Cancers du rein : des étapes significatives franchies
Le traitement des cancers du rein progresse depuis une vingtaine d’années, intégrant les nouvelles thérapies qui ont émergé successivement en cancérologie. Plusieurs étapes ont été franchies récemment, mettant en place de nouveaux standards de traitement et ouvrant de nouvelles perspectives.
11 juin 2024 Dernière mise à jour : 18-08-2026
Chaque année, les cancers du rein touchent plus de 17 000 personnes en France métropolitaine et sont responsables de plus de 5 500 décès. En outre, ces cancers font partie de ceux dont la fréquence augmente de façon significative depuis les années 1990. Heureusement, la survie des patients a, elle aussi, fortement progressé en 30 ans, passant de 59% à 70% cinq ans après le diagnostic. Cependant, comme pour tous les cancers, ces données varient beaucoup en fonction du stade d’avancement de la maladie au moment du diagnostic. Ainsi, 70% des diagnostics révèlent des maladies encore localisées dont le pronostic est très bon.
De nouvelles options thérapeutiques quand la maladie est localisée
Le traitement des patients touchés par un cancer du rein localisé repose sur la chirurgie. Des progrès importants ont optimisé l’efficacité et la sécurité des opérations, notamment en ayant de plus en plus recours à la chirurgie robotisée qui permet le plus souvent d’améliorer la précision du chirurgien et de diminuer le risque de complications. Pour les patients dont la tumeur est petite, ou quand la chirurgie est contre-indiquée, d’autres traitements locaux se sont développés, comme certaines techniques de radiothérapie très précises ou encore de cryothérapie ou de radiofréquence*.
Très récemment, une grande avancée a été obtenue pour les patients dont la tumeur, bien que localisée et opérable, porte les caractéristiques d’une tumeur agressive. Chez ces patients à fort risque de récidive, un essai clinique de phase III a montré qu’un traitement dit « adjuvant » (après la chirurgie) par immunothérapie, administré pendant un an, permettait de réduire les risques de récidive et d’améliorer la survie. Cette immunothérapie, qui empêche les cellules cancéreuses de bloquer les défenses immunitaires, est disponible pour ces patients depuis début 2024.
Optimiser la prise en charge des cancers du rein avancés
Les arrivées successives des thérapies ciblées puis, une dizaine d’années plus tard, des immunothérapies, ont radicalement changé la prise en charge des patients atteints des cancers du rein avancés ou métastatiques. Récemment, des essais cliniques ont établi de nouveaux standards de traitement, à savoir quatre combinaisons, associant deux médicaments d’immunothérapie, ou une immunothérapie et une thérapie ciblée anti-angiogénique (qui limite le développement anormal du réseau sanguin tumoral).
Mais, même si ces standards constituent de réels progrès et permettent des rémissions prolongées dans 20 à 30% des cas, la majorité des patients aura besoin d’un traitement de 2ème intention pour contrôler la maladie. De nouvelles solutions sont indispensables. Des études menées sur l’intensification de ces traitements (deux immunothérapies et un anti angiogénique) n’ont pour l’instant pas été concluantes. Pour certains patients qui répondent particulièrement bien à la double thérapie, c’est au contraire la perspective d’une possible désescalade qui semble s’ouvrir : des pauses thérapeutiques ou un arrêt des traitements (doublé d’une surveillance accrue) pourraient être envisageables.
Certains travaux portent sur l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques. Des résultats positifs d’essais de phase III ont été communiqués fin 2023 et laissent penser que des molécules « anti HIF » (la protéine HIF est connue pour favoriser le développement des cellules cancéreuses du rein) pourraient rejoindre prochainement l’arsenal thérapeutique contre les cancers du rein métastatiques.
Enfin, pour adapter au mieux l’administration des différents traitements, en tenant compte de critères d’efficacité comme de qualité de vie, des biomarqueurs prédictifs doivent encore être identifiés.
Références
Article réalisé avec le concours du Dr Delphine Borchiellini, oncologue en urologie et cheffe du département
de recherche clinique et innovation au centre Antoine Lacassagne de Nice.
* Traitements qui détruisent les petites tumeurs en les exposant à une source de froid intense ou à un
courant alternatif de haute fréquence qui dégage une chaleur importante.