Qu'est-ce qu'un cancer du rein ?

Les cancers du rein sont des cancers qui ne touchent généralement qu’un seul des deux reins, sauf dans les formes héréditaires de la maladie. Dans la plupart des cas, il s’agit de carcinomes dits « à cellules claires ».

01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 30-03-2026

L'anatomie des reins

Les reins sont des organes en forme de haricot de 10 à 12 cm de long sur 5 à 7 cm de large. Notre organisme comporte deux reins disposés de façon symétrique à l’arrière de l’abdomen, à hauteur des deux dernières côtes. Leur principale fonction est de filtrer le sang et produire l’urine.

Chaque rein est constitué de plusieurs parties ayant chacune des fonctions précises :

  • la capsule fibreuse externe protège le rein ;
  • le parenchyme rénal, situé juste en dessous de la capsule, contient les structures qui assurent les principales fonctions du rein. Il contient les néphrons, des structures microscopiques chargées de produire l’urine. On dénombre plus d’un million de néphrons dans chaque rein. Chacun d’entre eux comprend un glomérule et un tubule. Le glomérule filtre le sang et produit une urine primitive relarguée dans le tubule où s’élabore l’urine définitive.
  • les calices et le bassinet, situés au cœur de chaque rein, sont chargés de collecter l’urine produite au niveau du parenchyme. Telle la ramification inversée d’un arbre, les tubules convergent dans les calices qui eux-mêmes déversent l’urine dans le bassinet. Depuis le bassinet, l’urine est finalement évacuée vers la vessie à travers l’uretère.

Le rôle des reins

Les reins sont chargés de filtrer le sang pour éliminer les déchets et les toxines de l’organisme qui sont ensuite évacués via l’urine. Les reins assurent également d’autres fonctions essentielles :

  • ils régulent la pression artérielle et le volume de sang circulant dans l’organisme ;
  • ils assurent l’équilibre du sang en eau et en ions (sodium, potassium, calcium…) ;
  • ils produisent des hormones essentielles à l’assimilation du calcium (calcitriol) et à la production de globules rouges par la moelle osseuse (érythropoïétine).

Les différents cancers du rein

Les cancers du rein se développent le plus souvent chez l’adulte. Chez l’enfant, il n’existe que des formes rares dont le néphroblastome ou tumeur de Wilms (environ 120 nouveaux cas chaque année en France).

La grande majorité des cas de cancers du rein de l’adulte sont des carcinomes qui se développent à partir de cellules du revêtement interne des tubules du rein. Selon l’aspect des cellules au microscope, ces cancers sont classés en deux catégories :

  • les carcinomes à cellules claires sont les plus fréquents et représentent près de 75 % des cancers du rein ;
  • les carcinomes à cellules non claires regroupent plusieurs sous-types de cancers du rein : le carcinome papillaire (15 % des cas), le carcinome chromophobe (5 %) et le carcinome médullaire (5 %). Le pronostic de ces cancers est différent en fonction de chaque sous-type.

Les cancers du rein ont tendance à évoluer lentement. Sans traitement, la tumeur va progressivement envahir le rein, les vaisseaux qui l’irriguent (veine rénale et veine cave), les organes voisins (glande surrénale, ganglions), voire migrer sous forme de métastases dans d’autres organes : le plus souvent dans le poumon, mais parfois le foie, les os, ou encore le cerveau.

Les cancers du rein en chiffres

La France[1] se situe parmi les pays ayant le taux le plus élevé de cancers du rein en population générale. En 2023[2], ils représentaient le quatrième type de cancer le plus fréquent chez l’homme avec 11 786 nouveaux cas et le huitième chez la femme avec 5 355 nouveaux cas. Il touche donc environ deux hommes pour une femme.

L’âge médian au moment du diagnostic est de 68 ans chez les hommes et 70 ans chez les femmes. Cela signifie que la moitié des diagnostics ont lieu avant ces âges et la moitié après.

Le nombre de nouveaux cas est en augmentation depuis les années 1990 (+1,7 % par an chez l’homme et +1,4 % chez la femme entre 1990 et 2018).

Les principaux facteurs incriminés dans cette augmentation sont le tabac, l’obésité ou encore l’hypertension artérielle, mais l’amélioration de la performance des examens d’imagerie abdominale favoriserait également des diagnostics précoces et fortuits de petites tumeurs localisées. Ces progrès ont pour conséquence une prise en charge plus précoce et une meilleure survie.

Chez les adolescents et jeunes adultes[3], les cancers du rein sont rares ; environ 1 000 cas ont été dénombrés chez les 30-40 ans sur la période 2000-2020 et moins de 220 chez les 15-30 ans. Toutefois, l’incidence progresse dans cette population. Entre les âges de 15 à 39 ans, les carcinomes rénaux ont crû de 4,51 % par an entre 2000 et 2020, soit plus rapidement que chez les sujets plus âgés. L’obésité pourrait être en partie impliquée.

 

1. Source : Santé publique France/INCA, juillet 2019. Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018.

2. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Incidence des principaux cancers en France métropolitaine en 2023 et tendances depuis 1990.

3. Incidence et son évolution entre 2000 et 2020 des cancers chez les adolescents et jeunes adultes (15-39 ans) dans les départements français couverts par un registre général du cancer. Étude à partir des registres des cancers du réseau Francim (Projet EPI-AJA 2022). Synthèse mars 2025.

Ce dossier a été réalisée avec le concours du Dr Bernard Escudier, membre du Département d’oncologie médicale du comité de cancérologie génito-urinaire de Gustave Roussy.