déjà reçu, sans succès, toutes les lignes de traitement les plus agressives.

Malheureusement, ces résultats spectaculaires ne concernent encore qu’une minorité de patients. Les médecins et les chercheurs se heurtent à des résistances aux traitements qu’il faut encore comprendre et contourner.

Dépasser les limites actuelles.

De nouvelles perspectives existent. Les chercheurs décryptent, par exemple, de plus en plus précisément la nature des tumeurs pédiatriques. Ces travaux révèlent notamment que le système immunitaire associé aux tumeurs des enfants diffère de celui des adultes. Ces différences pourraient ainsi expliquer en partie les échecs essuyés par les immunothérapies les plus fréquemment utilisées, mais aussi faire émerger de nouvelles stratégies pour recruter ce système de défense !

De nouvelles thérapies ciblées pourraient également voir le jour, dirigées contre des mécanismes qui s’avèrent spécifiques aux cellules cancéreuses des tumeurs pédiatriques.

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207 000 € : c’est le montant alloué par la Fondation ARC à l’essai clinique européen Interfant-21 mis en œuvre par le programme ATTRACT co construit par la Fondation ARC avec 4 grandes associations caritatives européennes. Permettant un travail collaboratif des médecins et chercheurs européens, ATTRACT finance 4 essais cliniques de traitements innovants pour des patients atteints de cancers rares dans différents pays d’Europe, à hauteur de 21 millions €, dont 7 millions € engagés par la Fondation ARC pour la France.

Article réalisé avec le concours du Pr Franck Bourdeaut, pédiatre oncologue à l’Institut Curie (Paris) et co-responsable de l’équipe « Recherche translationnelle en oncologie pédiatrique ».

Les défis de la recherche