La recherche clinique, une étape clé pour concrétiser les avancées face aux cancers

Même si les progrès n’arrivent jamais assez vite, le rythme des innovations a énormément fait changer le paysage de l’oncologie ces vingt dernières années. Voici le panorama d’une recherche clinique en mouvement.

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08 novembre 2025 Dernière mise à jour : 19-08-2026

Si le cancer reste l’un des principaux problèmes de santé publique, la prise en charge des patients a progressé de façon très significative ces dernières décennies. On guérit aujourd’hui près de deux patients sur trois, pour un sur deux il y a environ 20 ans. Pour comprendre comment ces progrès ont été obtenus, pourquoi ils prennent du temps, mais surtout dans quelle mesure il est réaliste d’espérer qu’ils accélèrent, il faut comprendre comment la recherche clinique a évolué, et continuer de le faire.

De la recherche fondamentale à la clinique

Ces dernières années, la recherche fondamentale avec, notamment, le développement des outils d’analyse moléculaire, a démultiplié les connaissances que l’on a des cellules cancéreuses et des tumeurs. Deux conséquences à ces progrès : tout d’abord une démultiplication du nombre de cibles et de stratégies thérapeutiques, mais aussi la possibilité pour les cliniciens de décrire plus finement que jamais les tumeurs et donc de bien mieux les distinguer les unes des autres.

Pour évaluer ces traitements qui émergent, auprès de groupes de patients que l’on définit – donc – de plus en plus précisément, le nombre d’essais cliniques a, lui aussi, fortement augmenté. Une tendance que le Pr Antoine Italiano, oncologue à l’Institut Bergonié de Bordeaux, a pu constater dans sa pratique et qui se traduit, selon lui, par une accélération des avancées pour les patients. « Quand j’étais interne, en 2002, il fallait en moyenne 5 ans pour qu’un changement de protocole thérapeutique standard survienne dans la prise en charge de certains cancers. Maintenant les pratiques évoluent après chaque congrès annuel de l’ASCO (le plus grand rendez-vous mondial de l’oncologie) ! ».

Et si ce clinicien insiste sur le fait que chacun de ces pas apporte un bénéfice modeste en termes de survie, à une population restreinte de patients, il rappelle aussi qu’ils permettent in fine à certains cancers d’évoluer vers un meilleur pronostic. Les cancers du poumon métastatiques, entre autres, commencent à être mieux traités grâce à la multiplicité des solutions thérapeutiques développées.

Poser les bonnes questions...

Dans cette démarche de précision, la recherche clinique n’a pas seulement accéléré le rythme. Elle a aussi fait évoluer la nature des questions posées…

Pourquoi tester une nouvelle thérapie uniquement contre un seul cancer si on sait que l’anomalie qu’elle cible existe aussi dans d’autres types de cancers ? Les essais dits « baskets »* regroupent ainsi, dans un même protocole, des patients atteints de différents cancers, mais tous porteurs d’une même anomalie moléculaire.

À l’inverse, les essais « umbrella »* concernent des patients ayant un même type de cancer, mais dont les tumeurs présentent des caractéristiques distinctes. Ces essais permettent de tester plusieurs traitements ciblés, adaptés à ces spécificités.

… et comprendre les réponses !

Par sa conception, chaque essai clinique doit permettre d’obtenir des réponses solides. Mais, par définition, celles-ci sont statistiques, globales. Même un résultat dit positif, amené à faire évoluer un standard thérapeutique, montre que certains patients ne tirent pas ou peu de bénéfice de l’innovation testée. Pour comprendre ce qui détermine cette réponse, un des enjeux de la recherche clinique est donc de permettre la tenue d’études dites « ancillaires », adossées aux essais. Menées dans des laboratoires de recherche, elles exploitent au maximum les données et les échantillons recueillis auprès des patients durant l’essai clinique et explorent toutes les pistes qui pourraient expliquer le résultat de l’essai. Ces recherches, dites « translationnelles » constituent ainsi un pont, très important, entre les chercheurs qui travaillent sur des questions de biologie potentiellement assez fondamentales et des cliniciens qui tentent d’obtenir des semaines, des mois, puis de années de survie à leurs patients.

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C’est l’augmentation – entre 2002 et 2023 – du nombre de patients inclus dans des essais cliniques en oncologie.

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463 000 €, c’est la participation de la Fondation ARC au financement de l’essai clinique AGADIR, coordonné par le Pr Antoine Italiano et mis en œuvre en partenariat avec l’Institut national du cancer. Mené depuis 2021, cet essai clinique pourrait proposer une innovation permettant de remobiliser le système immunitaire, avec la nouvelle combinaison de traitements auprès de patients atteints de différentes tumeurs solides résistantes aux immunothérapies.

Suite à sa sélection par notre appel à projets « SIGN’IT 2025 – Identification de signatures en immunothérapie », nous soutiendrons aussi le projet mené par le Dr Maxime Brunet à hauteur de 600 000 € sur 3 ans.

Références

* Pour « panier » et « parapluie ».

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