Cancer du poumon : des progrès pas à pas et de l'espoir
Les cancers du poumon font l’objet d’une recherche intense. Ces dernières années, la prise en charge des patients a évolué de façon significative et la dynamique des résultats tend à s’accélérer. Tour d’horizon de quelques avancées et perspectives marquantes.
16 mai 2026 Dernière mise à jour : 19-08-2026
Les cancers du poumon touchent plus de 52 000 personnes et emportent plus de 33 000 patients chaque année en France. Ils font encore partie des cancers les plus difficiles à traiter. Toutefois, en 30 ans, la proportion de patients encore en vie cinq ans après le diagnostic a presque doublé, passant d’un peu moins de 10% à environ 20% grâce, entre autres, à l’arrivée de nouvelles approches et stratégies thérapeutiques.
Les immunothérapies, de plus en plus tôt
Selon le Dr Boris Duchemann, pneumo-oncologue à l’Hôpital Avicenne AP-HP (Bobigny), le déploiement des immunothérapies est un très bon exemple des changements opérés. Initialement proposées à des stades métastatiques, elles peuvent désormais être administrées avant même l’intervention chirurgicale. Selon les chercheurs, l’intérêt de ce traitement précoce pourrait reposer sur une meilleure réactivité du système immunitaire dans un tissu qui n’a pas été altéré par la chirurgie.
Utiliser plus tôt les immunothérapies implique cependant de réaliser des explorations moléculaires approfondies dès le diagnostic, notamment pour déterminer le statut génétique des cellules cancéreuses dont on sait qu’il conditionne, en partie, l’efficacité des immunothérapies. On a ainsi montré que les tumeurs pulmonaires dont les cellules portent certaines anomalies (mutations de l’EGFR, ALK…) répondent généralement moins bien. En revanche, elles peuvent réagir à des thérapies ciblant précisément ces anomalies, un domaine dans lequel des progrès considérables ont aussi été accomplis.
Thérapies ciblées, encore une nouvelle génération
Si les thérapies ciblées (notamment dirigées contre les protéines EGFR ou ALK) ont montré leur efficacité, celle ci est parfois limitée dans le temps : des cellules cancéreuses acquièrent des caractéristiques moléculaires capables de court-circuiter les traitements, entrainant des récidives. Biologistes et pharmaciens développent en conséquence de nouvelles versions des molécules thérapeutiques, adaptées à ces mutations qui émergent dans les tumeurs pulmonaires. Dans la pratique, ces lignes successives de traitements permettent de prolonger le temps pendant lequel la maladie reste contrôlée. Un temps évidemment très précieux.
Selon le Dr Duchemann, le délai de développement de ces nouvelles générations de traitements se P6 réduit de façon remarquable. En quelques années, les mécanismes de résistance sont décrits, de nouvelles molécules sont conçues, testées et validées. L’accélération est nette : de nouveaux inhibiteurs d’ALK sont déjà disponibles en accès précoce alors même que la génération précédente n’avait émergé qu’en 2022 !
Il dit notamment, « Il est possible qu’un patient, grâce à l’amélioration de sa survie, puisse bénéficier d’un traitement qui était encore en développement au moment de son diagnostic. Un scenario inenvisageable il y a encore dix ans. »
Vers un dépistage adapté au risque ?
Si les progrès thérapeutiques sont là, « intercepter » la maladie le plus tôt possible reste décisif face à la maladie. L’essai IMPULSION a ainsi été lancé début 2026 pour évaluer la faisabilité, à l’échelle nationale, d’un dépistage du cancer du poumon chez les personnes de 50 à 74 ans qui fument ou ont fumé intensivement il y a moins de quinze ans. D’autres travaux émergent pour établir des niveaux de risque individuels par exemple à partir d’une simple prise de sang.
Toutes ces pistes laissent entrevoir la possibilité d’orienter plus précisément et plus tôt les patients vers des dispositifs de dépistage adaptés à leur situation tout en offrant un panel bien plus large d’options thérapeutiques. L’intensité de la mobilisation médicale et scientifique ne laisse pas de doute, les résultats seront là.
Votre don fait la différence !
578 000 € sur 3 ans, c’est le montant attribué au projet du Dr Boris Duchemann, sélectionné en 2025 par notre appel à projets « SIGN’IT – Signatures en immunothérapie ». Il explique que « l’objectif du projet TimePoint est donc de disposer de biomarqueurs permettant de personnaliser les horaires d’administration du traitement en fonction de l’horloge circadienne de chaque patient, ceci afin d’optimiser leur efficacité. »
Cette somme permettra d’assurer les salaires de trois jeunes chercheurs postdoctorants, le stockage des échantillons sanguins et tumoraux ainsi que l’achat du petit matériel de laboratoire et des réactifs nécessaires aux analyses moléculaires.