Les cancers masculins

Un cancer sur quatre touchant un homme se développe dans un organe exclusivement masculin, principalement au niveau de la prostate.

Mieux connaître les symptômes associés, les facteurs de risque et, le cas échéant, les mesures de détection et de prévention permet de mieux s’en protéger.

05 août 2026 Dernière mise à jour : 05-08-2026

Les cancers masculins : de quoi s'agit-il ?

Chaque année en France, plus de 245 000 cancers sont diagnostiqués chez des hommes, dont environ un quart concerne des cancers exclusivement masculins (prostate, testicule, verge).

Le cancer de la prostate représente à lui seul 24 % des cancers masculins. S’il reste au deuxième rang des cancers responsables d’un décès chez les hommes (après le cancer du poumon), dans 80 % des cas, il est détecté à un stade précoce, ce qui explique qu’il se soigne très bien : le taux de survie à 5 ans est de 93 %. De plus, certaines formes de cancers de la prostate ont une évolution lente, et ne nécessitent qu’une « surveillance active », associée à des recommandations telles que la pratique d’une activité physique ou un suivi nutritionnel.

Le cancer du testicule est relativement rare. Il touche le plus souvent des hommes jeunes avec un pic autour de 30-34 ans et un âge médian au diagnostic de 35 ans. Ce cancer est de très bon pronostic avec une survie à 5 ans de 97 %, qui varie peu avec l’âge.

Le cancer de la verge est un cancer extrêmement rare. Il peut être lié à une maladie sexuellement transmissible (herpès ou infection au papillomavirus).

Quels symptômes ?

Les cancers de la prostate, du testicule et de la verge n’entraînent pas nécessairement de symptômes spécifiques.

Cancer de la prostate

  • Dans la plupart des cas : évolution lente, le plus souvent sans symptômes.
  • Parfois, en cas de cancer métastatique : douleurs osseuses, fractures osseuses, compression neurologique, perte de poids et/ou fatigue.

Pour en savoir plus sur les symptômes des cancers de la prostate

Cancer du testicule

  • Généralement, pas de symptôme spécifique.
  • Le plus souvent, apparition progressive d’une masse dure et indolore au niveau de l’un des testicules, avec possible augmentation du volume de la bourse.
  • Possible augmentation du volume des seins.

Pour en savoir plus sur les symptômes des cancers du testicule

Cancer de la verge

  • Changement de la peau ou de la muqueuse au niveau du gland ou sur le prépuce : masse, rougeur, éruption, écoulement.
  • Douleur inexpliquée dans le corps ou le bout de la verge.
  • Masse à l’aine correspondant à un ganglion

Les cancers de la verge peuvent occasionner des symptômes même à un stade précoce, mais ils ne sont pas caractéristiques (d’autres affections de la verge peuvent causer les mêmes symptômes). Dans tous les cas, il est indispensable de consulter un médecin.

Adénome et cancer

Il ne faut pas confondre cancer et adénome (aussi appelé hypertrophie bénigne de la prostate). L’adénome prostatique est très fréquent chez les hommes de plus de 50 ans. Il peut se caractériser par des troubles de la fonction urinaire (envies fréquentes, pressantes, difficulté à uriner, impression de mauvaise vidange, fuites…). Il ne dégénère pas en cancer. En revanche, adénome et cancer peuvent coexister chez un même patient.

Quels facteurs de risque ?

Cancer de la prostate

  • Âge : 50 ans et plus (exceptionnel avant 45 ans).
  • Origine ethnique (notamment subsaharienne et antillaise).
  • Facteurs génétiques et héréditaires.
  • Facteurs environnementaux (pesticides) (2).

Cancer du testicule

  • Cryptorchidie (anomalie congénitale touchant 1 à 3 % des nouveau-nés garçons qui se manifeste par un défaut de migration du testicule dans la bourse pendant la vie fœtale).
  • Atrophie testiculaire (petit volume testiculaire).
  • Antécédents familiaux.
  • D’autres facteurs sont discutés : consommation de cannabis, perturbateurs endocriniens…

Cancer de la verge

  • Infection due au papillomavirus humain (HPV).
  • Tabagisme.
  • Inflammation chronique locale.
  • Phimosis (rétrécissement de l’extrémité du prépuce empêchant de décalotter complètement et facilement le gland).

Comment prévenir les cancers masculins ?

Plusieurs stratégies existent, reposant sur des règles hygiéno-diététiques et des gestes simples, ainsi que sur la vaccination et des mesures de détection précoces et personnalisées.

La palpation des testicules

  • Par un examen clinique réalisé par un médecin pour s’assurer que les testicules de l’enfant sont bien descendus dans les bourses et vérifier leur normalité lors du suivi.
  • Par autopalpation : geste à réaliser soi-même régulièrement – notamment pour les jeunes
    hommes – pour détecter une éventuelle masse.

La détection précoce du cancer de la prostate

Il n’existe pas de dépistage organisé du cancer de la prostate, mais une stratégie de détection individuelle peut être mise en place en concertation avec son médecin généraliste ou son urologue, d’autant plus en présence de facteurs de prédisposition (antécédents familiaux, mutation génétique identifiée ou origine afro-antillaise).

Le dépistage individuel repose alors sur deux examens :

  • un dosage du PSA pour mesurer la concentration dans le sang d’une protéine synthétisée par la prostate (dont le taux augmente en cas de cancer, mais aussi en cas d’adénome et d’inflammation) ;
  • un toucher rectal pour repérer une grosseur suspecte ou une anomalie de consistance de la prostate.

La vaccination contre le HPV

Les infections à papillomavirus humain (HPV) sont responsables de plusieurs cancers, dont les cancers de la verge. Elles sont très fréquentes et se transmettent principalement par voie sexuelle. Près de 80 % des personnes sexuellement actives seront infectées au cours de leur vie. Dans environ 90 % des cas, les infections par HPV disparaissent spontanément dans les 2 ans. Ainsi, la vaccination contre le HPV joue un rôle prépondérant dans la prévention du cancer de la verge. Elle est aujourd’hui recommandée pour les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans révolus.

L’hygiène de vie

Des mesures simples sont des facteurs protecteurs :

  • Une activité physique régulière >> cancer de la prostate.
  • L’arrêt du tabagisme et de la consommation de cannabis >> respectivement cancer
    de la verge et du testicule.
  • Une bonne hygiène locale >> cancer de la verge.
  • L’utilisation de préservatifs (comme mesure de prévention contre une infection HPV) >> cancer de la verge.
  • D’autres facteurs pourraient être protecteurs tels qu’une alimentation équilibrée.

Questions fréquentes sur les cancers masculins – Vrai ou faux ?

« Un taux de PSA élevé indique un cancer de la prostate. »

FAUX Le dosage du PSA peut être élevé pour plusieurs raisons : une infection ou une inflammation de la prostate, une hypertrophie bénigne de la prostate. Il est important en cas de PSA élevé de reconsulter son médecin traitant pour compléter le bilan et organiser la suite de la prise en charge.

« Un homme peut développer un cancer du sein. »

VRAI Si le cancer du sein est un cancer majoritairement féminin, les hommes peuvent cependant aussi en développer un, même s’il est rare (1 % de tous les cancers du sein). Une masse ressentie, une rougeur, une anomalie de la texture de la peau sont les symptômes le plus souvent décrits et qui doivent alerter.

« La vaccination contre le HPV, c’est pour protéger les femmes. »

VRAI MAIS INSUFFISANT Les infections au HPV sont responsables de plus de 6 400 nouveaux cas de cancers tous les ans, dont près de la moitié sont des cancers du col de l’utérus. Mais ce ne sont pas les seuls cancers concernés : elles sont, en effet, impliquées dans les cancers de l’anus, de la gorge, du vagin, de la vulve et de la verge, ainsi que dans l’apparition de condylomes ano-génitaux et de lésions précancéreuses. Pour un homme, se faire vacciner contre le HPV, c’est se protéger mais aussi protéger sa ou son partenaire.

« Passé un certain âge, on n’est plus concerné par les cancers du testicule. »

FAUX Même si les cancers du testicule touchent une population principalement jeune (autour de 30-35 ans), les hommes
plus âgés peuvent également être affectés. Les taux de guérison – très bons – restent identiques quel que soit l’âge.

Références

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Romain Matthieu, urologue, CHU de Rennes.

Sources :

(1) Panorama des cancers en France – Édition 2025, INCa ; Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018, Santé Publique – Institut national du cancer

(2) L’INRS, qui est l’entité qui recense les maladies professionnelles, indique dans le tableau 61 du régime agricole que le cancer de la prostate peut être provoqué par l’usage de pesticides.

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