Microenvironnement tumoral : de nouveaux angles d'attaque

Pour mettre au point des thérapies efficaces contre les cancers, les chercheurs s’intéressent de plus en plus à tout ce qui, dans l’environnement immédiat des cellules cancéreuses, peut interagir avec celles-ci et favoriser le développement du cancer.

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04 mai 2025 Dernière mise à jour : 19-08-2026

Quand des cellules deviennent cancéreuses, elles cessent d’assurer les missions qu’elles effectuaient auparavant en collaborant avec les cellules qui les entouraient. Pour autant, elles ne se coupent pas de leur environnement. Au contraire, on sait maintenant que leur prolifération, leur résistance aux traitements et leur dissémination doivent beaucoup aux liens qu’elles tissent avec tout ce que les chercheurs appellent le microenvironnement tumoral. Pour les chercheurs, ces liens sont autant de leviers pour contrer la maladie.

Le microenvironnement tumoral, de quoi s’agit-il ?

Le « microenvironnement tumoral » inclut tous les éléments du tissu dans lequel les cellules cancéreuses sont apparues.

  • On y trouve des vaisseaux sanguins, des vaisseaux lymphatiques et parfois des fibres nerveuses.
  • Peuvent aussi être présentes des cellules immunitaires qui transitent à travers tout notre organisme, détectent les agents infectieux ou les cellules infectées ou cancéreuses et organisent leur élimination.
  • Enfin, on trouve aussi des cellules dites « de soutien » (des fibroblastes) qui confèrent leur structure aux tissus et y diffusent des ressources nutritives.

Vaisseaux sanguins, de nouvelles voies de traitements

On sait depuis longtemps que le développement d’un cancer s’accompagne d’une croissance anormale du réseau sanguin local. Les anti-angiogéniques, médicaments qui ont vu le jour dans les années 90, ont ainsi été développés pour « couper les vivres » (nutriments, oxygène) aux cellules cancéreuses. Aujourd’hui, on comprend encore plus finement comment l’irrigation des tumeurs influence leur métabolisme et leur agressivité. Cela pousse les chercheurs à développer des stratégies visant à restaurer un réseau fonctionnel qui permettrait, entre autres, d’améliorer sa perméabilité aux molécules thérapeutiques.

Des travaux ont aussi montré que certains vaisseaux sanguins tumoraux étaient spécialisés dans l’infiltration des cellules immunitaires capables d’attaquer les cellules cancéreuses. Des alliés précieux ! Favoriser leur production est un objectif important qui pourrait se concrétiser dans les prochaines années.

Le système immunitaire, vers toujours plus d’espoirs thérapeutiques

Il y a trente ans, des travaux ont montré que des freins étaient imposés aux cellules immunitaires par le microenvironnement tumoral et les cellules cancéreuses. Une quinzaine d’années plus tard, on assistait à l’avènement d’immunothérapies basées sur l’utilisation d’anticorps capables de lever ces freins, des traitements qui changent radicalement le pronostic de milliers de patients chaque année en France.

L’un des grands enjeux actuels est de mieux comprendre les ressorts de la mise sous silence de nos défenses naturelles par la tumeur. Quelle est la nature, la quantité, la position des cellules immunitaires au sein des tumeurs ? Sont-elles activées ou « en veille » ? Les méthodes d’analyses se multiplient, toujours plus sophistiquées, pour répondre à ces questions.

Les fibroblastes, des perspectives à plus longue échéance

Dans un tissu, l’émergence d’une tumeur induit très tôt une évolution des fibroblastes, « simples » cellules de soutien qui, par différents processus, en viennent à contribuer à la prolifération et à la dissémination des cellules cancéreuses ou à la résistance aux traitements. Il a par exemple été montré que les fibroblastes pouvaient modifier les mécanismes qui régulent l’infiltration des cellules immunitaires au sein de la tumeur et participer à leur mise sous silence, nous amputant ainsi de nos défenses naturelles.

Irrigation sanguine, composante immunitaire du microenvironnement tumoral, fibroblastes… L’espoir de nouvelles solutions thérapeutiques repose sur la diversité des cibles et la complémentarité des angles d’attaque.

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354 000 € sur 3 ans, c’est le soutien financier de la Fondation ARC au projet mené par Richard Tomasini. C’est l’un des 10 projets que nous soutenons via notre appel à projets PANCREAS 2024 pour un montant global de 4,5 millions d’euros. Ces projets explorent chacun un aspect de la biologie du microenvironnement tumoral encore peu étudié dans les cancers du pancréas et parfois novateur en cancérologie.

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