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18 décembre 2020

COVID-19 et cancers : des questions médicales et scientifiques à traiter en urgence

Face à la crise sanitaire mondiale, la Fondation ARC assume son rôle de catalyseur et mobilise la communauté scientifique autour des enjeux qui concernent spécifiquement les patients atteints de cancer. A l’issue d’un appel à projets lancé dès le mois d’avril 2020, 10 projets de recherche dédiés aux liens entre COVID-19 et cancers ont été sélectionnés pour recevoir chacun un soutien de 50 000 euros. En novembre, un second appel à projets a été lancé pour soutenir des travaux qui nécessitaient un déclenchement urgent, lors de la deuxième vague épidémique. Quatre seront ainsi financés à hauteur de 50 000 à 130 000 euros.

L’épidémie de COVID-19 a émergé à très bas bruit en quelques semaines, fin 2019, autour d’un marché en Chine, alertant tout de même les agences sanitaires mondiales. Quelques mois plus tard, après une flambée exponentielle, la quasi-totalité de la planète était finalement paralysée et le paysage biomédical bouleversé par cette maladie liée à l’infection d’un coronavirus que l’on ne connaissait pas six mois plus tôt. Epidémiologie, génétique des virus, immunologie, recherche clinique, toutes les disciplines à travers le monde sont immédiatement entrées en ordre de bataille pour mieux comprendre l’agent pathogène et les mécanismes de défense mis en œuvre par l’organisme, pour identifier les principales atteintes causées par le syndrome respiratoire aiguë et les stratégies thérapeutiques pour y faire face...
 

Claude Tendil« L’avènement de ce nouveau virus nous a placés face à nos responsabilités de leader de la recherche en cancérologie. En raison de ses impacts sur les patients atteints du cancer, nous avons mobilisé des ressources extraordinaires pour financer les nouveaux axes de recherche qui s’imposaient. »

Claude Tendil, Président de la Fondation ARC
 

Pour les patients atteints de cancers, des préoccupations immédiates

Les premiers constats ont permis d’identifier les patients atteints de certains cancers, notamment des cancers du sang, comme étant une population à risque de contracter les formes sévères de COVID-19*. En outre, l’éloignement momentané des patients des centres de soins a provoqué un retard des dépistages, des diagnostics comme de certains traitements. Aujourd’hui, une étude réalisée à Gustave Roussy (Villejuif) permet ainsi d’estimer que ce préjudice, causé par la seule première vague épidémique, pourrait se traduire en une surmortalité de 2 à 5 % dans les années à venir. Au-delà de ces chiffres, alarmants, la question du préjudice psychologique se pose aussi. Des résultats communiqués en septembre au congrès de la Société Européenne d’Oncologie Médicale (ESMO) posent d’ailleurs les bases d’une exploration qui doit continuer pour mieux caractériser les répercussions de la pandémie de COVID19 sur les parcours des patients atteints de cancer (voir le projet #10 porté par Audrey Faveyrial à Caen et Rouen).

Réplication du virus dans les cellules, mécanismes d’inflammation consécutifs à l’infection, nature des défenses immunitaires impliquées… Les connaissances médicales et scientifiques qui ont émergé en quelques mois ont révélé de nombreux ponts entre l’infection par le SARS-CoV-2 – et la maladie qu’elle provoque – et les mécanismes de développement des cancers ou ceux qui sont à l’œuvre sous l’action des différentes thérapies. Pour une meilleure prise en charge des patients, il est donc crucial de mieux comprendre les interactions, ou les interférences, qui peuvent survenir entre les maladies, ou entre leurs traitements.
 

Eric Solary« Le niveau de réponses exceptionnel et leur qualité témoignent du vif intérêt scientifique que représente cette double énigme Cancer & Covid 19. Il était de notre responsabilité d’animer ce champ de recherche en urgence, pour améliorer la prise en charge des patients dans le futur. »

Pr Eric Solary, Président du Conseil Scientifique


Consciente des enjeux médicaux, scientifiques et sociétaux, comme de l’élan qui a animé la communauté scientifique et médicale dès le début de la crise sanitaire, la Fondation ARC a ouvert, dès le mois d’avril, un appel à projet « Flash » Cancer & COVID-19, dédié à cette recherche transversale. 89 projets de recherche ont été reçus et 10 ont été sélectionnés de façon rigoureuse par les experts de notre Conseil scientifique.

Deuxième vague : de nouvelles recherches sans attendre

La deuxième vague épidémique, loin d’être un écho atténué de la première, a encore mis à mal l’organisation des systèmes de santé et probablement eu un effet sur la prise en charge des patients atteints de cancers. Ainsi, disposer d’outils performants pour estimer cet impact, sur les parcours de soin en cancérologie comme en terme de perte de chance pour les patients atteints de cancers (voir les projets #11 et #12) est apparu indispensable et urgent. La réémergence épidémique a aussi donné l’opportunité à certains projets de recueillir de nouvelles séries d’échantillons, permettant notamment de valider l’identification de biomarqueurs prédictifs du pronostic de la COVID19 chez des patients atteints de cancers (projet #13). Enfin, l’arrivée de vaccins contre le SARS-CoV2 dans le paysage sanitaire pose aujourd’hui la question de leur efficacité chez les patients atteints de cancers, dont le système immunitaire n’est pas nécessairement dans les mêmes dispositions que celui d’une personne non malade (projet #14).

Dans leur ensemble, ces 14 projets de recherche constituent un potentiel inestimable d’informations et de données qui doivent permettre d’accroître rapidement notre compréhension de cette nouvelle maladie et des répercussions qu’elle a chez les patients atteints de cancers. Ils doivent aussi nous fournir de solides outils pour adapter au mieux la prise en charge des patients, dans la suite de cette pandémie ou lors d’éventuelles crises sanitaires comparables.

 

Nancy Abou-Zeid« L’unique préoccupation de la Fondation ARC est de lutter contre le cancer par la recherche, y compris celle portant sur l’interaction entre le cancer et d’autres pathologies. Face à la pandémie, nous avons donc eu une double stratégie. D’une part, maintenir l’ensemble de nos financements dédiés à la recherche sur le cancer. Et d’autre part, initier des actions supplémentaires plus spécifiques sur les liens entre cancer et Covid-19. »

Nancy Abou-Zeid, Directrice scientifique de la Fondation ARC
 

1Mieux prévenir la survenue de formes graves de l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2 chez les patients atteints de cancer
bande 1L’équipe de Catherine Quantin au CHU à Dijon recherche si des facteurs génétiques et comportementaux seraient associés à l’aggravation de l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2 chez les patients atteints de cancer. Cette étude devrait permettre aux autorités sanitaires de disposer des informations essentielles pour élaborer des stratégies de prévention et de prise en charge ciblées des patients atteints de cancer dans le contexte d'une crise sanitaire.
Identifier le profil immunologique des patients atteints de cancer qui seraient les plus à risque de développer une forme grave de l’infection par le coronavirus SARS-CoV-22
Céleste Lebbé et ses collaborateurs, à l’Hôpital Saint-Louis à Paris, identifient, parmi une cohorte de patients suivis pour un mélanome, ceux ayant été infectés par le coronavirus. Puis ils analysent leur profil immunologique et le corrèlent à la pathologie qu’ils présentent. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre les réactions du système immunitaire au cours de l’infection virale et l’impact d’un traitement du mélanome par immunothérapie sur le risque d’aggravation de la maladie Covid-19.bande 2
3Rechercher parmi les patients hospitalisés si certains s’avèrent immunisés contre le SARS-CoV-2
bande 3L’incidence et la sévérité de l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2 sont actuellement analysées chez les patients hospitalisés à Gustave Roussy, à Villejuif, ainsi qu’au Centre Léon Bérard, à Lyon. L’équipe de Laurence Zitvogel s’intéresse au suivi immunologique de ces patients atteints de cancers avancés et sous différents traitements dans l’objectif de déterminer si certains d’entre eux sont immunisés contre le SARS-CoV-2.
Développer une immunothérapie à double action antivirale et anti-tumorale4
L’équipe d’Yves Collette, à l’Institut Paoli Calmettes à Marseille, développe une technologie pour évaluer l’efficacité de nouvelles immunothérapies conçues pour agir sur un frein du système immunitaire commun aux cancers agressifs et à l’infection par le coronavirus SARS-CoV2. A terme, l’équipe espère obtenir rapidement un nouveau traitement mobilisant le système immunitaire des patients contre le cancer et l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2.bande 4
5Renforcer et sécuriser la chimiothérapie de patients atteints de cancer par un traitement à double action antivirale et antitumorale
bande 5L’équipe de María Moriel-Carretero au Centre de Recherche en Biologie cellulaire de Montpellier a découvert un mécanisme biologique commun au contrôle de la réparation de l’ADN dans les cellules saines et à la réplication du coronavirus. L’équipe de recherche a ensuite identifié des médicaments déjà utilisés pour d’autres pathologies et susceptibles de bloquer ce mécanisme. Avec Caroline Goujon et Olivier Moncorgé à l’Institut de Recherche en Infectiologie de Montpellier, elle évaluera la capacité de ces médicaments à sécuriser la chimiothérapie anti-cancéreuse et à limiter l’infection par le coronavirus.
Démontrer qu’il existe des processus inflammatoires communs entre cancers agressifs et tempête cytokinique au cours de la COVID-19, forme aggravée de l’infection à SARS-CoV-26
L’équipe de Gilles Pagès, à l'Institut de recherche sur le cancer et le vieillissement à Nice, a identifié des processus inflammatoires qui contribuent à l’agressivité de cancers. L’objectif de ce projet est de vérifier si la « tempête cytokinique », forme aggravée de l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2, fait intervenir des processus identiques qui permettraient d’identifier les patients à risque d’une évolution défavorable. Il vise aussi à évaluer l’efficacité de médicaments développés contre ces processus pour lutter contre l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2 et notamment en cas de cancer du sein, du rein ou des voies aéro-digestives supérieures.bande 2
7Etudier le lien entre l’infection à coronavirus SARS-CoV-2 et les androgènes chez des patients atteints de cancer de la prostate, notamment sous hormonothérapie.
bande 5Une protéine essentielle à la multiplication du coronavirus SARS-CoV-2 et présente en forte quantité dans les cancers de la prostate est régulée par les hormones androgènes. Au sein de l’unité « CANTHER - Hétérogénéité, Plasticité et Résistance aux Thérapies des Cancers » à Lille, l’équipe de Martine Duterque recherche si les androgènes ont un impact sur l’infection virale par le SARS-CoV-2 dans les poumons ou la prostate et s’il existe un lien entre la gravité de l’infection et l’hormonothérapie utilisée en cas de cancer de la prostate.
Evaluer les conséquences médicales, psychologiques et socio-économiques de la pandémie chez les adultes ayant survécu à un cancer pendant l’enfance ou l’adolescence afin de leur proposer une prise en charge plus adaptée.8
Les jeunes adultes ayant survécu à un cancer pendant l’enfance ou l’adolescence souffrent souvent de troubles cardiovasculaires ou pulmonaires et du diabète et ont un risque plus élevé de développer une évolution sévère en cas d’infection par le coronavirus SARS-CoV-2. Afin de leur proposer une prise en charge médicale plus adaptée, Agnès Dumas, chargée de recherche à l’Inserm à Paris évalue leur perception de ce risque, les éventuelles modifications de leur parcours de soin et l’impact des conséquences psychologiques et socioéconomiques de l'épidémie pour ces anciens patients.bande 2
9Identifier les mécanismes d’entrée du coronavirus SARS-CoV-2 chez les patients atteints de cancer des voies aéro-digestives supérieures (VADS) et déterminer s’il s’agit de cibles thérapeutiques communes
bande 5Marie Alexandra Albaret dans l’équipe du Dr Pierre Saintigny au Centre de recherche en cancérologie de Lyon a découvert que la « vimentine » à la surface des cellules est une protéine impliquée dans la formation des cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS). L’objectif de ce projet est de déterminer si la vimentine ou d’autres protéines de surface jouent un rôle dans l’entrée du coronavirus SARS-CoV-2 dans les cellules de la muqueuse des VADS. Il est aussi d’identifier parmi ces protéines celles qui pourraient constituer de nouvelles cibles et permettre le développement de nouveaux traitements.
Etudier les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la prise en charge et le vécu des patients traités pour un cancer, ainsi que le vécu des soignants.10
La pandémie de COVID-19 a bouleversé la prise en charge des patients traités pour un cancer ou une hémopathie maligne. Le Docteur Audrey Faveyrial a initié une étude pendant le confinement pour documenter les effets de cette crise sanitaire sur les prises en charge et les traitements du cancer. Par ailleurs, cette étude s’intéresse à l’impact psychologique des patients et des personnels soignants durant cette période inédite, mais aussi à distance dans quelques mois. Elle est menée au Centre François Baclesse à Caen et au Centre Henri Becquerel à Rouen.bande 2
11Analyser l’impact de l’épidémie de COVID-19 sur les parcours de prise en charge des patients en cancérologie
bande 1Le projet de Christophe Tournigand et Emmanuelle Kempf, de l'Hôpital Henri Mondor-Université Paris-Est Créteil, entreprend une analyse massive de l’Entrepôt de Données de Santé (EDS) de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, riche du suivi de plus de 11 millions de patients, pour savoir comment les parcours de soins des patients pris en charge en cancérologie ont été modifiés lors de la crise sanitaire. Le développement d’un outil de modélisation de ces parcours en cancérologie devrait permettre d’évaluer l’impact de diverses mesures sanitaires avant qu’elles ne soient implémentées.
Evaluer la perte de chance liée aux modifications de diagnostic et de prise en charge des patients atteints de cancers lors de la pandémie de COVID-1912
Dans le laboratoire HESPER (Health Services and Performance Research) de l’Université Claude-Bernard-Lyon 1, l’objectif de Julie Haesebaert est de qualifier et de quantifier l’impact de la crise sanitaire sur le traitement des patients atteints de cancer. L’enjeu est d’identifier des indicateurs évaluables en direct et suffisamment pertinents du point de vue clinique pour objectiver la perte de chance des patients. Ces outils doivent permettre d’adapter les stratégies de prise en charge en cas de futures vagues épidémiques.bande 2
13Identifier des biomarqueurs métaboliques pour évaluer le pronostic de patients atteints de cancer et de COVID-19
bande 3L’équipe « Métabolisme, cancer et immunité » de Guido Kroemer au Centre des Cordeliers (Paris) et à Gustave Roussy (Villejuif) cherche à identifier des biomarqueurs permettant d’évaluer le pronostic de la COVID-19. Pour y parvenir les chercheurs ont constitué une première cohorte de patients, dite « exploratoire », lors de la première vague épidémique, dans laquelle de nombreux marqueurs métaboliques ont été analysés. Une seconde cohorte de patients atteints de cancer se constitue, pour valider les corrélations qui ont émergé dans la première cohorte entre les données métaboliques et l’évolution clinique des patients.
Evaluer des facteurs prédictifs de réponse à la vaccination contre la COVID-19 chez les patients atteints de cancer14
Selon les premières données disponibles, il semblerait que les patients atteints de cancers développent bien des anticorps lorsqu’ils sont infectés par le SARS-CoV2, mais que leur réponse immunitaire ne mobilise pas efficacement les lymphocytes T. Or la réponse vaccinale contre le coronavirus repose en grande partie sur ces cellules immunitaires. Laura Mansi, dans l’équipe « Relation hôte-greffon-tumeur » de l’Etablissement français du sang à Besançon, propose d’évaluer précisément la réponse immunitaire de patients atteints de cancers lorsqu’ils recevront l’un des vaccins disponibles. Cette étude doit permettre d’identifier les patients chez qui la vaccination risque de ne pas être efficace et d’adapter les mesures de protection pour ces personnes.bande 4

*Des travaux ont permis de définir plus précisément les niveaux de risques, assez hétérogènes, en fonction des types de cancers.

R. D.

Lee, L.Y.W. et al ; COVID-19 prevalence and mortality in patients with cancer and the effect of primary tumour subtype and patient demographics: a prospective cohort study ; Lancet Oncology ; 3 septembre 2020


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